À l'occasion d'un point presse, la SCPP a réagi aux propositions du rapport Zelnik. Si la carte jeune, le crédit d'impôt ou l'expérimentation du filtrage ont les faveurs de la société civile des producteurs phonographiques, l'idée d'une licence collective a reçu en revanche un accueil plutôt froid.

Il faut réhabituer les jeunes à acheter leur musique et je souhaite la mise en place de la carte musique » avait déclaré Nicolas Sarkozy lors des traditionnels voeux au monde de la culture. Le président de la République, qui a salué au passage l’arrivée de la Haute Autorité et de la qualité du rapport Zelnik visant à développer l’offre légale, a d’ailleurs vu les choses en grand, puisque le montant de cette carte jeune est passé de 50 à « 200 euros de potentiel d’achat« . Mais qu’on se rassure, Nicolas Sarkozy a souligné que « l’Etat en prendra la moitié ».

Attendu d’ici l’été 2010, l’idée d’une carte musique jeune fait son chemin du côté des ayants droit. À l’occasion d’un point presse de la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP), le président d’Universal Music France, Pascal Nègre, s’est déclaré favorable à cette carte musique jeune qui devrait soutenir le téléchargement légal sur Internet. Et si le président de la République a évoqué « plein de mesures intéressantes« , comme le renforcement du crédit d’impôt à la production phonographique ou « l’idée de démarrer rapidement le filtrage » pour combattre les téléchargements illégaux, le PDG s’est montré plus circonspect sur d’autres points.

Revenant sur la proposition visant à mettre en place une licence collective d’ici la fin de l’année, Pascal Nègre a déclaré ne pas en comprendre le but. Vraie surprise positive du rapport Zelnik, cette idée doit permettre à tout vendeur de musique en ligne d’accéder aux catalogues dans les mêmes conditions, sans discrimination, en échange d’une rémunération équitable. Ainsi, les lourdes négociations entre services de musique en ligne et maisons de disques ne seraient plus nécessaires. Mais pour cela, les majors devraient prendre leur responsabilité, ou sinon subir la licence obligatoire par la voie législative.

« On met la charrue avant les boeufs : faites décoller l’affaire et on parlera après du partage du gâteau » a tempéré Pascal Nègre, visiblement peu enclin à partager sa part du gâteau. Il aurait été étonnant de voir les ayants droit être favorables à une gestion collective des droits sur le Net. D’ailleurs, il a noté que les catalogues des ayants droit sont déjà largement disponibles sur les plates-formes de téléchargement. « C’est vrai que la marge des distributeurs n’est pas haute mais elle est la même qu’à l’étranger » a-t-il poursuivi.

« Aujourd’hui en France on a trois fois plus de plateformes qu’à l’étranger, le marché numérique décolle » s’est félicité Pascal Nègre, estimant que la carte musique jeune « peut vraiment booster le secteur« . Cependant, les majors ont un an pour se mettre d’accord, avant de devoir se plier aux exigences du législateur. Et pour ce qui est du piratage sur Internet, la Société civile des Producteurs Phonographiques prévoit de « traiter 50 000 mails par jour« , dès que la la CNIL aura donné son feu vert.

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