Le créateur du nom de domaine Karachigate.fr, qui l'avait fait pointer vers le site de la Présidence de la République, a dû faire marche arrière. L'Elysée s'est plaint auprès du registrar d'un "renvoi abusif".

Un internaute anonyme qui possède le nom de domaine Karachigate.fr renvoyait aujourd’hui ses visiteurs vers le site officiel de la Présidence de la République, Elysee.fr. Mais les services du chef de l’Etat ont exigé de son registrar Gandi qu’il cesse immédiatement. Aussi, alors que rien juridiquement ne permet a priori au propriétaire d’un site Internet d’interdire la redirection d’un nom de domaine vers son site, le plaisantin s’est exécuté. Ce qu’on peut facilement comprendre. Il redirige maintenant ses visiteurs vers un blog où il raconte ses motivations, tout en dérision.

« Jeudi 18 novembre j’ai acheté karachigate.fr, sans idée particulière. Et au moment de choisir entre achat rapide ou configuration, je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête, mais j’ai cliqué à droite plutôt qu’à gauche. Emporté par mon élan, j’ai fais rediriger le domaine vers elysee.fr, parce que je trouvais vraiment important que chacun sache que notre Président n’était pour rien dans cette affaire. Et au lieu de faire dépenser bêtement des sous par le SIG ou l’UMP en achat de mots clefs sur Google pour que la bonne parole des communiqués officiels arrivent rapidement aux cerveaux malades de ceux qui croient ce que disent Médiapart, Rue89, et autre organes de presse, autant directement acheter le domaine et le faire pointer vers la voix de son maître« , écrit ainsi le blogueur.

En lieu et place de motifs juridiques, l’Elysée s’est contentée d’écrire à Gandi que « ce renvoi est abusif et nous condamnons fermement cette pratique« . Menaçante, la missive ajoute que « la Présidence de la République se réserve de donner toutes les suites requises à cet abus dans le cadre du respect de ses droits« , sans préciser lesquels.

Bien sûr, dans une certaine tradition des sites Internet de l’Etat, les conditions d’utilisation du site Elysée.fr restreignent la création de liens vers le site de la Présidence, et interdisent notamment les liens provenant de « sites internet diffusant des informations à caractère polémique« . Une précision abracadabrantesque qui aura cependant bien du mal à être soutenue devant un tribunal.

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