Soldes d'hiver : Grâce à son observatoire des prix, Numerama détecte les bonnes affaires !

Hadopi : vous avez dit des preuves, quelles preuves ?

Guillaume Champeau - publié le Lundi 08 Mars 2010 à 17h56 - posté dans Société 2.0

Le décret qui organise au sein de la Hadopi le lien entre les relevés d'adresses IP effectués par les ayants droit et les fichiers d'abonnés à Internet des FAI permet d'en savoir plus sur les preuves transmises à la Haute Autorité. Ou plutôt sur l'absence de preuves.

Le décret publié dimanche sur la création du fichier Hadopi permet a priori d'en savoir plus sur l'étendue des preuves qui seront collectées pour établir la responsabilité de l'abonné à Internet qui n'aurait pas pris toutes les mesures adéquates pour empêcher le téléchargement ou l'upload de fichiers piratés depuis son accès à Internet. Il établit en effet la liste des "données à caractère personnel et informations provenant des organismes de défense professionnelle régulièrement constitués, des sociétés de perception et de répartition des droits, (et) du Centre national du cinéma et de l'image animée". En clair, toutes les informations recueillies par les chasseurs de pirates au nom des ayants droit, et transmises à l'Hadopi pour sanction :

  • Date et heure des faits ;
  • Adresse IP des abonnés concernés ;
  • Protocole pair à pair utilisé ;
  • Pseudonyme utilisé par l'abonné ;
  • Informations relatives aux oeuvres ou objets protégés concernés par les faits ;
  • Nom du fichier tel que présent sur le poste de l'abonné (le cas échéant) ;
  • Fournisseur d'accès à internet auprès duquel l'accès a été souscrit.

Nous avons donc confirmation que l'Hadopi ne s'attachera qu'aux seuls logiciels de P2P, ce qui n'est pas une surprise au regard de la technologie. Seul le P2P permet en effet de collecter les adresses IP des utilisateurs. Mais quelle certitude l'Hadopi aura-t-elle qu'un fichier piraté a bien été téléchargé ou uploadé depuis l'adresse IP d'un abonné ?

Dans le décret, il est simplement prévu de transmettre à l'Hadopi l'adresse IP de l'abonné, le nom du réseau P2P utilisé (eDonkey/eMule, BitTorrent, Gnutella...), le pseudonyme utilisé (qui n'existe pas pour BitTorrent, au passage...), et le nom du fichier tel que présent le cas échéant sur le poste de l'abonné. L'ensemble est censé constituer un relevé de preuves suffisant pour enclencher l'avertissement voire la sanction. Les "informations relatives aux oeuvres et objets protégés concernés par les faits" visent la description juridique de l'oeuvre piratée, avec son nom, sa nature (vidéo, musique...) et ses ayants droit.

Visiblement, il n'est pas prévu à ce stade de transmettre à l'Hadopi une preuve matérielle de l'infraction. Le nom du fichier est censé faire foi, alors qu'un même nom de fichier peut abriter des contenus très différents. On peut très bien appeler "Avatar.avi" une vidéo produite chez soi. Par ailleurs le décret vise le nom du fichier "tel que présent sur le poste de l'abonné", alors qu'il peut être présent sur n'importe quel ordinateur qui utilise la même connexion à Internet, et donc la même adresse IP.

De plus, le risque d'injection d'adresses IP innocentes dans les réseaux P2P est réel. Pour démontrer qu'il y a bien possibilité d'upload d'une oeuvre piratée à partir d'une adresse IP collectée, il faudrait initier un téléchargement du fichier à partir de l'adresse IP suspectée, ce qui selon un expert de la gendarmerie que nous avions interrogé constituerait un coût "colossal".

Dans le cahier des charges de l'Hadopi que Numerama avait révélé l'an dernier, il était prévu une phase de "notarisation et d'échantillonnage" clairement associée au "fichier des saisines". La notarisation devait permettre d'enregistrer les "éléments essentiels de la transaction", c'est-à-dire tous les éléments probants de l'infraction. En principe, donc, y compris un morceau du fichier uploadé. Mais nous avions révélé par la suite qu'il n'était pas prévu au départ de conserver un bout du fichier téléchargé pour vérifier qu'il s'agit bien de l'oeuvre soit-disant contrefaite. "S'il s'avère que les nécessités de la procédure de recours rendaient obligatoire avec l'envoi de la saisine le transfert de "chunk" des fichiers téléchargés, il en serait fait mention dans le cahier des charges de réalisation du système cible", avait simplement précisé le ministère de la Culture à une entreprise candidate à la réalisation du système d'information de l'Hadopi.

Si l'on en croit le décret, et à moins que ça ne soit précisé ensuite dans la phase d'autorisation de la collecte d'adresses IP par la CNIL, il a donc été décidé de ne pas conserver de preuve de la mise à disposition des fichiers contrefaits. Ce qui devrait rendre particulièrement fragile les dossiers devant les tribunaux, et promet aussi d'accuser à tort nombre d'internautes qui ne pourront se défendre qu'après réception de l'ordonnance pénale.

Publié par Guillaume Champeau, le 8 Mars 2010 à 17h56
 
 
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Commentaires à propos de «Hadopi : vous avez dit des preuves, quelles preuves ?»
 

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j'ai un voisin, je peux pas le blairer... comme la plupart de mes voisins ne peuvent pas le blairer non plus...
Et cet idiot à un réseau wifi protégé avec une clé WEP... ca me donne une idée tiens :D
juicelink, le 08/03/2010 - 18:02
j'ai un voisin, je peux pas le blairer... comme la plupart de mes voisins ne peuvent pas le blairer non plus...
Et cet idiot à un réseau wifi protégé avec une clé WEP... ca me donne une idée tiens :D
anéfé y'a matiere

et afin de montrer que tu es un bon citoyen francais tres à la page et tres au fait du fort potentiel du ouebe 2.0 de l'ami fredo, tu peux en prime rajouter une couche et un coup de pouce via le site delation.gouv.fr pour bien etre sur :)
Anéfé j'utilise plus que MU, RS et HF, ils ont encore le temps de me trouver :D

Mais j'ai des petits doutes, pour mes dramas asiatiques, j'utilise encore les torrents, est ce que je peux me faire prendre par la patrouille.
Putain pour ceux qui n'aiment pas leurs voisins ça être le festival ! :D
sum02, le 08/03/2010 - 18:11
Mais j'ai des petits doutes, pour mes dramas asiatiques, j'utilise encore les torrents, est ce que je peux me faire prendre par la patrouille.
A moins que tes dramas fassent partie de l'échantillon d'oeuvres surveillées, non.

(pas rire xD)
àa me rappelle un article que j'avais lu ici. Avec l'arrivée des objets connectés on risque d'avoir des IPs de machine à laver, d'aspirateurs et autres grilles-pains.
Ou plus vicelard l'adresse IPs de universal (194.149.160.174), Sony Music France (195.214.241.49), etc.
MU RS je comprends pas pourquoi ca marche en fait... Je trouve ca nul comme systeme a part peut etre pour des petit fichiers...
Sinon c'est du racket... C'est hyperlent en gratuit et on peut pas faire de resume..
Bref... bof...
"il a donc été décidé de ne pas conserver de preuve de la mise à disposition des fichiers contrefaits. Ce qui devrait rendre particulièrement fragile les dossiers devant les tribunaux, "

C'est claire le juge au vu des obligations qui lui sont faite en plus de celle ajoutées par la loi sarkodopi 2.0 pour prendre une ordonnance pénale va a mon avis rejeter des tas de dossiers pour preuves non rapportées.
MU RS je comprends pas pourquoi ca marche en fait... Je trouve ca nul comme systeme a part peut etre pour des petit fichiers...
Sinon c'est du racket... C'est hyperlent en gratuit et on peut pas faire de resume..
Bref... bof...

Pour MU je suis pas d'accord, avec ma connexion 10M je dl un film en 10min à 1.5Mo/s avec JDownloader.

Par contre pour RS je suis d'accord débit de merde.
Pour Bittorrent je ne sais pas, par contre pour eMule il est impossible de savoir le nom du fichier sur le poste du partageur.

Sauf si le mec partage sa liste de fichiers, ce qui n'est plus le réglage par défaut depuis au moins 5-6 ans.

(le logiciel sait juste le client demande ce hash/fileID là, donc il associe le nom que l'on a, nous, mais il ne connait pas le nom du fichier chez le client)
zanzibar, le 08/03/2010 - 18:33
MU RS je comprends pas pourquoi ca marche en fait... Je trouve ca nul comme systeme a part peut etre pour des petit fichiers... Sinon c'est du racket... C'est hyperlent en gratuit et on peut pas faire de resume.. Bref... bof...
RS & MU, c'est naze en gratuit. C'est quand tu paies que ça devient monstrueux. Quand tu rapatries à fond, tu n'as quasiment plus de bande passante tellement ça pompe! Mais ta distribution linux de 4,7GB, tu l'as en vingt minutes...
"Le nom du fichier est censé faire foi, alors qu'un même nom de fichier peut abriter des contenus très différents" Donc si j'ai bien compris, il suffirait de renommer son fichier en "tataberthealaplage.avi" ou "monchatfaitlasieste.avi" pour qu'il devienne légal? C'est magique! Je sens qu'on n'a pas fini de rigoler dans les tribunaux...
sum02, le 08/03/2010 - 18:42
MU RS je comprends pas pourquoi ca marche en fait... Je trouve ca nul comme systeme a part peut etre pour des petit fichiers...
Sinon c'est du racket... C'est hyperlent en gratuit et on peut pas faire de resume..
Bref... bof...

Pour MU je suis pas d'accord, avec ma connexion 10M je dl un film en 10min à 1.5Mo/s avec JDownloader.

Par contre pour RS je suis d'accord débit de merde.

N'empêche que tu n'as pas la fiabilité d'un réseau P2P. Sur un tel réseau tant que le fichier reste "intéressant", il sera disponible, sur du MU/RS, le jour où ils se feront attaquer ils devront faire du nettoyage. A court terme c'est passable mais à long terme c'est vraiment pas la solution idéale vu que c'est un retour de plusieurs années en arrière, et ils vont inévitablement refaire les erreurs que d'autres ont fait
Maelick, le 08/03/2010 - 19:03
MU/RS, le jour où ils se feront attaquer ils devront faire du nettoyage. A court terme c'est passable mais à long terme c'est vraiment pas la solution idéale vu que c'est un retour de plusieurs années en arrière, et ils vont inévitablement refaire les erreurs que d'autres ont fait


MU ayant son siège à Hong Kong, ils ne sont, à mon avis, pas prêts de se faire "attaquer" par ceux qui soutiennent Hadopi ...




:france:
n importe quoi !!! Vous croyez vraiment que l hadopi va marcher avec les noms des fichiers !!!!!!!! Et qu il suffirait de changer une lettre pour être tranquille !
Quelle preuve ? Un numéro aléatoire qu'on appelle IP. Même Berlusconi a déclaré que l'on ne peut pas comparer une IP avec une plaque d'immatriculation routière comme le fait la France.
zanzibar, le 08/03/2010 - 18:33
MU RS je comprends pas pourquoi ca marche en fait... Je trouve ca nul comme systeme a part peut etre pour des petit fichiers... Sinon c'est du racket... C'est hyperlent en gratuit et on peut pas faire de resume.. Bref... bof...
Cest pour ça que y a une version payante :D
C'est pas nous qui le disont, c'est marqué dans le decret banane :D

" Nom du fichier tel que présent sur le poste de l'abonné (le cas échéant)"
j'ai foi en l'humain, donc de toute façon les juges devraient dans l'ensemble ne pas soutenir cette loi débile et s'occuper des vrais problèmes, EUX !

Sinon pour répondre à "football club nantes atlantique 2005"... heu, oui, il suffirait de changer le nom du fichier, héhé.
Sont quand même cons ceux qui ont pondu ce décret, on veut des noms :D !!
tropsaoulé, le 08/03/2010 - 20:01
j'ai foi en l'humain, donc de toute façon les juges devraient dans l'ensemble ne pas soutenir cette loi débile et s'occuper des vrais problèmes, EUX ! Sinon pour répondre à "football club nantes atlantique 2005"... heu, oui, il suffirait de changer le nom du fichier, héhé. Sont quand même cons ceux qui ont pondu ce décret, on veut des noms :D !!
t inkietes c est prévu, le juges on les supprimes :)

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