Uber a annoncé avoir levé une somme record de 3,5 milliards de dollars auprès du fonds souverain de l'Arabie Saoudite. Un investissement qui pourrait faire polémique.

Après avoir déjà levé des fonds au Qatar, c’est en Arabie Saoudite que l’entreprise de transport Uber trouve les moyens financiers de son développement, pour soutenir une course aux gains de parts de marchés dans un secteur très concurrentiel, où la prime va aux plus gros. Le fonds souverain d’Arabie saoudite, le Public Investment Fund (PIF), a investi 3,5 milliards de dollars dans Uber, qui est désormais valorisé autour de 66 milliards de dollars. C’est le plus gros investissement jamais reçu par Uber.

« Grâce à cette opération, Yasir Al Rumayyan, le dirigeant du PIF, fera son entrée au conseil d’administration d’Uber », indique Le Monde, qui note que «  la société est déjà présente dans cinq villes saoudiennes et indique que les quatre cinquièmes de ses clients sont des femmes, étant donné que celles-ci n’ont pas le droit de conduire dans le pays ».

L’Arabie Saoudite, seul pays au monde où les femmes ne peuvent pas conduire

 

Khairiah-AbuLaban
Une photo promotionnelle pour Uber en Arabie Saoudite (source)

Il serait tentant d’y voir une forme de cynisme d’Uber, mais son fondateur Travis Kalanick préfère dire qu’il s’agit d’un « excellent exemple de la façon dont Uber peut bénéficier aux passagers, aux conducteurs et aux villes ». Surtout, il veut croire dans la capacité réformatrice de l’Arabie Saoudite, qui a annoncé une volonté de doubler le nombre de femmes au travail d’ici 2030. Sans doute le droit de vote enfin accordé aux femmes aide-t-il à y croire.

En attendant, l’Arabie Saoudite reste le seul pays au monde où les femmes n’ont toujours pas le droit de conduire malgré des manifestations et quelques actions de désobéissance civile, rapidement condamnées par le régime. En 2014, le site internet d’un groupe de défense des droits de l’homme avait même été bloqué, parce qu’il avait protesté contre l’emprisonnement de deux Saoudiennes arrêtées au volant, à la frontières avec les Émirats Arabes Unis.

On pourra donc voir l’investissement dans Uber, soit comme une chance pour les femmes qui pourront plus facilement se déplacer et gagneront donc en liberté, soit comme un moyen d’entretenir une situation socialement inacceptable, et d’en tirer profit.

Uber est désormais présent dans 460 villes réparties dans 69 pays, dont une quinzaine de villes au Moyen-Orient. Depuis son lancement, l’entreprise a levé 14,11 milliards de dollars.

Contraints eux aussi de se déployer très vite sur un maximum de marchés, d’autres concurrents lèvent des sommes importantes ces derniers mois. En mars, Apple a investi 1 milliard de dollars dans Didi Chuxing, tandis que Lyft a obtenu 500 millions de dollars de General Motors.

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