Comment un groupe aussi puissant et innovant que Sony peut-il faire preuve d'autant d'obstination dans l'erreur ? Certainement l'un des plus plus avancé sur le plan technique, Sony est parallèlement le groupe qui semble le moins bien savoir gérer sa propriété intellectuelle.

Au début des années 1980, le Betamax était promis comme le format d’avenir face à un VHS jugé moins bon sur bien des points. Pourtant, c’est le VHS qui s’imposera et l’on entendra plus parler du Betamax. Dans son autobiographie, Akio Morita (le fondateur de la société) considère que cet échec est dû au refus de Sony d’accorder des licences sur sa technologie. En voulant jouer seul dans sa cour, en refusant que d’autres que lui exploitent sa technologie, Sony s’est étouffé lui-même et a laissé le marché lui préférer le VHS.

Avec le minidisc, Sony commettra sensiblement la même erreur. Même si le format est techniquement bien meilleur que le Compact Disc de Philips, le Minidisc restera très confidentiel et n’aura jamais percé auprès du grand public. Là encore, le refus de Sony de donner du leste à la protection de sa propriété intellectuelle est en cause.

Actuellement, Sony tente d’imposer à travers sa plateforme Sony Connect le format ATRAC3, illisible sur l’ensemble des baladeurs qui ne sont pas fabriqués par la firme japonaise. Evidemment, ça sera un échec cuisant face au désir d’interopérabilité des consommateurs.

Et voilà que Sony commet à nouveau la même erreur avec les E-books cette fois. Peter Lewis écrit pour Fortune (dans l’édition à paraître le 6 septembre) un article sur le Librié EBR-100EP, un livre électronique disponible au Japon qu’il juge techniquement excellent. Seulement voilà, Sony tue une nouvelle fois la poule aux oeufs d’or avec une politique incroyablement conservatrice de protection de la propriété intellectuelle. Le livre de poche électronique de Sony n’accepte que des livres au format Open MG, le DRM de la firme. Les 1139 ouvrages disponibles dans sa bibliothèque ne peuvent être que loués pour une période de 60 jours, ce qui condamne le lecteur à achever sa lecture dans les temps, ou à louer le livre une seconde fois, à un prix minimum de $2.75. Et le Librié ne lit rien d’autre. Impossible d’y insérrer des livres libres de droit téléchargés sur Internet, ni même des fichiers PDF, HTML, .doc ou .txt ! Une fois que vous avez acheté Sony, vous devez lire Sony.

Sony croit-il les consommateurs si maléables et idiots qu’ils pensent pouvoir contrôler jusqu’à leurs lectures ?

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