En 2003 apparaissait sur le web un tout nouveau site de streaming audio, RadioBlogClub. Au pic de sa fréquentation, plus de 20 millions d'internautes venaient chaque mois découvrir les 300 000 titres mis à disposition et financés par la publicité. Or, depuis, la SACEM a réussi à fermer le site. Hier se tenait le procès des responsables du site, qui ont été condamnés à une amende de plus d'un million d'euros de dommages et intérêts.

Précurseur du streaming musical en France, bien avant Deezer et Jiwa, RadioBlogClub semble écrire les dernières lignes de son histoire. Ouvert en 2003, le site proposait à chacun d'écouter et de partager des listes de lecture musicales, le tout financé grâce au modèle publicitaire. Début 2007, le site enregistrait une audience de près de 20 millions de visiteurs mensuels pour plus de 300 000 titres disponibles.

Fermé au printemps 2007 suite à un litige avec la SACEM, la société éditant RadioBlogClub, Mubility, avait pourtant essayé de conclure un accord avec la sociétés des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, sans succès. Les détenteurs de droit voulaient récupérer 8 % du chiffre d'affaires mondial, une demande hors-de-propos pour Mubility, puisque la majorité de son audience était située à l'étranger tandis que le pourcentage d'écoute des artistes français n'était que de 16 % sur le site.

Hier, le tribunal correctionnel de Paris a finalement condamné les responsables du site à un an de prison avec sursis et à verser plus d'un million d'euros aux ayants droit pour avoir diffusé sans autorisation des chansons protégées par le droit d'auteur entre 2003 et 2008. 871 000 euros iront à la société civile des producteurs de phonogrammes (SCPP) et 218 000 euros à la société des producteurs de phonogrammes en France (SPPF). Pour établir ce montant, le tribunal s'est basée sur le chiffre d'affaires accumulé par le site entre 2006 et 2007.

Une destinée que n'aura pas connu Deezer, puisque les responsables du site ont rapidement établi un accord légal avec la SACEM, en reversant une part de leurs revenus publicitaires afin de rémunérer les ayants droit. Par la suite, le site signera d'autres accords avec différents labels de musique comme Sony BGM, Universal Music ou encore Warner Music.

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