Alors que la Hadopi pourrait connaitre dès ce soir un coup d'arrêt par le Conseil d'Etat, le SNEP a publié ce matin ses chiffres sur le marché de la musique enregistrée. Si la musique physique enregistrée continue de reculer d'année en année, la musique numérique enregistrée prend de l'importance. En nette progression, elle représente quasiment un cinquième du marché de la musique enregistrée. Grâce à l'effet Hadopi ?

Voilà qui devrait redonner un peu de baume au coeur aux partisans de la loi Hadopi. Alors que l’action de la Haute Autorité pourrait être suspendue dès ce soir par le Conseil d’Etat, le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) a tenu ce matin une conférence de presse sur le marché de la musique enregistrée pour le 1er semestre (.pdf) de l’année 2010.

Sans grande surprise, les ventes physiques de musique continuent de reculer d’année en année. Pour le premier semestre 2010, le secteur des albums a enregistré des ventes d’une valeur de 169,8 millions d’euros. C’est une baisse de 2 % par rapport à la même période, un an auparavant (173,3 millions d’euros). Même constat du côté des singles. Les ventes physiques se sont repliées de 3,8 % entre 2009 et 2010, passant de 2,6 millions d’euros à 2,5 millions d’euros

En revanche, le marché de la musique numérisée se porte bien mieux. Du côté des albums, la progression est de 47,2 %. L’an dernier, les ventes en téléchargement représentaient une valeur totale de 7,2 millions d’euros ; cette année, le secteur pèse 10,6 millions d’euros. Même chose pour les titres vendus à l’unité : la hausse est de 33 %, de 10 millions d’euros à 13,3 millions.

De façon générale, le marché numérique a progressé de 12 % entre 2009 et 2010, pour représenter un total de 18 % du marché de la musique enregistrée. Mécaniquement, le marché physique de la musique enregistrée représente 82 % du total, et connait malgré tout une hausse relative de 2,5 %.

Au total, le marché de la musique enregistrée a progressé de 4,1 % entre 2009 et 2010, passant d’une valeur de 229,9 millions d’euros et 239 millions d’euros. Cela comprend les domaines de la vidéomusique (+42,4 %), des revenus abonnements et streaming (+16,2 %), des sonneries téléphoniques (-9,1 %) et d’autres contenus (-35,9 %).

Difficile de savoir si ces chiffres ont profité d’un quelconque effet Hadopi, incitant les internautes à se tourner vers les plates-formes légales plutôt que sur les forums de warez ou sur les réseaux peer-to-peer. Cependant, la publication de ces résultats survient à l’heure où la loi Hadopi – sauf accident – doit démarrer son action dans les prochains jours.

Le directeur général du SNEP, David El Sayegh, avait placé beaucoup d’espoir dans la loi Hadopi. En juin dernier, il avait estimé que « l’effet psychologique initial d’Hadopi ne va pas durer si les internautes qui téléchargeaient retrouvent un sentiment d’impunité« . Un espoir renouvelé à l’occasion de la publication du bilan 2009 du SNEP.

« L’année 2009 est une année importante pour les producteurs phonographiques et le SNEP puisqu’elle a donné lieu à des changements significatifs. Sur un plan législatif, l’année écoulée a permis, après de multiples rebondissements, le vote de la loi « Création & Internet ». Il s’agit là d’une étape décisive pour la protection de l’industrie phonographique qui a, d’une certaine manière, été le cobaye de la révolution numérique » avait-il expliqué.

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