La conférence organisée le 19 janvier par l'Institut International du Multimédia du Pôle Universitaire Léonard de Vinci était très bien. Ce n'était pas un débat avec le traditionnel " pour et contre " mais une réflexion autour de la notion de " piraterie ". Florent Latrive a été excellent comme à son habitude... Un autre intervenant a développé des idées pleines de sens... et son nom n'était pas dans le programme ! (si vous le connaissez...) Il a notamment précisé qu'internet est né de la rencontre de trois industries avec chacune un modèle économique : l'informatique (licence), les médias (tiers) et les telecoms (à l'acte). Que chacune d'entre elle a sa propre culture et qu'aucun mélange n'a jamais été possible entre les trois (cf. AOL-Time Warner, ou Vivendi). Et qu'on assiste encore une fois à leurs affrontements pour le marché de la musique en ligne... on peut méditer autour de la question de la culture des industries !
En revanche, la vraie découverte de ce soir c'est autre chose...
Vous souvenez-vous de ça?
" la musique gratuite a un prix "
Et bien maintenant il y a ça:
" la musique n'a pas de prix "
Après des mois de débats sur le pour et le contre du gratuit, les enjeux des DRM, le lancement des Creative Commons, après des pages et des pages de rapports émis par les uns et les autres, voici l'action ! Une jeune association vient de créer une initiative unique en France :
Ce site propose le téléchargement légal et intégral des oeuvres des artistes du label associatif. Ces derniers mettront en vente leur album autoproduit ou proposeront aux internautes, qui apprécient leur travail, de les soutenir financièrement. L'intégralité des sommes versées sera perçue par l'artiste. Le but est clairement de faire passer l'amateur de musique du rôle de consommateur à celui de mécène.
Ce modèle s'inspire directement de Magnatune aux Etats-Unis (http://magnatune.com/). Ce label propose aux internautes de payer les titres téléchargés uniquement s'ils les ont appréciés. Chaque mois, il engrange des recettes de 20000 dollars. L'artiste reste donc indépendant, totalement libre de ses choix artistiques et touche l'intégralité des sommes résultants de son travail.
Vous pouvez d'ors et déjà écouter l'album de Boulbar !
Au moment où j'écrit cette note, j'écoute sa voix... très agréable... surtout la 3, la 7 et la 12 ; mais à chacun ses goûts, et je vous encourage à vous faire votre propre opinion.
Le site se positionne clairement contre les procédures judiciaires lancées par les majors et toute une partie de l'industrie du disque. " Pour cela, nous espérons créer autour de notre projet et de notre site une communauté active et engagée. "
Rappelons que lors du débat au Triptyque le 13/09/04 (auquel Ratiatum était invité, ndlrc), on apprenait que seul 10% des artistes réussissent à vivre de leur musique... Mais finalement, combien faut-il à un artiste pour vivre et pour qu'il continue à s'exprimer ?
Sylvie Krstulovic Consultante, titulaire d'un Mastère de Marketing à l'ESSEC, elle est "une femme passionnée par les stratégies marketing dans le secteur des contenus digitaux". Retrouvez le blog de S.K. sur http://mymusic.typepad.com/
(Note de la rédaction : Si vous souhaitez publier vos propres réflexions dans les colonnes de Ratiatum, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : )