Le CIO n'est pas vraiment réputé pour être laxiste en matière de droits d'auteur. Le Comité Olympique International a déjà cherché à interdire la diffusion des clichés amateurs pris lors des Jeux olympiques de Pékin. Cette fois-ci, ce sont les musiques "non sollicitées" et donc "non autorisées" qui sont pourchassées par les organisateurs des jeux.

Après avoir voulu interdire les photographies amateurs prises lors des Jeux olympiques d’hiver 2010 à Vancouver, le Comité International Olympique (CIO) s’attaque désormais à la musique. Selon une information tirée du réseau canadien CBC News, l’importance de l’évènement sportif a convaincu le gouvernement d’accorder aux organisateurs des jeux (Vancouver Olympic Organizing Committee (VANOC)) des droits spéciaux supplémentaires qui vont manifestement bien au-delà de ce qui serait pour une entreprise normale. Au point de vouloir retirer tous les droits d’un artiste pour avoir évoqué les Jeux dans une chanson.

On le sait, le CIO est réputé pour avoir une gestion très rigide de ses droits de propriété intellectuelle. Mais ce que le comité accepte bien volontiers de s’attribuer, il n’est cependant pas disposé à l’offrir aux autres, préférant piétiner les droits d’auteur et la liberté d’expression d’autrui. Techdirt a d’ailleurs relevé que quelques musiciens s’étaient plaints d’être bâillonnés contractuellement, interdisant aux musiciens liés à un quelconque évènement concernant les Jeux olympiques d’émettre la moindre critique.

Cette fois, c’est une chanteuse professionnelle et auteur-compositeur, Nicole Scoffield, de subir les foudres du CIO par le biais du VANOC. Cette dernière a en effet écrit une chanson intitulée « Sea to Skyway » en référence à la route reliant Vancouver et Whistler, les deux principaux sites retenus pour cet évènement sportif. Satisfaite du résultat, la chanteuse envoya la chanson au VANOC, mais également à Gordon Campbell, le premier ministre canadien et au maire de la ville, Gregor Robertson.

En retour, elle a reçu un contrat exigeant qu’elle cède l’ensemble de ses droits d’auteur et de faire une croix sur les revenus qu’elle aurait sans doute souhaité tirer de la chanson. Et en plus de ces demandes grotesques, le VANOC a indiqué se réserver le droit exclusif de gérer cette musique à sa guise. Le pire, rapporte CBC News, c’est que le VANOC a envoyé le contrat immédiatement après avoir réceptionné la chanson, c’est-à-dire sans jamais prendre le temps de l’écouter…

Comme le souligne Techdirt, on imagine aisément que le CIO n’a pas le temps matériel d’écouter, lire ou regarder chaque contenu non sollicité. Mais est-ce cependant une raison pour envoyer systématiquement un contrat qui obligerait le créateur de céder tous les droits d’auteur et d’abandonner tous les revenus sur une œuvre ?

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