59 % des Français utiliseraient Internet pour se renseigner sur une question de santé, et un quart ne vérifieraient pas la fiabilité des informations communiquées. Mais combien se soignaient déjà eux-mêmes, ou en écoutant les conseils de proches à l'expertise médicale douteuse ?

Selon une enquête d'Ipsos MORI relayée par TF1.fr, 59 % des Français recherchent des conseils de santé sur Internet, dont 41 % pour réaliser un auto-diagnostic. "Une enquête à faire bondir les professionnels de santé", estime l'article. Pas sûr, si l'on songe qu'il sera bientôt possible de consulter son médecin par Internet, et même de commander ses médicaments sur les pharmacies en ligne. Un tel sondage tend à démontrer que les internautes y sont prêts.

Mais surtout, il n'y a rien d'étonnant à ce que les Français se renseignent pour se soigner sur Internet. C'est tout simplement l'adaptation moderne de la bonne vieille auto-médication, jusqu'à présent réalisée d'après les seules intuitions du malade, ou celles de ses proches. Avec Internet, il est au moins possible de vérifier ces intuitions, en consultant des pages d'information détaillées sur des sites spécialisés, ou de les confronter à l'avis d'internautes à l'expertise variable.

Il n'y a rien qui permette de penser que cette auto-médication là cause plus de ravages de santé que l'auto-médication traditionnelle. Quelqu'un qui n'a pas envie ou pas possibilité d'aller voir un médecin ne se sera pas moins bien soigné parce qu'il se sera renseigné sur Internet, plutôt qu'en écoutant les conseils de son collègue de bureau. Il n'est même pas totalement absurde de croire l'inverse.

Tout est ensuite question de sagesse personnelle. Un conseil trouvé sur Internet n'est pas parole de médecin diplômé, et il faut l'écouter avec intérêt mais prudence, en ne faisant rien qui puisse paraître dangereux. Il faut, toujours, s'interdire d'ingérer sans ordonnance des médicaments qui en nécessitent, ou d'abuser de ceux qui sont en vente libre. Mais le fait qu'Internet facilite l'auto-diagnostic et l'accès à des conseils de santé plus pertinents, devrait être considéré comme un progrès.

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