Frédéric Mitterrand a estimé ce jeudi matin sur France Inter qu'il fallait attendre six mois pour constater les premières retombées économiques de la riposte graduée mise en place par l'Hadopi. Rendez-vous est pris fin juin.

Invité ce matin sur France Inter, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand est revenu sur la loi Hadopi et ses effets. Nos confrères d’Actualitté rapportent l’essence de son intervention :

Les créateurs sont-ils davantage protégés ?  » Certainement « , attendu que le discours pédagogique qui est à l’origine de la démarche commence à porter ses fruits. Alors qu’il était encore impossible à faire passer voilà deux ans, le ministre estime que le discours est entré dans les moeurs.

Cela dit,  » il faut six mois encore  » pour qu’en plus la rémunération des créateurs soit assurée.  » Hadopi n’a pas obtenu toute sa puissance de croisière « , considère le ministre.

Ainsi Frédéric Mitterrand semble donner 6 mois à la Haute Autorité pour livrer ses premiers effets sur le marché du disque et du cinéma, ce qui est beaucoup plus court que le délai que se donne l’Hadopi elle-même. En évoquant la semaine dernière son objectif de 10 000 mails par jour courant 2011, la présidente de la Commission de protection des droits de l’Hadopi avait demandé d’attendre 18 mois pour juger de l’efficacité de son action.

Le ministre de la Culture était légèrement plus optimiste en novembre, lorsqu’il assurait que l’on « s’aperçoit qu’il y a eu une baisse dans la pratique du piratage« . Mais il se montrait déjà hésitant sur l’avenir, reconnaissant qu’il y a « tellement de controverses et de passion autour de ce projet que ce projet a encore beaucoup d’adversaires« , qu’il serait difficile de convaincre. Depuis, les chiffres de l’industrie musicale ont montré que l’entrée en vigueur de la loi Hadopi n’a pas eu l’effet psychologique souhaité, et que le marché du disque continue à chuter.

Frédéric Mitterrand a également reconnu que la Carte Musique Jeune était un échec, qu’il attribue cependant à l’ergonomie du dispositif. « Frédéric Mitterrand estime que pour le moment, il est trop compliqué d’acheter une carte. Mais ses équipes y travaillent« , rapporte Actualitté. Le problème ne viendrait donc pas du fond, mais de la forme. Comme si les jeunes n’avaient pas prévenu qu’ils ne voulaient pas de cette carte, bien avant que son lancement ne révèle la complexité (relative) du dispositif.

Cette idée est largement répandue dans l’industrie musicale. Cette semaine encore, les labels indépendants représentés par l’UPFI reconnaissaient que la Carte n’avait « pas rencontré, à ce jour, de succès véritable auprès des 12-25 ans« . Mais elle se disait « confiante dans la capacité de ce mécanisme incitatif à toucher sa cible sous réserve d’une amélioration notable du  » parcours client  » suivi d’une vaste campagne de communication« .

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