eMule : tous les serveurs eDonkey Razorback fermés

Guillaume Champeau - publié le Mardi 15 Juillet 2008 à 10h05 - posté dans Peer-to-Peer

Les serveurs Razorback 3.x - qui n'ont rien à voir avec les célèbres serveurs eDonkey suisses fermés en 2006, ne sont plus. L'industrie du disque se félicite de sa victoire après l'arrêt des serveurs, dans des conditions qui laissent songeur. L'impact sur les échanges P2P devrait, quoi qu'en dise l'industrie, rester minime voire nul...

Alors qu'aucune décision de justice n'est encore intervenue pour condamner la création de serveurs eDonkey, l'industrie du disque continue de lutter contre ces serveurs qui sont au coeur de la version centralisée vieillissante d'eMule. Le BREIN, le bras armé de l'industrie du disque aux Pays-Bas, annonce ainsi qu'elle est parvenue à obtenir la fermerture de l'ensemble des serveurs Razorback 3.x, qui offraient jusqu'alors la plus grande capacité d'accueil sur le réseau P2P open-source.

"Razorback 3.1 était le plus grand serveur eDonkey restant, qui servait environ 350.000 utilisateurs", rappelle ainsi l'organisation anti-piratage qui travaille pour le compte de la Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI). "La majorité des fichiers disponibles sur les serveurs était distribuée sans autorisation des titulaires de droits", ajoute le BREIN, qui persiste dans l'erreur communément répétée depuis la fermeture des premiers serveurs eDonkey il y a plus de deux ans.

Les serveurs eDonkey ne stockent et ne mettent à dispositon aucun fichier, légal ou non. Ils sont au réseau P2P eDonkey/eMule ce qu'un moteur de recherche comme Google est au web. Ils indexent l'ensemble des fichiers distribués par l'ensemble des utilisateurs, et offrent un outil qui permet de les trouver et de trouver l'ensemble des utilisateurs qui les mettent à disposition. Mais à aucun moment les serveurs ne stockent les fichiers ou même prennent connaissance de leur contenu. Ils sont un simple intermédiaire technique, sans responsabilité légale directe dans la distribution des fichiers.

C'est d'ailleurs sans passer par la justice que le BREIN a obtenu la fermeture des serveurs Razorback restants. Ils affirment avoir simplement fait pression sur les hébergeurs néerlandais, qui auraient accepté de fermer les serveurs après que leurs clients aient - légitimement - refusé de répondre aux allégations du BREIN.

Fermés suite à des attaques DDoS ?

Mais selon des informations obtenues par Numerama d'une source proche du dossier, c'est pour une raison davantage technique que juridique que les hébergeurs auraient facilement plié à la demande du lobby anti-piratage. Les serveurs Razorback subissaient régulièrement des attaques DDoS qui dépassaient largement ce qu'un hébergeur peut encaisser et tolérer. Ces attaques de deni de service, quasi quotidiennes, atteignaient des pics de 3 à 4 Gpbs. L'un des principaux hébergeurs de serveurs eDonkey auraient donc choisi de lui-même de fermer l'accès aux serveurs, pour protéger ses autres clients, victimes des attaques par ricochet.

L'origine des attaques DDoS reste inconnue. Même si certains acteurs du réseau les attribuent au BREIN et/ou à la filière musicale et cinématographique, aucune preuve n'existe qui puisse confirmer leurs soupçons. Il ne peut s'agir, en tout état de causes, que d'organisations ou de personnes richement dotées, puisque ce type d'attaques d'ampleur et à répétition coûte extrêmement cher à réaliser.

S'il indique que le serveur Razorback 3.1 a été fermé suite à ses notifications, le BREIN reste plus vague sur les raisons de la fermeture des serveurs Razorback 3.0, 3.2 et 3.3, débranchés quelques temps auparavant.

Un impact nul sur les échanges de fichiers

L'impact de ces fermetures sur les échanges de fichiers par eMule devrait rester très faible, puisqu'aujourd'hui une grande partie des utilisateurs se connectent au réseau Kad, qui ne dépend d'aucun serveur. D'après nos observations, plus de 80 % des internautes utilisateurs d'eMule sont connectés à Kad.

De plus, chaque pression ajoutée sur eMule augmente la migration vers des solutions alternatives comme LimeWire, des logiciels de P2P sécurisés ou les newsgroups.

Surtout, l'histoire commence déjà à prouver qu'aucune action à l'encontre de réseaux P2P n'a eu le moindre effet bénéfique sur les ventes, qui continuent à s'effondrer malgré, par exemple, la saisie des serveurs Razorback 2.0 et 2.1 qui étaient en 2006 les serveurs eDonkey les plus utilisés au monde.

Contactée par Numerama, l'Association Razorback, anciennement gérante des serveurs eDonkey Razorback 2.0 et 2.1, précise d'ailleurs qu'elle n'a aucun rapport avec les serveurs fermés aux Pays-Bas. Elle ne gère plus aucun serveur de P2P depuis février 2006. Son procès n'a toujours pas abouti à la moindre condamnation sur le fond.

 
 
17
Commentaires à propos de eMule : tous les serveurs eDonkey Razorback fermés
 
scott512
Le 15 Juillet 2008 à 10h13
D'ailleur où en est on du procès Razorback ?

Sinon l'erreur de dire que les serveurs ed2k hébergent des fichiers, est pour moi volontaire de manière à justifier leurs actions d'esbroufe...
bile666
Le 15 Juillet 2008 à 10h30
Le procès de l'Association Razorback est toujours en instruction. Pour encore mieux assurer notre défense, nous avons engagé un nouvel expert spécialisé en nouvelles technologies et très connu en Suisse. Nous tairons son nom pour garder la surprise.
Ashareth
Le 15 Juillet 2008 à 10h46
J'espère qu'une fois qu'au aura dépassé le stade de l'instruction tu nous pondras un joli dossier sur le sujet, histoire de décorquiter point par point les méthodes des majors (si c'est les même que celles utilisées pour couler ShareReactor, c'est essentiellement parier sur le fait que les gens n'ont pas les moyens financiers de se battre quelques années en procès contre eux, et ne veulent pas en prendre le risque, tout le reste c'est fortemment de l'esbrouffe, ou des actes qui sont réalisés à côté de l'acte d'hébergement).
lt8nk
Le 15 Juillet 2008 à 11h18
Comment peut-on savoir qui a réalisé une attaque DDoS ? C'est si difficile que ça ? La justice ne devrait pas fouiller de ce côté là ?
kubrick
Le 15 Juillet 2008 à 11h26
@bile666 : vous devriez organiser une levée de fonds pour votre défense, je pense que pas mal de monde, moi compris, serait prêt à vous apporter un modeste mais appréciable soutien financier.
Plunk
Le 15 Juillet 2008 à 11h37
'bile666', le 01/01/1970 - 01:00
Le procès de l'Association Razorback est toujours en instruction. Pour encore mieux assurer notre défense, nous avons engagé un nouvel expert spécialisé en nouvelles technologies et très connu en Suisse. Nous tairons son nom pour garder la surprise.


Maître Collard...?



...je sors
agathon666
Le 15 Juillet 2008 à 11h52
Mais quand donc vont-il piger que faire fermer des serveurs n'empêchera jamais la mule de fonctionner ?

Errare humanum est, perseverare diabolicum.
Anagrys
Le 15 Juillet 2008 à 11h53
'lt8nk', le 01/01/1970 - 01:00
Comment peut-on savoir qui a réalisé une attaque DDoS ? C'est si difficile que ça ? La justice ne devrait pas fouiller de ce côté là ?

Une attaque DDoS consiste en l'envoi simultanée d'un très grand nombre de requêtes sur un serveur. En général ces attaques sont effectuées par des ordinateurs infectés par un virus quelconque (des "zombies"), qui s'appuie sur des mécanismes très simples (IRC, par exemple) pour "recevoir" ses instructions.
Les ordinateurs qui font effectivement l'attaque n'ont aucun lien avec la personne qui l'a lancée, ce sont les ordinateurs de monsieur tout le monde. Donc non, ce n'est pas simple de savoir d'où vient une telle attaque. En tout cas l'existence de ce type d'attaques montre l'importance d'avoir un pare-feu qui filtre autant les requêtes sortantes que les entrantes.
lt8nk
Le 15 Juillet 2008 à 12h08
Oui ce n'est pas simple, je vois. En fait, ils doivent remonter le fil en cherchant qui a fabriqué ce virus.
superadmin
Le 15 Juillet 2008 à 13h35
salut,
quelques observations.

'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
"Razorback 3.1 était le plus grand serveur eDonkey restant, qui servait environ 350.000 utilisateurs", rappelle ainsi l'organisation anti-piratage qui travaille pour le compte de la Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI).


Suivant les jours, il existe au moins 2 500 000 users connectés sur environ 10 à 15 serveurs. (sans compter les nombreux clients qui tournent seulement avec kad et ceux qui sont connectés sur les serveurs fakes, très nombreux aussi.) pour le coup, le reseau a facilement absorbé la charge des razors disparus, d'autant plus facilement que cela fait qq jours deja que les razors font les frais d'importants ddos et que tout cela est finalement tres progressif. ( concernant les ddos, beaucoup d'autres serveurs n'ont pas été epargnés ... mais sont toujours en ligne.)

la strategie anti edk semble devenir claire;
publier des serveurs fakes qui n'indexent pas les oeuvres pour :
-faire des stats et gagner des sous en les refourguant aux majors.
-empecher toute evaluation serieuse de l'ampleur du probleme.
(puisqu'on ne connait pas reellement le nbr d'utilisateurs/fichiers connectés sur ces serveurs fakes)
- 'recuperer' certains des utilisateurs les moins habiles techniquement.
-noyer les 'bons' serveurs dans la masse, les rendant beaucoup moins visibles.

Et finalement, cela fout pas mal le bordel dans le reseau ...
mais cela n'empeche nullement un gamin de 14 ans de telecharger les dernieres nouveautés, la plupart du temps largement disponibles quelques jours apres leur sortie. Alors, si le but ultime de tout ce fatra etait de lutter contre l'echange de contrefaçons, ils devraient peut etre s'y prendre autrement.

++
trit
Le 15 Juillet 2008 à 13h50
En fait, ils doivent remonter le fil en cherchant qui a fabriqué ce virus.

Non plus, ils peuvent très bien utiliser un "virus,cheval de troie, rootkit etc) créer par quelqu'un d'autre il y a bien longtemps pour constituer un botnet de zombie pour lancer une attaque
polar_bear
Le 15 Juillet 2008 à 14h05
Sauf si ce sont les blaireaux de Mediadefender. :ptdr:
EEEInstein
Le 15 Juillet 2008 à 14h36
une attaque dos ne coutent pas temps que ça guillaume..

"un déni de service distribué (DDoS) = entre 500 et 1000 $"

http://www.logineo.f...ires-un-botnet/
bile666
Le 15 Juillet 2008 à 15h39
oui un DDoS, mais là on parle de DDoS qui a duré des semaines entières avec des Gbps, ce n'est pas une petite attaque d'un jour.
Niluge_Kiwi
Le 15 Juillet 2008 à 15h47
EEEInstein > oui mais pendant combien de temps... Là ça fait des mois que ça dure apparemment..
De mémoire la source du lien que tu cites parlait de quelques heures à une journée, donc bon pour plusieurs mois ça commence à faire cher...

edit: arf doublé!
cricriweb
Le 15 Juillet 2008 à 15h48
Pas grave un serveur qui part 10 qui arrive, donc pas de soucie sa marche toujours
harakiri26
Le 15 Juillet 2008 à 20h39
.
 
31.914 avis de la presse (tests) référencés
1.394.093 produits détaillés
1.264.571 prix comparées
Derniers articles publiés
Trouver les meilleurs prix avec Numerama
1.394.093 produits comparés
1.264.571 prix actualisés
31.914 avis de la presse référencés !
à partir de 179.00 €
 
à partir de 144.95 €
 
à partir de 155.48 €
 
à partir de 399.00 €
 
à partir de 497.90 €
 
à partir de 127.24 €
 
Logiciels à télécharger
Simulateur de régate
 
Convertir une vidéo de YouTube en fichier son
 
Modifiez le Windows Vista bootloader et ses entrées
 
Changer la langue d'Internet Explorer
 
Gestionnaire de connexion internet pratique
 
Numerama est un site du réseau PressTIC