Désindexation Google: Murdoch, adepte du "faites ce que je dis, pas ce que je fais" ?
Julien L. -
publié le Jeudi 12 Novembre 2009 à 20h21 -
posté dans Société 2.0
![]() Lundi dernier, Rupert Murdoch réitérait ses menaces contre le géant américain Google. L'homme d'affaires reprochait au moteur de recherche de parasiter le web avec son service Google News, en aspirant les contenus d'autres sites web, en particulier les siens. Sauf qu'après recherche, il semble que les médias appartenant au magnat ne sont pas exempts de tout reproche...
"Je pense que nous allons le faire" avait ainsi déclaré tout récemment le principal intéressé au micro de Sky News Australia, lors d'un entretien télévisé. Cette interview, qui abordait en particulier la question du référencement des titres de Rupert Murdoch par Google News, était donc l'occasion idéale pour l'homme d'affaires de critiquer vertement les pratiques du géant du web, accusé de kleptomanie et de faire figure de "parasite" lorsqu'il intègre les titres des articles de ses journaux dans son service d'agrégation. Or, sans doute que cette menace à peine voilée aurait eu un quelconque poids si le magnat des médias s'était abstenu de faire des déclarations à l'emporte-pièce sur Internet, depuis maintenant bientôt deux ans. Ainsi, dès 2007, il acclamait presque le modèle gratuit financé par la publicité : "Internet apprend aux gens chaque jour à s'attendre à ce que tout soit gratuit. Il faut donc que tout cela soit financé par la publicité" déclarait-il alors au Times. Deux ans plus tard, volte-face dans la stratégie du groupe. Rupert Murdoch envisage au début du mois de mai de cette année de faire payer ses contenus sur Internet : "Qu'il est possible de faire payer pour des contenus sur Internet est une évidence, vu l'expérience du Wall Street Journal", lors de la présentation des résultats trimestriels de News Corp. Manifestement, l'homme d'affaires ne parvient pas à trouver une tactique satisfaisante pour dégager de nouveaux revenus à travers Internet, entrainant moult rebondissements et déclarations malvenues. En tout cas, Rupert Murdoch révèle surtout une certaine méconnaissance du fonctionnement d'Internet. Finalement, Google a réagi platoniquement à la nouvelle, indiquant simplement à travers un porte-parole que "si des éditeurs veulent que leur contenu soit retiré du site, tout ce qu'ils ont à faire est de nous le dire". Le message est donc clair : pour le géant du Web, ça sera une perte dommageable, mais le service y survivra, tout comme la firme de Mountain View. En revanche, une telle décision pourrait desservir complètement les intérêts que croient défendre des individus comme Rupert Murdoch : "Google News et la recherche sur le web sont une source de promotion pour les organes de presse, envoyant près de 100 000 clics par minute". D'ailleurs, comme nous l'écrivions lundi dernier, "lorsqu'un groupement d'éditeurs de presse français avait eu la même réflexion que Murdoch à l'encontre de Google News, nous avions nous-mêmes suggéré à ces éditeurs de se déréférencer de Google et de laisser Numerama et les autres sites bénéficier seuls de l'exposition offerte par le moteur de recherche. Bizarrement, notre idée n'a pas été suivie d'effet, même si Google a lui-même dit "chiche" aux éditeurs mécontents". Visiblement amusé par la façon dont Rupert Murdoch considère Google, Mike Masnick de Techdirt s'est intéressé à la façon dont les différents sites de News Corp se comportaient sur la toile. Sans grande surprise, le résultat des sites passés en revue est particulièrement savoureux, donnant une toute nouvelle dimension aux accusations de "vol" et de "parasitage" proférées par l'actionnaire majoritaire de l'entreprise. Le Wall Street Journal, Fox News ou encore RottenTomatoes sont des exemples flagrants de tout ce que semble abhorrer Rupert Murdoch. En ce qui concerne le quotidien américain spécialisé dans l'économie et la finance, un long encadré vertical barre le site en son centre, récupérant manifestement sans permission les gros titres des autres sites d'actualités spécialisés dans la high-tech. Doit-on comprendre alors que le Wall Street Journal "parasite" et "vole" lui aussi les contenus des autres ? Même constat pour Fox News, avec son outil Politics Buzztracker. Celui-ci aspire les liens et les histoires provenant de sources diverses, incluant notamment de grands médias américains comme le New York Times, le Washington Post, MSNBC et compagnie. Rupert Murdoch envisage-t-il d'appliquer les mêmes mesures strictes à son site web qu'il songe à mettre en place contre Google ? Mais la palme revient sans doute à RottenTomatoes, qui est un site d'agrégation de critiques cinématographiques. Comme le note Techdirt, le site entier repose sur le "parasitage" - selon l'expression employée par Rupert Murdoch) - des critiques de films publiées hors du site web. RottenTomatoes ne fait que les rassembler en un seul et même endroit Il est presque certain que d'autres exemples peuvent être dénichés dans les nombreuses autres propriétés de News Corp. Il est tout de même cocasse de voir l'empire de Rupert Murdoch faire exactement ce que lui et les autres exécutifs de l'entreprise sont en train de vouer aux gémonies. N'est-ce pas ces mêmes individus qui considèrent Google News comme une activité illégale qui doit être stoppée sur le champ ? Sans doute faudra-t-il lui demander sa position sur les activités de ses propres sites. Peut-être accepterait-il alors de désindexer l'ensemble de ses sites d'Internet ? à lire aussi
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Commentaires à propos de «Désindexation Google: Murdoch, adepte du "faites ce que je dis, pas ce que je fais" ?»
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toto_le_hero
le 12/11/2009 à 20:56
"Ah Ah " comme dirait Nelson des Simpsons
Il ne le désindexera jamais. Il perdrait trop !!!!
Fait ce que je dis, pas ce que je fais. De plus google a répondu exactement ce qu'il fallait. "En gros, si tu n'es pas avec nous, on te laisse sur le côté. On n'a pas besoin de toi pour vivre." osef, il n'est pas question de désindexation mais de sous, peu importe qui fait quoi tout ce que veut Murdoch c'est que Google paye (et gros si possible), sans même savoir de quoi il parle et surtout sans savoir que Google n'en à rien à carrer.
Si il ne veux plus être indexé il y a le ficher rebot.txt mais faudra pas se plaindre si il y a une perte de trafic.
Il est a la tête d'un empire mais sans cervelle? pfff je serai google, je le désindexerais dans la minute qui suit ses allégations.
et pan dans les dents. avec un message clair à l'attention des autres chieurs (riaa, ifpi, bric et broc et autres éditeurs de journaux en folie) : vous voulez pas de votre contenu sur notre moteur ? ok ! dégagez de mes serveurs et je ferai blocus sur tout ce qui a trait a leur petit commerce, leur coupant d'un coup la visibilité sur la toile. Dégager des revenus stables ? Simple, dans 99% des cas, ceux qui bouffent la quasi-totalité des revenus sont les actionnaires et les patrons qui refusent de baisser les salaires et dividendes.
1 - Leur fermer leur gueule et savoir les matter. 2 - Optimisation réseau informatique libre dans la structure (la plupart des grandes rédactions sont très mal équipées avec des produits mauvais et qui coûtent cher : du mac et des logiciels non libres) 3 - Arrêter d'avoir un président qui dit des conneries comme ce con de murdock 4 - Privilégier les achats des parts d'actions préférentiellement aux travailleurs du journal (comme le fait le canard), afin d'éviter tout conflit d'intérêt, ce qui permettra de faire du VRAI journalisme, et pas la sous-merde ennuyeuse et corrompue que nous servent les feuilles de choux de murdock. Axiome universel => Tout ce qui n'évolue pas est condamné à disparaître. Tu veux pas d'internet, murdock ? Parfait, crève. Pourquoi avoir écrit "platoniquement", dans l'article, ça n'a rien à voir ??
Peut-être était-ce "placidement", ou un machin dans ce genre ? Ce n'est pas à Google de désindexer quelqu'un: Déjà ses censures sous la pression de certains états sont difficilement acceptables, un tel comportement serait une violation MANIFESTE de la neutralité du net ( no troll pour les coups de canifs par ailleurs )... Il ne s'agit pas de demander un comportement que nous trouvons répréhensible par ailleurs.
C'est à Murdock de reconnaître sa gaffe et faire machine arrière, ou de rester droit dans ses bottes, désindexer ses sites et arrêter lui-même d'agréger. C'est ce qu'on appelle un bâton avec les deux bouts merdeux. |
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