Les USA veulent la neutralité du net... sur l'internet "légal" uniquement

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 23 Septembre 2009 à 17h59 - posté dans Télécoms

Le président de la FCC, l'organe de régulation des télécommunications aux Etats-Unis, a affirmé lundi la volonté du gouvernement américain d'imposer aux opérateurs un strict respect des principes d'ouverture et de neutralité du net. Avec toutefois des réserves de poids, puisque la neutralité ne s'impose que pour les contenus et services "légaux".

Le président de la Commission Fédérale des Communications (FCC) Julius Genachowski a prononcé un discours remarqué et attendu à Washington lundi. Nommé par Barack Obama à la tête de l'institution de régulation des télécoms, l'homme était déjà connu comme un défenseur de la neutralité du net, et a confirmé son attachement. Son discours de lundi, prononcé devant l'institution Brookings, n'a donc pas surpris. Très critiqué par l'industrie des télécoms qui lui reproche de mettre à mal l'investissement, son discours a aussi été applaudi chaleureusement par Lawrence Lessig, le fondateur des Creative Commons. "C'était parfait. Je suis ravi", s'est réjoui auprès de DailyFinance celui qui s'est désormais engagé en politique.

Parfait ? Pas si sûr. Dans son discours, Julius Genachowski a d'abord repris les grands piliers de la neutralité du net pour les affirmer haut et fort. Faire respecter la neutralité, "ça veut dire que (les opérateurs) ne pourront pas bloquer ou dégrader du trafic légal sur leurs réseaux, ou désigner des vainqueurs en favorisant certains contenus ou certaines applications par rapport à d'autres sur la connexion des foyers des abonnés", a commencé le patron de la FCC. "Ils ne pourront pas non plus défavoriser un service Internet uniquement parce qu'il concurrence un service similaire offert par le fournisseur d'accès à haut débit. L'internet doit continuer à permettre aux utilisateurs de décider quels contenus et quelles applications ont du succès".

Julius Genachowski a même précisé, plus loin, que ces principes devaient s'appliquer quel que soit le mode d'accès à Internet, c'est-à-dire également sur l'internet mobile, le grand oublié de la neutralité du net.

Jusque là, c'est presque parfait. L'utilisation de l'expression "trafic légal" pouvait cependant laisser entrevoir des réserves, ce qui n'a pas manqué dans la suite du discours. "Le principe n'interdira pas aux fournisseurs haut débit de gérer de manière raisonnable leurs réseaux", a d'abord nuancé Julius Genachowski. "Pendant les périodes de congestion du réseau, par exemple, il peut être approprié pour les fournisseurs d'accès de s'assurer que tous les gros utilisateurs ne créent pas d'embouteillage pour tous les autres. Et ce principe ne contrarie pas les efforts réalisés pour assurer une expérience Internet sûre, sécurisée, et sans spam, ou pour faire respecter la loi. Comme je l'ai dit lors de mon audition devant le Sénat, les principes d'un Internet ouvert s'appliquent uniquement aus contenux, aux services et aux applications légaux. Pas aux activités telles que la distribution illégale de contenus protégés par le droit d'auteur, qui a des conséquences économiques sérieuses. Le respect du droit d'auteur et d'autres lois et les obligations d'ouverture du réseau peuvent et doivent co-exister".

C'est tout le débat qu'auront également ce mois-ci les eurodéputés, lorsqu'ils rouvriront au Parlement Européen le dossier du Paquet Télécom. La neutralité du net doit-elle s'arrêter là où commence l'illégalité, et si oui, qui et comment définit-on l'illégalité d'un contenu ou d'un service ? La neutralité du net passe-t-elle paradoxalement par la surveillance généralisée du réseau, et par une sorte de justice privée qui permettrait à chaque fournisseur d'accès de trancher lui-même la légalité ou non du contenu qu'il véhicule ?

Le cas de BitTorrent, bridé notamment par Comcast, est un cas d'école. En tant que tel, le protocole P2P n'est pas illégal, il permet de distribuer nombre de contenus licites. Le principe de la neutralité impose donc aux FAI de ne pas brider son utilisation au profit de plateformes dites "légales". Mais ils pourraient brider l'échange de fichiers spécifiques, s'ils les jugent illicites. Ce qui suppose l'examen des paquets pour vérifier leur contenu et adapter leur réaction en conséquence.

Publié par Guillaume Champeau, le 23 Septembre 2009 à 17h59
 
 
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Commentaires à propos de «Les USA veulent la neutralité du net... sur l'internet "légal" uniquement»
 

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Après la contrefaçon de la licence globale par les majors, voici la contrefaçon de la neutralité des réseaux par les gouvernements.

Bon ça reste qd même une bonne initiative de la part de l'admin Obama.
Cela dit, regarder si c'est légal ou pas casse déjà la neutralité...
Comme en physique quantique ou la lecture détruit le phénomène observé. Tant que tu ne plonges pas dans le flux, il est neutre légal et illégal en même temps. Mais cet état de neutralité est détruit si tu plonges pour vérifier.

Donc sa déclaration c'est beaucoup de vent, non?
>>>"Cela dit, regarder si c'est légal ou pas casse déjà la neutralité... "

Faut arrêter avec ce concept de neutralité ex nihilo. La neutralité s'entend dans un cadre défini.

Et quoi de moins incontestable qu'un cadre légal ?

Si la majorité de la bande passante est bouffée par l'accumulation des applications illégales (ou des utilisations illégales) qui circulent sur les réseaux, où est la neutralité de ceux qui respectent la loi ?

Il faudrait quand même commencer à imaginer que le Net, ce n'est plus le far-west et que c'est une zone où le droit s'applique.

>>>"La neutralité du net doit-elle s'arrêter là où commence l'illégalité, et si oui, qui et comment définit-on l'illégalité d'un contenu ou d'un service ? "

Tu donnes toi-même la réponse : illégal, celà signifie quelque chose qui ne respecte pas la loi. cela peut être manifeste et dans ce cas nul besoin d'un jugement ou cela peut être décidé par la justice.

Exemple : j'avais signalé il y a quelques mois le contenu d'un post fortement antisémite. L'administrateur de Numerama n'a pas eu besoin d'une décision de justice pour effacer le post. Il l'a fait de lui-même, pratiquant par là une censure.

Des boîtes comme Youtube efface également des contenus manifestement illégaux. Est-ce que cela vous dérange ? Pourquoi est-ce que les FAI seraient les seuls qui ne soient pas concernés par le respect de la loi ?
En gros :
Nos contenus légaux seront libres de circuler, et les autres... non.
Enter faudra que tu fasse la différence entre un administrateur d'un site qu'il fait ce qu'il veux uniquement sur son site et un FAI qui bride ou censure des sites WEB ce n'est pas la même chose.

où est la neutralité de ceux qui respectent la loi ?
Déjà cette phrase ne veux rien dire la on parle de la neutralité du WEB. Et puis je ne sais pas si tu sais mais 1/3 des internautes français utilise le P2P donc ce n'est quand même pas une minorité qui ne respectent pas la loi sur internet.
enter: tu es hors-sujet. Youtube est un service d'hébergement de vidéos dont les CGU stipulent clairement que les vidéos envoyées appartiennent à Youtube, ce dernier se réservant alors le droit de faire ce qu'il veut de ces vidéos.

Cela n'a rien à voir avec un service peer to peer dont un FAI estime qu'il lui coûte trop cher et limite unilatéralement les débits, voire bloque certains paquets. Ni le service de peer to peer, ni les données y transitant n'appartiennent au FAI. Le FAI se doit de faire comme la Poste et acheminer là où il faut, sans plus.
enter, le 23/09/2009 - 18:16
Exemple : j'avais signalé il y a quelques mois le contenu d'un post fortement antisémite. L'administrateur de Numerama n'a pas eu besoin d'une décision de justice pour effacer le post. Il l'a fait de lui-même, pratiquant par là une censure.

Des boîtes comme Youtube efface également des contenus manifestement illégaux. Est-ce que cela vous dérange ? Pourquoi est-ce que les FAI seraient les seuls qui ne soient pas concernés par le respect de la loi ?

Il ne faut pas confondre les propriétaires des tuyaux qui transportent les données (FAI) et un espace de diffusion (site web).

Par analogie, et sauf écoutes policières exceptionnelles et validées par les autorités judiciaires, on n'analyse pas le trafic téléphonique sous prétexte que quelqu'un peut y chanter intégralement des chansons, y échanger des recettes de cuisine ou des adresses pour pirater de la musique ! Par contre, quiconque diffuse de l'information (TV, Presse) est censé maîtriser ce qu'il diffuse et doit respecter la loi

Il est normal que YouTube contrôle ce qu'il diffuse, mais ce n'est pas le boulot des FAI de surveiller ce qui transite sur leurs tuyaux, à nouveau sauf si écoute policière exceptionnelle et validée par les autorités judiciaires française.
enter, le 23/09/2009 - 18:16
Tu donnes toi-même la réponse : illégal, celà signifie quelque chose qui ne respecte pas la loi. cela peut être manifeste et dans ce cas nul besoin d'un jugement ou cela peut être décidé par la justice.
Et qui doit décider du caractère "manifeste" de l'illégalité ? Et comment ? Peux-tu nous expliquer comment est-il possible de filtrer le trafic P2P, un protocole par nature décentralisé, sans attenter à la circulation du contenu légal ? Car le bridage P2P opéré par les FAI ne sait pas faire la distinction entre contenu légal et illégal, et donc attente à la neutralité du Net "légal"... Image IPB
Cela revient en quelque sorte à ouvrir le courrier et vérifier si le contenu est légal, si c'est jugé légal on referme l'enveloppe et le courrier arrive jusqu'au destinataire, dans le cas contraire; poubelle. Une neutralité pas très neutre...
Citation
Mais ils pourraient brider l'échange de fichiers spécifiques, s'ils les jugent illicites. Ce qui suppose l'examen des paquets pour vérifier leur contenu et adapter leur réaction en conséquence.
Impossible. Tout le trafic Gnutella qui passe sur cette machine est cryptée en utilisant TLS. Toute tentative de DPI s'y casserait les dents.
>>>
Des boîtes comme Youtube efface également des contenus manifestement illégaux. Est-ce que cela vous dérange ? Pourquoi est-ce que les FAI seraient les seuls qui ne soient pas concernés par le respect de la loi ?

parce qu'ils ne sont pas éditeurs mais diffuseurs. c'est comme si ton facteur ouvrait les journaux qu'il te livre pour vérifier le contenu.

on peu interdire et pénaliser des contenu sans contrôler forcement le réseau lui même.
NUMERAMA
La neutralité du net doit-elle s'arrêter là où commence l'illégalité (...) ?

Oui.
Parce que quiconque défendant le contraire sera à même, pour respecter sa position, de réclamer à corps et à cris qu'un site pronant l'élimination -par exemple- des personnes de confession "X" ait les mêmes droits d'accessibilité par le réseau que Google News.
Et juste pour le fun, j'aimerais voir ça.

C'est par principe un corollaire. On peut pas y échapper. Alors aucun état d'âme à avoir.
Tout le débat ne porte pas sur ce point, mais bel et bien sur la définition de l'illégalité sur le réseau. Point barre.
>>>
Il faudrait quand même commencer à imaginer que le Net, ce n'est plus le far-west et que c'est une zone où le droit s'applique.

Ok, tu gagnes: On est définitivement pas d'accord. Pour moi, si justement , le net est un espace de non-droit, et en particulier de non-droit français.
En cela, je suis résolument, complètement, irrémédiablement pas d'accord avec le dogme gouvernemental actuel.

D'abord parce que le droit actuellement implique une territorialité. Or, le net n'est pas un état ni un pays : Si je n'ai pas le droit de faire un truc en France, *je peux aller le faire ailleurs, en TOUTE légalité dans le pays en question. Exemple : Le spam (pays de l'est), le jeux en ligne,...)
A la rigueur, je vois le net comme un "nouveau pays".

Ensuite parce que je pense qu'il est crucial d'avoir un espace ou les gouvernement ne peuvent PAS intervenir, par exemple pour supprimer des documents ou faire taire des blogueurs.

Contrairement à toi je n'ai PAS une confiance totale dans nos dirigeants, ni ceux qui font les lois, ni ceux qui les votent, ni ceux qui les font appliquer. Je considère donc qu'il est important pour nous et pour nos enfants que la contestation, que la liberté de dire ce qu'on veux (et de montrer ce qu'on veux) est plus importante que tout, y compris si cela a des inconvénients. En ce moment c'est la chasse aux Pédophiles, hier c'était les communisme, demain: ?

Le net a ceci de bien sur la TV que tu peux aller voir les pages que tu aimes, et ne pas avoir à subir un programme qui ne te correspond pas.

Pour moi il est stupide de déclarer un contenue "illégal".
C'est forcément illégal dans un pays, pas dans d'autres (ou pas selon les mêmes gravité, ni les mêmes peines). C'est le cas pour les fichiers audio/vidéo mais aussi pour les pages web (diffamation), les livres...
Le seul "problème" est un manque à gagner, et non une soustraction de bien.
A nous de résoudre ça.
Enter, enter... vous vous noyez. Vous avez vu que vous tombiez à l'eau avec les "applications illégales". Vous vous enfoncez avec les "utilisations illégales".

Comment voulez-vous qu'un routeur fasse la différence entre une utilisation légale et une utilisation illégale?

Son discours est un non-sens, sauf à supposer que les paquets transportent une étiquette "légale" apposée par le gouvernement ou par les marchands.
Sont gonflés....mouarf
Il a une drôle définition de la neutralité du net ...

Qu'ils fassent un net totalement commercial, qu'ils leur appliquent les règles qu'ils veulent, mais qu'ils nous foutent la paix.

It
qaruk.zurack, le 23/09/2009 - 19:44
NUMERAMA
La neutralité du net doit-elle s'arrêter là où commence l'illégalité (...) ?

Oui.
Parce que quiconque défendant le contraire sera à même, pour respecter sa position, de réclamer à corps et à cris qu'un site pronant l'élimination -par exemple- des personnes de confession "X" ait les mêmes droits d'accessibilité par le réseau que Google News.
Et juste pour le fun, j'aimerais voir ça.

C'est par principe un corollaire. On peut pas y échapper. Alors aucun état d'âme à avoir.
Tout le débat ne porte pas sur ce point, mais bel et bien sur la définition de l'illégalité sur le réseau. Point barre.

àa fait partie de la liberté d'expression. Soit on peut tout dire, soit on ne peut rien dire.

4chan est un bon exemple de liberté. Il y a le meilleur et le pire qui y coexiste.

It
It08, le 23/09/2009 - 20:07
qaruk.zurack, le 23/09/2009 - 19:44
NUMERAMA
La neutralité du net doit-elle s'arrêter là où commence l'illégalité (...) ?

Oui.
Parce que quiconque défendant le contraire sera à même, pour respecter sa position, de réclamer à corps et à cris qu'un site pronant l'élimination -par exemple- des personnes de confession "X" ait les mêmes droits d'accessibilité par le réseau que Google News.
Et juste pour le fun, j'aimerais voir ça.

C'est par principe un corollaire. On peut pas y échapper. Alors aucun état d'âme à avoir.
Tout le débat ne porte pas sur ce point, mais bel et bien sur la définition de l'illégalité sur le réseau. Point barre.

àa fait partie de la liberté d'expression. Soit on peut tout dire, soit on ne peut rien dire.

4chan est un bon exemple de liberté. Il y a le meilleur et le pire qui y coexiste.

It

Comme le rappelle obcd, seule une législation internationale -cad à l'échelle du Réseau- pourrait avoir un droit de regard légal sur tel ou tel site.
Et comme l'Humanité est avant tout faite de sensibilités différentes, et que l'Amour entre les peuples et la Paix sont censés en être le seul moteur viable, je pense que comme beaucoup d'autres choses la Liberté d'Expression aurait, comme toute liberté d'ailleurs, des limitations fixées pour respecter ce cadre.

D'ailleurs il ne faut ni confondre "liberté d'expression" et "liberté d'opinion", ni confondre "liberté" et "droit".
"Si la majorité de la bande passante est bouffée par l'accumulation des applications illégales "
C est qu une majorité de gens sy adonne :D

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