Dans une interview à ABC, Bill Gates a abordé la question de la censure des moteurs de recherche en Chine. Si fondamentalement, c'est toujours un problème, l'homme le plus riche du monde a estimé que les moyens mis en oeuvre par les autorités sont limités et contournables.

Bien qu’ayant cédé sa place à Steve Ballmer en juin 2008, Bill Gates reste néanmoins très concerné par les grandes décisions de Microsoft, dans la mesure où il en est le principal actionnaire. Ainsi, dans un entretien accordé à la chaîne ABC, l’homme le plus riche du monde est revenu sur la récente actualité de Google en Chine, avec la problématique de la censure des moteurs occidentaux en toile de fond.

« Vous devez choisir si vous voulez obéir aux lois dans les pays où vous êtes installés. Cela conditionne votre aptitude à faire des affaires là-bas » a-t-il affirmé. Le nouveau philanthrope des causes humanitaires n’a donc en rien perdu de son pragmatisme. Le piratage de Google est une chose, vouloir changer le monde en menaçant de quitter le pays si rien est fait contre la censure en est une autre.

Le 18 janvier dernier, Steve Ballmer avait déjà donné le ton en refusant de quitter le marché chinois. « Il y a des attaques tous les jours. Je ne pense pas qu’il y ait eu quoi que ce soit d’inhabituel, aussi je ne comprends pas » avait-t-il alors déclaré, feignant de ne pas comprendre la position de Google sur le piratage et la censure. « Nous avons été très clairs : nous fonctionnerons en Chine, nous allons respecter la loi« 

La fameuse grande muraille de Chine numérique entourant le web chinois et censé le « préserver » des contenus néfastes n’est pas non plus un problème pour Bill Gates. « Par chance, les efforts chinois pour censurer Internet sont vraiment très limités. Vous savez, il est très facile de contourner tout ça » a-t-il assuré.

De toute façon, Bill Gates considère que le principe de la censure est à géométrie variable : en Allemagne, la législation locale interdit les déclarations pro-nazis, alors qu’elles seraient protégées par la liberté d’expression aux États-Unis. Une position originale pour défendre les quelques maigres pourcentages de parts de marché qu’a obtenu Bing en Chine, alors que Baidu et Google contrôlent plus de 95 % du secteur.

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