Hugo Chavez ne semble guère apprécier la diffusion de fausses informations. Mais pour résoudre ce problème, le président vénézuélien se trompe manifestement d'antidote : ce n'est pas en appelant à un filtrage généralisé des réseaux et à l'émergence d'une multitude d'Internet régionaux ou nationaux que les fausses informations disparaitront pour autant. À moins de censurer directement certains sites web...

Après le vote d’une loi début mars interdisant la vente des jeux vidéo violents au Venezuela, Hugo Chavez semble désormais bien déterminé à s’attaquer au dossier Internet. Dans des propos rapportés par Reuters et l’Associated Press, le président vénézuélien a appelé ce week-end à la mise en place d’une réglementation d’Internet tout en exigeant des autorités qu’elles pourchassent les sites diffusant, selon lui, de fausses informations.

« Internet ne peut pas être quelque chose d’ouvert où tout est dit et fait. Non, chaque pays doit appliquer ses propres règles et normes » a-t-il ainsi déclaré lors d’un discours télévisé. Citant Noticiero Digital – un site local d’actualité -, Hugo Chavez a appelé à punir la diffusion de fausses informations. En effet, Noticiero Digital avait relayé par erreur la mort d’un des ministres du gouvernement, information qui s’est révélée par la suite être fausse mais qui est restée en ligne pendant deux jours.

« Nous devons agir. Nous allons demander au procureur général de l’aide, parce c’est un crime. Je dispose d’informations affirmant que ce site publie régulièrement des histoires appelant à un coup d’Etat. Cela ne peut pas être permis« .

Sauf qu’il y a un décalage évident entre le problème initial et la solution proposée pour le résoudre. C’est une chose que de vouloir punir les individus appelant à renverser un gouvernement. Cela en est une autre lorsqu’il s’agit de saisir cette affaire comme prétexte pour appeler au filtrage pur et simple du réseau des réseaux. Internet n’est finalement qu’un vaste réseau informatique. Ce n’est pas à ce niveau que la législation doit agir, mais directement au niveau des utilisateurs finaux d’Internet.

En France, cette question du filtrage au niveau du réseau s’est également posée, mais pour un autre dossier : la pédo-pornographie. S’il est légitime que le gouvernement cherche à lutter contre ce phénomène, encore faut-il que les instruments utilisés soient les bons. Or, en instaurant un filtrage au niveau des fournisseurs d’accès à Internet, le risque de dérives est très important.

Comme nous l’écrivions en début d’année, la meilleure façon de lutter contre ce problème est de le traiter à la source, c’est-à-dire en retirant les fichiers incriminés sur les serveurs ou en arrêtant les individus qui diffusent ou produisent ces contenus. Il est illusoire de croire que ce fléau s’arrêtera à nos frontières parce que la LOPPSI aura instauré un filtrage généralisé. Ce phénomène s’adaptera aux filtres en utilisant de nouveaux vecteurs de diffusion, rendant le travail de la police et de la justice encore bien plus difficile.

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