La Sacem refait le coup de la pétition faussée

Guillaume Champeau - publié le Lundi 13 Octobre 2008 à 20h25 - posté dans Société 2.0

Le scénario de la loi Création et Internet ressemble décidément beaucoup à celui de la loi DADVSI. Comme il y a trois ans, le vote d'un amendement surprise avive les tensions au sein du gouvernement et des lobbys culturels. Il y a trois ans c'était l'amendement pour la licence globale, qui a sauté avec l'article 1er de la loi supprimé du texte présenté en seconde lecture. Aujourd'hui c'est l'amendement 138 anti-riposte graduée adopté par le Parlement Européen, qui pourrait sauter avec toutes les dispositions relatives aux contenus. Et comme il y a trois ans, la Sacem et un ensemble d'organisations de lobbying de l'industrie musicale mettent en place une pétition en ligne pour appeler à l'adoption du projet de loi.

Comme au début de l'année 2006, la pétition à destination des députés est organisée en ligne. Elle ne demande que les nom, prénom, adresse e-mail et profession du signataire. En termes comptables, ça promet d'être un succès. Mais contrairement à la loi du genre qui veut que les noms et le nombre des signataires soit consultable en ligne à tout moment, pour vérifier qu'il n'y a pas de "tricherie" ou de faux signataires, la pétition est tenue à l'abris des regards. Elle n'exige pas non plus de vérification de l'e-mail inscrite.

Nous avons ainsi pu nous inscrire au nom de Tartanpion Duchemol, avec l'adresse tartanpion@duchemol.fr, et obtenir immédiatement un message comme quoi "votre inscription a bien été enregistrée". Sans autre vérification.

Un gage de fiabilité.

On ne saura donc pas, sur le nombre de signatures prétendues que présentera la Sacem aux parlentaires, quel pourcentage est valide (la pétition de SVM contre la loi Hadopi, qui a réuni plus de 35.000 signataires, ne prend pas non plus la peine de contrôler l'adresse e-mail, mais affiche pour contrôle la liste des signataires, et demande à remplir un captcha avant de valider le formulaire pour éviter les votes automatiques).

Que dire du message de la pétition en lui-même, qui demande aux députés et sénateurs d'adopter la loi Création et Internet au nom des auteurs, compositeurs et éditeurs, "pour assurer la juste protection de leurs droits et le respect de la valeur de leur travail", et  "pour concilier les atouts d'Internet et la diversité musicale". Un flou total qui ne serait pas dérangeant si les signataires signaient l'appel en connaissance de cause. Or c'est la seule "information" fournie aux signataires, à qui un lien vers le texte du projet de loi n'est même pas proposé. Pour qui ne connaît pas les bonnes raisons de dire non à la loi Hadopi, la signature est rapide.

Les députés qui recevront cette pétition réaliseront peut-être l'imposture que constitue la démarche de la Sacem et de ses partenaires, et seront peut-être mobilisés par les artistes, nombreux, qui ne partagent pas les vues du Conseil d'administration de la Sacem.

"Personnellement, je suis artiste de musique électronique, je mix et je compose depuis presque 12 ans, et si aujourd'hui j'ai acquis une certaine notoriété qui m'as permis de mixer dans des clubs prestigieux comme le Queen à Paris, ou des events comme la Techno Parade, c'est uniquement grâce au P2P qui m'a permis de diffuser rapidement, mondialement, et à moindre coût, mes mixs de démonstration", nous explique ainsi Eicko, qui a été invité à signer la pétition de la Sacem.

"Les maisons de disque n'ayant jamais évoqué le moindre intérêt pour ma musique et mes mixs, il était donc extrêmement logique de les distribuer gratuitement en P2P. Si je fais de la musique, ce n'est pas pour qu'elle prenne la poussière sur des rayons de "grande surface culturelle", mais pour que les gens l'écoutent."

 
 
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Commentaires à propos de La Sacem refait le coup de la pétition faussée
 

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polar_bear
Le 13 Octobre 2008 à 20h34
C'est peut-etre encore plus drole que çà :
http://www.numerama....ndpost&p=987810

On s'apperçoit que la page de formulaire est la même. La Sacem a-t-elle remis les compteurs à zéro d'une pétition à l'autre ?
fcna2005
Le 13 Octobre 2008 à 20h56
vous ne faites pas la difference entre les producteurs et les auteurs ! un producteur c'est 50% des 99 centimes d'itunes idem pour le prix d'un CD, les auteurs c'est 8%, je pense que EIcko ne saurait pas opposé à tocuher les droits d'auteur pour les mroceaux qu'il a composé et qu'il mixe en discotheque ...
paparsifal
Le 13 Octobre 2008 à 20h59
un lien pour signer la pétition ?
Darksol
Le 13 Octobre 2008 à 21h06
Cela serait drôle
la pétition des internautes de 35000 personne,le gouvernement n'en a rire a cirer
et une pétition pro hadopi qui regroupera(je suppose bien sur)beaucoup moins,la le ministère de la culture dira "voila la pétiton démontre que la population est pour la loi sont pour notre loi HADOPI"
faut le signaler au conseil constitutionnel
ben57
Le 13 Octobre 2008 à 21h11
C'est quoi la suite du calendrier du paquet telecom ? JE ne comprend plus grand chose
Kad Redal
Le 13 Octobre 2008 à 21h12
paparsifal > désolé j'avais oublié le lien, je l'ajoute
Gaffiste
Le 13 Octobre 2008 à 22h33
Signerais bien cte truc pour essayer d'expliquer mon point de vue, mais bon, pourquoi faire, sont capables de faire un trie des signatures...
Makhno
Le 13 Octobre 2008 à 23h04
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
« ... si aujourd'hui j'ai acquis une certaine notoriété qui m'as permis de mixer dans des clubs prestigieux comme le Queen à Paris, ou des events comme la Techno Parade, c'est uniquement grâce au P2P qui m'a permis de diffuser rapidement, mondialement, et à moindre coût, mes mixs de démonstration », nous explique ainsi Eicko,
[...]
« ... il était donc extrêmement logique de les distribuer gratuitement en P2P. Si je fais de la musique, ce n'est pas pour qu'elle prenne la poussière sur des rayons de "grande surface culturelle", mais pour que les gens l'écoutent. »

Je trouve l'argumentation d'Eicko particulièrement naïve et inefficace. En encensant le P2P pour s'opposer à HADOPI il conforte l'impression répandue qu'elle serait efficace, qu'on la redoute parce qu'elle empêcherait de « voler » en ligne. Bref, c'est se tirer une balle dans le pied. A le lire il y en a qui doivent se frotter les mains ! Il est beaucoup plus pertinent de pointer les menaces contre les libertés que représente cette loi. C'est plus fédérateur et susceptible d'entraîner l'adhésion d'un grand nombre de citoyens que de dire « Je suis voleur mais c'est pas de ma faute et je veux pouvoir continuer à voler. » Il a tout faux.
carmath
Le 13 Octobre 2008 à 23h06
bonne nouvelle fcna2005 est revenu parmi nous, mais maintenant il est dyslexique. allez va prendre tes calmants ch'ti pépère, çà va aller...
Hipparchia
Le 14 Octobre 2008 à 00h11
je viens de tester avec Mr jaime.largent

Drôle de pétition... On ne peut même pas voir les signataires... Je pensais rire.
Raminagrobizz
Le 14 Octobre 2008 à 03h28
Mine de rien, si tout le monde va polluer la pétition de la SACEM avec des signatures manifestement bidons, ça ne va pas aider à la crédibilité de ladite pétition...
Tuxman
Le 14 Octobre 2008 à 07h58
sympa l'arnaque, tu ne sais pas ce que tu signe, aucuns rappel du texte de la loi; autrement dire c'est un chèque en blanc pour la SACEM et une magnifique opportunité pour ce constitué un fichier.

pour voir la fameuse pétition ce rendre sur le site de la SACEM.
Millenius
Le 14 Octobre 2008 à 09h34
Idée à la con, créer des robots qui vont inscrire des centaines de milliers d'inscriptions.

Ca aurait de la gueule une petition signée par 2 milliards de francais :p
pleindeuss
Le 14 Octobre 2008 à 09h48
eicko ? j'l'aime bien le chti bonhomme. et un musicos de plus qui a pigé le truc.

allez les dinosaures, il va falloir muter en ptis zoiseaux ou bien vous allez disparaitre pour de bon, la météorite du p2p a changé la face du monde et seuls ceux qui sauront s'adapter survivront (et auront un bel avenir).
AxS/Natsume
Le 14 Octobre 2008 à 10h00
Makhno : Au contraire. Il ne prétend pas "pirater" via p2p les oeuvres des autres, mais mettre ses propres oeuvres à disposition de tous via p2p. Des oeuvres dont en théorie il possède les droits.

Le p2p est donc par là son outil de travail. Or on sait bien que s'ils le pouvaient, la SACEM et ses amis feraient disparaitre tout p2p de la planète.
realaze
Le 14 Octobre 2008 à 10h18
Moui, objectivement, je doute qu'il est le droit de mettre des mixs (qui sont par essence les Ĺ“uvres d'autres artistes mixées entre elles) à disposition sur la mule, et qui plus est il en fait commerce si l'on regarde bien, puisqu'il a trouvé à se produire de manière rémunérée.

Cela dit je ne le critique absolument pas, c'est juste pour recadrer les choses.
AC/DC
Le 14 Octobre 2008 à 10h20
Ah la la...Numerama..c'est un petit peu la Pravda des temps modernes...beaucoup de propagande pour une cause injuste.
SoleilLevant
Le 14 Octobre 2008 à 10h53
Je trouve que l'idée de polluer leur sondage est bonne, après tout, pourquoi pas carrément mettre un texte en validant plusieurs signatures de suite ? Il n'y a pas non plus de listage des IP pour éviter qu'une personne ne valide plusieurs fois ? Et si on s'y mettait tous :D.
thedoublefinger
Le 14 Octobre 2008 à 11h01
De mon coté, c'est fait.

Nom : Dark
Prénom : Vador
Courriel : albanel@desloisdebile.com
Je suis : Ta mère
Natasha
Le 14 Octobre 2008 à 12h06
'fcna2005', le 01/01/1970 - 01:00
vous ne faites pas la difference entre les producteurs et les auteurs ! un producteur c'est 50% des 99 centimes d'itunes idem pour le prix d'un CD, les auteurs c'est 8%, je pense que EIcko ne saurait pas opposé à tocuher les droits d'auteur pour les mroceaux qu'il a composé et qu'il mixe en discotheque ...


On fait surtout la différence entre la mise en place de milices chargées de surveiller l'internet, et la condamnation du titulaire de l'abonnement internet par une espèce de Tribunal d'Exception, sans qu'à aucun moment il ne puisse assurer sa défense devant un tribunal dépendant de la vraie l'autorité judiciaire.

D'ailleurs à ce sujet, je te conseille de lire sur le site de la CNIL les résultats d'un sondage effectué à l'occasion de la 30éme conférence mondiale "informatique et libertés" qui se tiendra à Strasbourg du 15 au 17 octobre prochain, qui me semble plus sérieux que cette énième pétition en ligne bidon de la SACEM

71 % des Français jugent la protection de la vie privée sur Internet insuffisante
71 % des Français jugent la protection de la vie privée sur Internet insuffisante
13/10/2008 - Communiqué
Ŕ quelques jours de l’ouverture de la 30ème conférence mondiale «informatique et libertés» qui se tiendra à Strasbourg du 15 au 17 octobre, la CNIL publie les résultats d’un sondage réalisé par IPSOS. La conférence ayant pour thème « Protéger la vie privée dans un monde sans frontières », la CNIL souhaitait sonder les Français sur la protection de leur vie privée dans les fichiers en général et sur Internet en particulier, véritable vitrine ouverte au monde qui brouille les limites entre l’espace public et l’espace privé.

* Pour 61 % des Français, l’existence de fichiers est perçue comme une atteinte à la vie privée.
* 50 % des Français ont des craintes concernant l’utilisation des fichiers. Leur inquiétude porte autant sur les fichiers d’Etat que sur les fichiers privés.
* Mais, c’est surtout sur Internet que les Français témoignent d’une défiance particulièrement grande à l’égard du niveau de protection de leur vie privée, 71 % le jugeant insuffisant. Ils sont même 37 % à le juger « pas du tout » satisfaisant.
* Les jeunes de 18-24 ans, « gros consommateurs d’Internet », se révèlent un peu plus soucieux que les autres. En effet, 78 % jugent la vie privée insuffisamment protégée sur Internet. Pour autant, cette défiance ne semble pas les détourner d’Internet.

La CNIL, co-organisatrice avec l’autorité allemande de la 30ème conférence mondiale « informatique et libertés », a choisi justement de placer la vie privée au c˝ur des débats.

Aujourd’hui, les informations personnelles qui en disent long sur notre vie privée, sur notre intimité, sur nous mêmes, circulent librement dans un monde sans frontières. Les fichiers et les technologies de traçage dans le temps et dans l’espace se multiplient toujours davantage. Que reste-t-il encore de notre « bulle » de vie privée ? Est-il encore possible de préserver cet espace ? Ne souhaite-t-on pas plutôt aujourd’hui « tout révéler » ?

Juristes, industriels, sociologues, associations, professionnels du numérique, chercheurs du monde entier se réunissent à Strasbourg pour apporter leur éclairage, leur vision, leur préoccupation, et répondre à la question : la vie privée est-elle un « espace en voie de disparition » ?

Méthodologie IPSOS

Echantillon national représentatif de 943 personnes âgées de 15 ans et plus.
Terrain réalisé les 3 et 4 octobre. Echantillon interrogé par téléphone. Méthode des quotas.

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