Les Bbox de Bouygues Telecom ne permettent plus l'accès au site Stanjames.com, dont le blocage a été ordonné par le tribunal de grande instance de pari à la demande de l'ARJEL. Mais la mesure n'est efficace qu'à l'égard de ceux qui ne savent pas qu'elle peut être très simplement contournée.

Bouygues Telecom est le premier fournisseur d’accès à Internet à obéir à l’ordonnance de référé du 6 août dernier. A la demande de l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (ARJEL), le tribunal de grande instance de Paris a ordonné aux opérateurs de « mettre en œuvre (…) toutes mesures propres à empêcher l’accès » au site de pari en ligne Stanjames.com. Le site n’a pas été homologué par l’Autorité, qui se doit de protéger le marché des opérateurs légaux qui acceptent de payer des taxes en France et de respecter certaines règles.

Cependant, comme le note ce matin PCInpact, le filtrage n’est efficace qu’au seul niveau du nom de domaine. Lorsque l’internaute cherche à accéder à l’URL www.stanjames.com en passant par les services de résolution (DNS), une page d’erreur 404 lui fait croire que le site ne fonctionne pas ou qu’il s’est trompé d’adresse. Mais si l’utilisateur passe par un autre serveur DNS que celui de l’opérateur, par exemple s’il utilise OpenDNS ou les DNS de Google, l’accès est alors libre.

Peut-être pour éviter d’engager sa responsabilité en cas de blocage de sites légitimes partageant le même serveur ou héritant de l’adresse IP de Stanjames, Bouygues Telecom n’a pas bloqué les communications avec l’adresse IP du serveur sur lequel est hébergé le site à bloquer. Celui qui souhaite contourner la mesure de filtrage peut donc le faire très simplement.

Reste qu’à l’égard de l’utilisateur lambda, le filtrage par URL devrait être suffisamment efficace. Il empêche notamment les accès via les résultats de recherche de Google, ou par les publicités. Surtout, le fait que le blocage n’affiche aucun message expliquant la mesure ne donne à l’abonné aucun moyen de savoir que le site est bloqué, et qu’il pourrait donc contourner la mesure.

Bouygues Telecom n’a en tout cas pas choisi d’attendre les deux mois de délai permis par l’ordonnance, ni d’attendre un éventuel appel qui suspendrait l’exécution de l’ordonnance.

Le groupe Bouygues est lui-même éditeur d’un site de pari en ligne homologué par l’ARJEL, Eurosportbet.fr.

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