Pour ne pas risquer de représailles de la part de Polaroid, Apple a décidé de rejeter une application dont seul le logo reproduit la forme très reconnaissable des anciens clichés de photographie instantanée de la marque. Un abus de propriété intellectuelle ?

On ne compte plus le nombre d’articles que nous avons publié sur des applications rejetées par Apple pour des motifs divers et variés, et tous ceux que nous aurions pu écrire mais que nous avons passé sous silence par lassitude. Celui-ci est un peu plus original.

Apple, qui est toujours très soucieux de protéger les droits de propriété intellectuelle des industriels, y compris lorsque ça n’est pas justifié, a rejeté de l’App Store l’application pour iPhone de TweetPhoto, un concurrent du service TwitPic qui permet de partager facilement des photos avec Twitter. La firme de Cupertino a jugé que le logo utilisé par l’éditeur du logiciel était trop proche de la représentation graphique d’un tirage Polaroid.

« Nous avons examiné TweetPhoto et déterminé que nous ne pouvons pas poster votre application parce qu’il apparaît qu’elle inclue des fonctionnalités qui ressemblent aux photographies Polaroid« , a expliqué Apple dans un e-mail envoyé à l’éditeur près de quatre semaines après la demande d’ajout de TweetPhoto à l’App Store. « Polaroid a précédemment fait objection à d’autres applications qui incluent des fonctionnalités qui imitent les photographies Polaroid, et estime que de telles fonctionnalités violent ses droits« .

Le choix du mot « fonctionnalité » pour désigner une icône, ou un logo, est en soit contestable. Tout comme le fait pour Polaroid de s’estimer propriétaire de toute représentation graphique qui se rapproche des clichés instantanés que permettaient ses appareils photo. Le choix pour Apple d’interdire la publication d’une application parce que son icône risque de déplaire à Polaroid est quant à lui grotesque. Mais il participe à l’auto-destruction de la marque Polaroid, qui s’est asphyxiée à trop vouloir protéger son monopole.

En février 2008, Polaroid a annoncé l’arrêt de la production des films de développement instantané, concurrencés par la photographie numérique. La technologie n’a jamais eu l’essor qu’elle aurait pu avoir, en grande partie parce que Polaroid a défendu avec férocité ses droits de propriété intellectuelle, notamment contre Kodak, pour garder seul le marché de la photographie instantanée. Il a ainsi bloqué le dynamisme du marché, qui est resté trop élitiste. Déjà réorganisée après une première faillite en 2001, Polaroid a déposé fin 2008 une nouvelle demande de protection contre les faillites.

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