Première plate-forme vidéo sur Internet, YouTube offre une visibilité médiatique à beaucoup d'internautes. Certains s'en servent également comme relai idéologique. Après l'agression d'un parlementaire en mai dernier, le Royaume-Uni pousse YouTube à supprimer toutes les vidéos tenant des discours extrêmes.

Être la première plate-forme vidéo sur Internet n’a pas que des avantages. YouTube, qui a atteint cette année les deux milliards de vidéos vues par jour, est devenu depuis quelques années un relai médiatique incontournable pour véhiculer toutes sortes d’idées et toucher un maximum de personnes. Au risque parfois d’influencer des individus à travers des positions controversées, voire extrémistes.

C’est ce qu’il s’est vraisemblablement produit avec une jeune étudiante britannique, Roshonora Choudhry. En mai dernier, la jeune femme tentait d’assassiner le parlementaire Stephen Timms en le poignardant à deux reprises. Arrêtée par les forces de l’ordre, elle avait alors expliqué vouloir venger le peuple irakien de la participation britannique à l’invasion de l’Irak en 2003.

À l’origine de cette agression, les sermons d’un islamiste très actif sur YouTube. D’après la BBC, Roshonora Choudhry a expliqué avoir été très inspirée par les discours enflammés d’Anwar al-Awlaki. Plus de 5 000 vidéos présentant les opinions d’Anwar al-Awlaki étaient disponibles sur YouTube. Selon un porte-parole de la plate-forme vidéo, des règles très strictes encadrent déjà l’utilisation du site.

YouTube a indiqué à la BBC qu’une attention toute particulière était apportée aux organisations terroristes. « Nous retirons également toutes les vidéos et fermons tous les comptes enregistrées par des organisations considérées comme terroristes par le département d’Etat des États-Unis » a-t-il expliqué.

« Nous avons supprimé un nombre important de vidéos en vertu de ces règles. Nous sommes maintenant à la recherche de nouvelles vidéos qui ont été signalées et nous supprimerons toutes celles qui brisent nos règles » a-t-il ajouté. Cela concerne en particulier les vidéos incitant à la haine raciale ou à la violence ou à n’importe quel contenu dangereux ou illicite. Comme la fabrication artisanale d’une bombe.

Selon le Telegraph, les ministres britanniques sont mécontents de l’absence de régulation aux Etats-Unis vis-à-vis des sites hébergeant des contenus extrémistes, en particulier YouTube. Pauline Neville-Jones, la ministre en charge de la sécurité au Royaume-Uni, a appelé l’administration Obama à « supprimer les contenus haineux » dans les cas où les serveurs sont basés aux Etats-Unis Selon elle, de pareils contenus ne seraient « absolument pas autorisés au Royaume-Uni« .

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