Contre le Parlement Européen qui exige toute la transparence sur le traité et souhaite limiter ses effets, Barack Obama a défendu avec fermeté l'ACTA qu'il estime essentiel pour les entreprises américaines.

Jusque là très discret sur l’Accord de Commerce Anti-Contrefaçon (ACTA), le président américain Barack Obama a profité d’un discours donné devant la Banque d’Import-Export des Etats-Unis pour soutenir l’ACTA, mis à mal par la forte mobilisation du Parlement Européen. Il s’est montré déterminé à défendre le traité, qu’il estime vital pour la croissance de l’économie américaine :

Nous allons protéger vigoureusement notre propriété intellectuelle. Notre plus grand atout est l’innovation et l’ingéniosité et la créativité du peuple américain. Elle est essentielle à notre prospérité et elle ne le sera que plus encore au cours de ce siècle. Mais elle n’est un avantage concurrentiel que si nos entreprises savent que quelqu’un d’autre ne peut pas voler simplement cette idée, pour la dupliquer avec une main d’œuvre et des conditions moins chères.

Il n’y a rien de mal à ce que d’autres personnes utilisent nos technologies, nous nous en réjouissons – nous voulons juste nous assurer que ça ait été autorisé, et que les entreprises américaines soient payées de manière appropriée. C’est pourquoi l’USTR (le représentant américain au commerce, ndlr) utilise tout l’arsenal des outils disponibles pour lutter contre les pratiques qui nuisent à nos activités de manière flagrante, et cela comprend le fait de négocier des protections appropriées et faire respecter nos accords existants, et d’avancer sur de nouveaux accords, y compris l’Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) qui est proposé.

Il n’est donc pas question pour le président américain d’assouplir les règles de propriété intellectuelle, même si l’une de ses industries les plus réputées démontre au contraire que la contrefaçon peut être un moteur d’innovation bénéfique pour les Etats-Unis.

De tels propos ne peuvent pas surpendre. Joe Biden, le vice-président de Barack Obama, s’était déjà montré très proche des lobbys culturels avant la campagne, et le président des Etats-Unis lui-même a choisi des lobbyistes du droit d’auteur parmi ses plus proches conseillers.

Cette semaine, l’agent de stars Ari Emanuel a fait savoir que les représentants d’Hollywood étaient proches de convaincre Barack Obama de mettre en place une riposte graduée aux Etats-Unis, contre la volonté des fournisseurs d’accès à Internet. Des propos que l’on ne peut pas prendre à la légère en sachant qu’Ari Emanuel n’est autre que le frère de Rahm Emanuel, le secrétaire général de la Maison Blanche.

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