Airbnb dévoile un rapport laudatif sur son impact économique en France, où l'on en apprend plus sur le profil des hôtes et les dépenses des voyageurs.

Le site Airbnb de location de logements privés a publié jeudi un communiqué révélant son « impact économique en France » entre septembre 2014 et août 2015, en collaboration avec le cabinet de conseil Asterès.

L’étude s’appuie sur 176 800 réservations effectuées en Corse et France métropolitaine, « afin de comprendre comment Airbnb s’inscrit dans l’écosystème local », selon l’entreprise. On y apprend tout d’abord que la balance des voyages est stable dans le plus beau pays du monde, avec 3,9 millions de voyageurs entrants pour 4,1 millions de voyageurs sortants. À titre de comparaison, le Ministère de l’Économie a annoncé 84,7 millions de voyageurs entrants en 2013 sur l’ensemble du territoire : Airbnb représenterait donc environ 3,30 % du tourisme en France.

environ 3,30 % du tourisme en France

Cela représenterait 481 millions d’euros de revenus pour les hôtes et au total 2,5 milliards d’euros d’impact économique direct et indirect en France, en tenant compte des dépenses journalières des touristes en restaurants, souvenirs, transports et visites, et des 13 300 emplois soutenus. Une déclaration qui mériterait d’être détaillée et justifiée, alors que le Syndicat National des Hôteliers Restaurateurs Cafetiers Traiteurs et le groupement national des indépendants dénoncent la déloyauté des pratiques d’Airbnb, dont ils exigent un meilleur respect de la législation.

L’étude prend vite des allures de propagande quand l’entreprise annonce que « 23 % des voyageurs ne seraient pas venus en France, ou ne seraient pas restés aussi longtemps sans Airbnb ». La durée moyenne de séjour avec ce site est pourtant de 3,8 nuitées, contre 7,1 en moyenne dans l’hôtellerie traditionnelle. Plus loin, le communiqué ajoute que «  66 % des voyageurs n’auraient pas effectué de séjour si l’hôtel avait été la seule option ».

Qui sont les hôtes ?

Sur les 140 000 Français ayant hébergé des gens chez eux grâce à Airbnb, 23 % sont indépendants ou entrepreneurs. Le communiqué complète ce portrait de l’hôte-type : il a en moyenne 42 ans, met son logement à disposition 26 nuits par an pour un revenu de 1 970 €, qu’il investit majoritairement en dépenses courantes.

Hôtes Airbnb
Plus de la moitié des hôtes ont un revenu inférieur au revenu médian français (30 300 €)

Qui sont les voyageurs ?

Les voyageurs qui viennent en France par Airbnb sont à 77 % Européens, et à 45 % Français. En tout, 86 % visitent la France pour des motifs personnels, des vacances ou des rendez-vous familiaux.

Et bien sûr, la destination-star reste Paris, ville la plus prisée par les voyageurs Airbnb, en France et dans le monde. Entre septembre 2014 et août 2015, ce sont 1,7 million de voyageurs qui ont été hébergés en Airbnb dans la capitale. Bien sûr l’impact social de cette nouvelle forme d’économie collaborative est plutôt positif : les touristes sont amenés à mieux connaître les Parisiens, et les hôtes à promouvoir l’échange culturel. Mais ces bienfaits sont à relativiser, quand on s’aperçoit que 20 % des hôtes parisiens feraient de Airbnb un business, en louant plusieurs logements, selon la carte « Inside Airbnb ».

Voyageurs Airbnb

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