Selon la société Sandvine, près de la moitié de la bande passante nord-américaine serait actuellement dédiée aux applications Peer-to-Peer. Le chiffre serait en hausse de trois points sur un an, avec 44 % de la bande passante monopolisée par le P2P, contre 41 % l’année précédente. Chiffres à prendre toutefois avec beaucoup de prudence, puisque Sandvine n’est pas un cabinet indépendant d’analyse des réseaux… mais un vendeur de solutions de gestion du trafic qui a tout intérêt à gonfler ses données pour sonner l’alarme chez ses clients les FAI.

Pour parvenir à cette conclusion, Sandvine a étudié la nature du trafic véhiculé par plusieurs fournisseurs d’accès à Internet, en étant ainsi au plus proche de l’abonné. Outre la place importante prise par le P2P, Sandvine estime que le trafic dû à la navigation sur Internet s’établit à 27,3 %, et le streaming à 14,8 %.

Sans surprise, le trafic montant (l’upload) serait constitué pour les trois quarts du partage de fichiers sur les réseaux P2P. Non seulement l’upload y est permanent, mais il s’agit en plus pour une large part de fichiers de taille importante.

Sandvine, qui se bat ouvertement contre l’idée de la neutralité du net, met en avant l’importance selon elle disproportionnée du P2P dans les tuyaux pour convaincre les fournisseurs d’accès de brider BitTorrent, eMule, LimeWire et l’ensemble des applications de partage de fichiers qui prennent « trop de bande passante ». La société est le prestataire présumé de Comcast, le FAI américain qui a le premier dégainé contre le P2P en sabotant le trafic BitTorrent de ses abonnés.

Mais les chiffres sont contestés et contestables. L’allemand Ipoque, qui vend lui aussi des solutions de gestion du P2P sur les réseaux, affirmait en setpembre 2007 que le Peer-to-Peer représentait jusqu’à 90 % de la bande passante. Mais Ellacoya Networks, qui propose également le même type de service à destination des FAI, affirmait quant à elle que le P2P représente désormais moins de bande passante que le trafic HTTP qui a explosé sous l’effet des sites de streaming comme YouTube ou Dailymotion.

Qui faut-il croire ?

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