Si le Sénat confirme sa nomination demandée par Barack Obama, Julius Genachowski devrait prendre la tête de la Commission Fédérale des Communications (FCC), où il défendra le principe de la neutralité du net contre les Républicains et les opérateurs télécoms.

Alors qu’il avait nommé une série de proches de l’industrie culturelle à des postes clés du Département de la Justice, Barack Obama a rassuré cette semaine en désignant le Démocrate Julius Genachowski à la tête de la Commission Fédérale des Communications (FCC), l’instance américaine de régulation des télécommunications.

Le Wall Street Journal avait mentionné le nom de Genachowski début janvier, en rappelant que les deux hommes ont fréquenté les mêmes bancs universitaires à l’école de droit de Harvard, et sont depuis restés proches. Il a participé à la campagne du Président des Etats-Unis en conseillant Barack Obama sur les questions technologiques, et défend l’exigence du respect des principes de la neutralité du réseau.

Co-fondateur de plusieurs incubateurs de start-up (LaunchBox Digital, Rock Creek Ventures), il a participé à la direction de plusieurs entreprises du secteur des nouvelles technologies, et a notamment travaillé pour l’IAC, un conglomérat qui a ouvertement soutenu la neutralité du net.

Julius Genachowski devrait donc avoir pour mission d’inciter les parlementaires à adopter des lois qui défendent le principe de neutralité selon lequel toutes les communications devraient être traitées de manière égale par les opérateurs, quel que soit le contenu, le destinataire ou l’expéditeur. Un principe remis en cause par Comcast l’an dernier.

Les Républicains et les lobbys des télécoms sont majoritairement opposés à la neutralité du net, mais Genachowski en fera certainement une condition de l’utilisation des 7,2 milliards de dollars d’aide de l’Etat alloués au développement du haut-débit dans le cadre du plan de relance préparé par Barack Obama.

En France, la question du respect de la neutralité du net ne fait pas encore débat dans le champ public, mais les quelques indices qu’émet le gouvernement renvoient tous vers une position défavorable à la neutralité du net. Outre les projets de filtrage et de labellisation portés par les ministères de l’intérieur et de la culture, la secrétaire d’Etat à l’économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet a fortement laissé entendre ce mois-ci qu’elle laisserait les opérateurs qui déploient le très haut débit favoriser des contenus et des usages par rapport à d’autres, pour rentabiliser leurs investissements.

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