Alors que les industries culturelles bataillent chaque jour contre le piratage d’œuvres sur les réseaux d’échange, quelques artistes ont su s’appuyer intelligemment sur cette la technologie du P2P pour se faire connaitre. De nombreux exemples existent à ce sujet, comme avec Ink, un film réalisé par Jamin Winans, ou encore avec le groupe de musique Barcelona, grâce à l’utilisation illicite d’un de leurs morceaux de musique dans une vidéo virale publiée sur YouTube. À chaque fois, la notoriété de ces artistes ont explosé, avec parfois des retombées économiques inattendues :

« Nous sommes sommes vraiment flattés d’apprendre que la vidéo comporte l’une de nos musiques appelées Please don’t Go » avait déclaré le leader et chanteur de Barcelona, Brian Fennell. « Nous voulons vous dire qu’il y a effectivement une corrélation avec les ventes de notre album « Absolutes » sur l’iTunes Store depuis la semaine dernière, qui ont augmenté suite à l’utilisation de la musique placée dans la vidéo » avait complété le batteur Rhett Stonelake. Selon le groupe, ce succès inattendu grâce au piratage a même eu une influence sur l’affluence dans certains concerts.

Or si le piratage est un pari économique certain, certains ayants droit font un autre pari bien plus risqué pour se faire connaitre : ils versent dans l’accusation gratuite pour espérer attirer l’attention des médias. C’est ce stupide plan de communication qu’ont suivi les promoteurs du film « Winnie & Karina », film danois qui a été un échec commercial au cinéma. Dans une tentative désespérée de générer du buzz, ils sont allés jusqu’à monter toute une histoire pour accuser le Piratgruppen, le parti pirate danois, d’avoir envahi le studio et d’avoir volé la copie du film, menaçant de la mettre en ligne.

« Pour le moment, il n’y a eu aucune demande de rançon, mais Regner Grasten Film est prêt à tout mettre en œuvre pour empêcher la diffusion gratuite de son film sur Internet » est-il écrit dans le communiqué de presse. Manque de chance, ces faux communiqués de presse n’ont pas attiré l’attention des médias.

Certes, le piratage est sans doute l’un des meilleurs vecteurs d’exposition pour une œuvre culturelle. Il faut dire que cette technologie a deux grands avantages : elle permet de toucher à la fois d’une vaste audience et d’être un outil marketing alternatif gratuit. Mais encore faut-il que l’œuvre en question soit de qualité. Or dans cette affaire, « Winnie & Karina » a fait un flop au Danemark. Qu’il soit piraté ou non, un film médiocre reste… médiocre.

En revanche, si vouloir faire la promotion de son œuvre est tout à fait louable, encore faut-il que cela se fasse convenablement. Or, Regner Grasten Film n’a pas hésité à mentir en accusant le Parti pirate danois d’avoir eu un comportement criminel. C’est un pari risqué pour le studio, d’autant que le mouvement politique est particulièrement actif dans le pays. Le retour de bâton risque d’être sévère pour le studio, à la fois médiatiquement et judiciairement.

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