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Lily Allen voulait gifler les internautes, elle arrête finalement sa carrière

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 24 Septembre 2009 à 14h56 - posté dans Société 2.0

Lily Allen a abandonné la bataille, et sa carrière. La chanteuse, qui a monté sa carrière en partie grâce à Internet et a décidé de prendre la tête d'un mouvement pro-riposte graduée en Grande-Bretagne, a finalement baissé les bras et décidé de mettre un terme à sa carrière musicale. Un acte qui symbolise à lui-seul la folie de l'opposition qu'entretiennent les gouvernements et les majors entre les artistes et leur public.

Tout cela va désormais beaucoup trop loin. On le savait déjà. Le droit d'auteur était à l'origine conçu pour permettre aux auteurs de se défendre face aux éditeurs. Mais au fil des siècles et des technologies, et plus particulièrement ces dernières années les éditeurs (maisons de disques, studios de cinéma, ...) ont fait du droit d'auteur une arme des auteurs contre le consommateur. Celui-là même qu'à d'autres périodes on appelait encore "le peuple" sans crainte de paraître... populiste. Or l'Histoire enseigne que lorsque le peuple se sent oppressé, il finit toujours par l'emporter. Ca n'est qu'une question d'années, mais il finit toujours par gagner et se libérer. Il en ira de même avec le piratage.

Les éditeurs, au nom soit-disant de la défense des petits auteurs que l'on entend jamais mais qui "eux souffrent du piratage", ont exigé la riposte graduée. Ils viennent de l'obtenir en France et espèrent l'importer en Grande-Bretagne, où les artistes s'opposent entre eux. Dans cette sombre bataille, la chanteuse Lily Allen avait décidé de prendre la tête du mouvement des pro-Hadopi. Contre les artistes de renom réunis au sein de la Featured Alliance Coalition (FAC), Lily Allen avait monté un blog intitulé "It's Not Alright" pour expliquer aux pirates et aux artistes qu'il est intolérable de téléchargement librement la musique des artistes, et pour soutenir la riposte graduée.

Evidemment, lorsque l'on porte ce genre de message, mieux vaut s'assurer d'être blanche comme neige dans le respect du droit d'auteur. Ce qu'elle n'a d'abord pas fait en reproduisant un texte sans autorisation et sans citer la source, puis lorsqu'il a été découvert qu'elle avait elle-même distribué il y a cinq ans des mixtapes pirates sur son site, qui étaient toujours disponibles en téléchargement ce matin.

De plus, Lily Allen s'est pris les foudres de ses propres fans, pas très heureux de la voir soutenir l'idée que ceux qui favorisent la distribution de ses chansons (c'est-à-dire qui font sa publicité par passion pour ce qu'elle crée) devraient voir leur accès à Internet coupé. Son blog a donné lieu à un véritable déluge de critiques, lui rappelant que ça n'était peut-être pas aux internautes de s'adapter au droit d'auteur, mais davantage aux auteurs de réaliser que le droit d'auteur n'était pas adapté aux internautes.

Pire, pour justifier que ses mixtapes furent mises en ligne par elle il y a cinq ans pour se faire connaître, Lily Allen a expliqué qu'elle "n'avait pas connaissance des rouages de l'industrie musicale à l'époque". La pire des explications possible. Elle ne se souciait pas du droit d'auteur jusqu'à ce que ça la fasse vivre, mais les millions d'internautes qui n'en font pas leur métier devraient voir leur accès à internet coupé s'ils ne savent pas qu'une oeuvre ne peut pas être téléchargée librement. Intenable.

Oppressée, sentant bien que sa position ne pouvait plus être défendue, Lily Allen a décidé de fermer son blog. Tous les billets et tous les commentaires en ont été supprimés. "Je suis fière du fait d'avoir été impliquée dans ce débat, mais je passe la main à d'autres artistes", a fait savoir la chanteuse sur Twitter.

Pire, elle a décidé de mettre un terme à sa carrière. "Je ne ferai plus de disques", a annoncé Lily Allen sur son blog avant de le fermer. "Les jours où je gagnais de l'argent avec l'industrie musicale sont derrière moi, donc je ne profiterai pas de la loi (antipiratage)", a-t-elle ajouté.

Triste, quoi que l'on pense de son talent et des oeuvres. Peut-être changera-t-elle d'avis, il faut l'espérer.

Triste, parce que la carrière d'une artiste est rompue non pas de la faute d'Internet ou du piratage, mais bien par la faute des grandes maisons de disques qui par leur obsession malsaine d'un contrôle absolu de la distribution des oeuvres font s'opposer les artistes et leur public dans un combat à mort où l'on sait pourtant déjà, s'il ne devait en rester qu'un, qui serait celui là.

Victor Hugo l'avait très bien dit il y a plus d'un siècle lors de son discours d'ouverture du Congrère littéraire international, en 1878 : "Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient
—le mot n'est pas trop vaste
—au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.
"

Publié par Guillaume Champeau, le 24 Septembre 2009 à 14h56
 
 
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Commentaires à propos de «Lily Allen voulait gifler les internautes, elle arrête finalement sa carrière»
 

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@Guillaume Champeau: il reste encore des mois avant le 1er avril ! :-)

elle a décidé de mettre un terme à sa carrière. "Je ne ferai plus de disques", a annoncé la chanteuse sur son blog avant de le fermer. "Les jours où je gagnais de l'argent avec l'industrie musicale sont derrière moi, donc je profiterai pas de la loi (antipiratage)", a-t-elle ajouté.
Plutôt devant, non ? Si elle arrête sa carrière, elle continuera quand même à toucher des royalties sur les ventes de ses chansons... Donc je ne me fais pas trop de soucis pour elle et son compte en banque !
boof, elle changera d'avis, ou reviendra sous un autre pseudo, montera un groupe, etc... ou elle fera un gosse avec une rockstard ou des photos de nu. Elle aura toujours moyen de faire parler d'elle.

Ce qui est génial c'est que l'industrie du disque l'a portée en héroïne du combat anti-piratage etc mais quand ca commence a sentir le roussi on la jette vite avant que ca se voie trop...belle gratitude ^^
One down !C'est un bon début...
bof elle trouvera bien un boulot ... direction le job center
Nuance, elle n'a pas mis fin à sa carrière, elle a juste dit qu'elle ne ferait plus de disques...
Ou dit elle qu'elle met fin à sa carrière, j'y crois pas une seconde.
cela démontre surtout la degré d'intelligence des parasites d'internautes téléchargeurs affamés du travail des autres.
Moi la riposte graduée je la soutient car elle aura au moins un mérite : celle de réaffirmer que le téléchargement sauvage est interdit !
ou trouvera ici un exemple concret d'appauvrissement culturel...
One down !C'est un bon début...

C'est pas le but. Les artistes se font manipuler par les majors. Les artistes doivent ouvrir les yeux et c'est les majors qui doivent tomber dans l'histoire.
[...] mais bien par la faute des grandes maisons de disques qui par leur obsession malsaine d'un contrôle absolu de la distribution des oeuvres font s'opposer les artistes et leur public dans un combat à mort[...]
Au fur et à mesure des péripéties d'HADOPI, je suis de moins en moins d'accord avec cet argument. Les artistes sont des êtres humains avec un cerveau (certes rongé par les drogues dures dans pas mal de cas), personne ne les empeche de réfléchir par eux-même au lieu d'avaler les couleuvres de leurs "patrons".

Ca n'est pas uniquement la faute du ministère de la culture, ni celle des majors si le public est remonté contre les artistes, mais bien des artistes eux-mêmes qui, au lieu de profiter de l'avertion ambiante envers cette loi pour augmenter leur capital sympathie, ont préféré prendre fait et cause pour l'HADOPI.

Donc bref, tant pis pour elle, et si elle arrête la musique pour cette raison c'est bien qu'elle s'était engagée dans cette voie pour le pognon et les paillettes plutot que par passion.

PS : je sais que certains artistes ont pris position contre HADOPI, ceux là ont mon plus grand respect.
Dommage j'aime bien sa musique :(
PS: j'adore la citation de Victor Hugo
C'est dommage, pour l'avoir rencontré avant que sa carriere soit lancé (d'ailleurs c'était son premier concert en france dans une salle minuscule) je trouvais que c'était une fille vraiment sympa et avec beaucoup de talent...
D'un autre coté je la comprend, c'est vrai que c'est facile pour un gros groupe de se lancer dans l'autoproduction et la distribution "gratuite" comme NIN ou autre, mais pour les petits nouveaux ça semble compliqué... m'enfin quand on voit les wampas...
Les jours où je gagnais de l'argent avec l'industrie musicale

C'est quand même triste de lire ce genre de chose, plutôt que "gagner de l'argent avec la musique" ou "gagner de l'argent grâce à sa passion".

Mais non, c'est bien l'industrialisation d'un art qu'elle cautionne, de part ses paroles et ses positions. Elle n'était qu'un rouage d'une industrie dépassée et elle s'en contentait, visiblement, puisque si on l'en croit elle ne fera plus de disque si elle n'en retire pas de fric.

On mesure bien là la dérive de ce métier.
Ho putain, c'est Cartman cette nana... Je vous emmerde et je rentre à ma maison... Mais Lily, pourquoi arrêter après seulement 2 albums, tu n'avais donc rien d'autre à dire, comme toutes ses chanteuses Kleenex qui parsèment nos charts à longueur d'année ?
Son blog a donné lieu à un véritable déluge de critiques, lui rappelant que ça n'était peut-être pas aux internautes de s'adapter au droit d'auteur, mais davantage aux auteurs de réaliser que le droit d'auteur n'était pas adapté aux internautes.
Au moins en Angleterre ils n'ont pas besoin de la Ligue ODEBI. Pour rappel, les Anglais nous on déjà précédé pour la révolution au XVIIIe siècle, gageons que là encore ils nous montre le bon exemple :)
cela démontre surtout la degré d'intelligence des parasites d'internautes téléchargeurs affamés du travail des autres.
Marrant suffit juste de changer internautes téléchargeurs par Majors et ça marche aussi...
Voilà comment les artistes se voient aujourd'hui, des producteurs d'?uvres, par contre ils n'admettent pas que ça ne peut pas plaire à tout le monde et que ça puisse ne rien leur rapporter même si lui, l'artiste, trouve que c'est très bien ce qu'il fait.

Une entreprise qui vend de mauvais produits ne dure pas longtemps, et il n'y a aucune loi pour obliger les consommateurs qui regarde le produit, l'essaye mais ne veulent pas du produit à l'acheter. L'entreprise doit se débrouiller seule pour conquérir son marcher.

Bien avant l'industrialisation de l'art, je ne pense pas que les artiste se contentait de ne faire que de l'art pour bien gagner leur vie, peut être n'étaient-ils qu'une petite poignée.

Aujourd'hui, j'ai l'impression que beaucoup pense que parce qu'il produisent quelque chose, qu'il vont forcement gagner quelque chose de correcte en retour.

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