Après un accord conclu avec Microsoft en 2009, Yahoo se rapproche de Google. Les deux sociétés annoncent un partenariat de trois ans dans la recherche et la publicité.

Même des adversaires que tout oppose peuvent parfois trouver un terrain d’entente. C’est ce que viennent de démontrer cette semaine Google et Yahoo. En effet, les deux géants de la Silicon Valley ont officialisé mardi un accord-clé sur la recherche et la publicité, deux secteurs hautement stratégiques sur le web. Ce partenariat, qui est en vigueur depuis le début du mois, durera jusqu’en octobre 2018.

« En octobre, la société a conclu un accord avec Google qui donne à Yahoo plus de marge de manœuvre pour choisir parmi les fournisseurs de résultats de recherche et de publicités. Les offres de Google complètent les services de recherche fournis par Microsoft, qui reste un partenaire important, ainsi que nos propres technologies de recherche et de produits publicitaires  », écrit la société de Sunnyvale.

Cette annonce n’arrive pas par hasard. Au même moment, Yahoo a publié ses résultats pour le troisième trimestre 2015. Et le bilan est très contrasté.

Certes, plusieurs domaines jugés stratégiques par Yahoo sont en progression, comme le mobile, la vidéo, les publicités natives et le social. Mais d’un autre côté, la baisse du chiffre d’affaires s’est poursuivi et c’est la troisième perte opérationnelle consécutive enregistrée par le groupe. Signe que la situation est encore loin d’être assainie, le portail web a revu à la baisse ses prévisions pour le quatrième trimestre.

Les performances mitigées de Yahoo ne plaident évidemment pas en faveur de Marissa Mayer, qui dirige la société depuis trois ans maintenant. Ancienne cadre historique chez Google, Marissa Mayer a pour mission principale de remettre le portail sur le chemin de la croissance, ce qui nécessite en particulier d’enrayer l’exode des internautes.

Après Microsoft, Yahoo se rapproche de Google

Pour cela, l’entreprise a choisi de concentrer son attention sur un nombre restreint de services (comme Tumblr et Flickr, qui bénéficient d’une forte audience) quitte à provoquer la fermeture de produits perçus comme moins essentiels. Le groupe est aussi parvenu à s’imposer dans la version américaine de Firefox en devenant le moteur de recherche par défaut du navigateur à la place de Google.

L’accord passé entre Google et Yahoo n’est en tout cas pas le premier du genre. En 2009, une alliance similaire a été conclue avec Microsoft. Celle-ci a été prolongée de dix ans ce printemps, mais avec un cadre beaucoup plus souple. Concrètement, cet accord autorise Bing — le moteur de recherche de Microsoft — à gérer la recherche sur le portail de Yahoo, en échange du versement d’une partie des recettes publicitaires.

C’est le même mécanisme qui est mis en place avec Google. La firme de Mountain View versera une partie de ses gains dans la publicité à Yahoo contre l’affichage d’une partie de ses annonces et l’utilisation de ses outils de recherche. L’accord ne concerne pas a priori l’Europe, où Google gère déjà la quasi-totalité des recherches. La part de Yahoo sur le Vieux Continent est en effet insignifiante.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés