Choisir entre la R5 et l’ID. Polo est un véritable casse-tête. Entre raison et passion, le cœur balance, surtout que la Renault 5 a eu le temps de bien s’implanter dans le paysage automobile. Et, quoi qu’en disent les mauvaises langues, elle rencontre un vrai succès en Europe, y compris hors de France.
Le modèle français n’avait jusqu’à présent pas vraiment de concurrence pour lui mettre des bâtons dans les roues : les citadines de Stellantis sont quelque peu dépassées, tandis que les propositions chinoises peinent à convaincre. Mais après avoir essayé la Volkswagen ID. Polo, force est de constater qu’il y a enfin une rivale à sa hauteur.
Design : la passion rétro face au pragmatisme discret
Renault a réussi un coup de maître en transposant le style iconique de sa mamie des années 70 dans l’ère moderne. Entre ses teintes pétillantes, sa signature lumineuse et ses clins d’œil esthétiques au passé, la R5 déclenche un capital sympathie immédiat dans la rue. On ne peut pas lui enlever cela, et cela marche aussi pour l’intérieur original qui casse un peu l’impression de copier-coller des véhicules récents.

Face à elle, l’ID. Polo joue une carte beaucoup plus classique. Avec ses 4,05 mètres, sa posture râblée et ses clins d’œil à la Golf, la citadine allemande ne cherche pas à faire le spectacle, mais elle mise sur une recette qui marche depuis des années dans le groupe. Elle privilégie la discrétion, la simplicité et un style intemporel « passe-partout ». Une approche plus sage qui rassurera ceux qui ne veulent pas attirer tous les regards à chaque feu rouge.

Visuellement, c’est la victoire du coup de cœur pour la Renault 5.
Habitabilité : l’ID. Polo met la R5 K.O.
C’est ici que la physique pragmatique rattrape le charme de la Française. Avec 13 centimètres de plus en longueur (4,05 m contre 3,92 m pour la R5), l’ID. Polo exploite à merveille l’architecture de sa plateforme MEB+. Sur deux points, l’Allemande plie le match :
- Places arrière : Alors que les grands gabarits se sentent vite à l’étroit à l’arrière de la R5, surtout si le conducteur lui aussi dépasse la moyenne (espace aux jambes et garde au toit limités), l’ID. Polo accueille confortablement deux adultes aux places arrière.
- Le coffre : L’écart est important. L’ID. Polo propose 441 litres de volume de chargement (1 240 litres banquette rabattue), contre 326 litres pour la R5. Pour les jeunes familles ou les départs en week-end, la VW gagne haut la main.

Ergonomie à bord : la guerre des commodos
En s’installant au volant, la différence de philosophie saute aux yeux. D’un côté, Renault a misé sur une ambiance plus originale, mais s’est un peu pris les pieds dans le tapis sur l’agencement des commandes, même si l’on s’y habitue dans un usage quotidien. Côté droit du volant, la R5 accumule en effet trois leviers distincts : le sélecteur de vitesse, le commodo d’essuie-glaces et le traditionnel satellite audio. Sur les versions plus récentes de la R5, des palettes au volant se sont également ajoutées pour le freinage régénératif. C’est donc un environnement assez chargé, presque rococo, tant il y a abondance.

De son côté, Volkswagen a retenu la leçon de ses erreurs passées du tout-tactile et mise sur un environnement simplifié. Deux commodos, des boutons physiques sur le volant et sur la console centrale pour commander la climatisation ou le volume de la musique : c’est finalement tout ce que l’on demande. L’ergonomie est quasi idéale.
Sur le plan de la prise en main et de la simplicité d’utilisation au quotidien, l’Allemande bat la Française.

Technologies et aides à la conduite : un point plus difficile à trancher
Sur le volet de la technologie et du logiciel, le duel n’est pas si facile à trancher qu’il n’y paraît.
Chez Renault, le système OpenR Link sur base Google Automotive reste une référence absolue sur le marché. Fluidité, intégration native de Google Maps avec un planificateur de charge précis, catalogue d’applications complet : l’écosystème de la R5 est un régal à utiliser. Renault enfonce le clou sur le plan pratique grâce à son My Safety Switch (autrement appelé « bouton magique »), qui permet de couper en deux clics certaines alertes obligatoires (GSR2) au démarrage. Un bonheur absolu au quotidien.
Chez Volkswagen, l’ID. Polo refait une grande partie de son retard logiciel. L’écran de 12,9 pouces est réactif et le mode « rétro » apporte une vraie touche de fun. C’est surtout du côté des aides à la conduite (ADAS) que VW prend un léger avantage : son système Connected Travel Assist (avec lecture des feux et conduite semi-autonome) s’avère un ton au-dessus en matière de douceur et de précision sur voie rapide. Mais il s’agit d’une option. Il y a aussi un raccourci sur l’écran pour choisir ses alertes à désactiver, ce n’est pas un « bouton magique », mais pas loin. À vrai dire, je ne désactive même pas ces alertes tant elles sont correctement calibrées.

En résumé : la R5 gagne la bataille de l’infodivertissement connecté et de la simplicité de déconnexion des aides, mais l’ID. Polo réplique avec des aides à la conduite un peu plus pointues. Match nul.
Comportement routier : nouveau match nul au sommet
Sur la route, difficile de les départager fermement. Le plaisir de conduite est au rendez-vous des deux côtés avec des approches un peu différentes.
La Renault 5 brille par sa légèreté ressentie, son train avant incisif et un toucher de route typiquement français qui donne le sourire en enchaînant les virages. L’ID. Polo, fort de sa motorisation allant jusqu’à 211 ch (155 kW) pour la version testée, offre de bonnes relances et un amortissement ferme, mais parfaitement verrouillé.

Les deux citadines filtrent très bien les irrégularités urbaines, elles peuvent proposer la conduite à une pédale et s’insèrent sur autoroute sans le moindre complexe. Un match nul pour le moment. Il faudrait pouvoir comparer les deux modèles l’un après l’autre sur la même route pour les départager.
Match des fiches techniques : un match qui s’est resserré sur l’entrée de gamme
Récemment encore, le choix du premier prix ne laissait aucun doute : c’était la Volkswagen ID. Polo qui proposait la meilleure offre. Mais en corrigeant le plus gros défaut de sa version d’accès Five (son absence de recharge rapide), Renault a totalement rebattu les cartes.
- Renault 5 Five (24 990 €) : Moteur de 110 ch, batterie LFP de 36,5 kWh (305 km WLTP) et recharge rapide DC 80 kW désormais de série. Une refonte qui ne cantonne plus cette version à du trajet pendulaire (boulot-dodo).
- Volkswagen ID. Polo Trend (24 995 €) : Moteur de 116 ch, batterie LFP de 37 kWh (323 km WLTP) et recharge rapide DC 88 kW (10 à 80 % en 23 minutes).
L’arrivée du connecteur rapide sur la R5 Five transforme ce duel en véritable match serré. À 5 euros d’écart, les deux propositions deviennent enfin comparables et crédibles.
Sur les versions haut de gamme, l’écart se creuse un peu plus :
- Renault 5 Techno (52 kWh) à partir de 33 990 € : 150 ch, 430 km d’autonomie WLTP, charge DC 100 kW, présentation très chic et système Google natif.
- Volkswagen ID. Polo Life (52 kWh) à partir de 35 820 € : 211 ch, 453 km d’autonomie WLTP, charge DC 105 kW, habitabilité nettement supérieure et performances d’une petite GTi (avant même l’arrivée de la version GTi).

Sur le haut du panier, la frontière est plus nette : la R5 mise sur son charme irrésistible et son interface logicielle Google imbattable, mais ses performances sont plus limitées. L’ID. Polo réplique de son côté par sa cavalerie de 211 ch, sa recharge plus rapide (car VW sous-estime les chiffres communiqués) et son autonomie légèrement supérieure. En revanche, l’ID. Polo dans sa finition la plus haute flirte avec les 40 000 €, et ça, c’est un carton rouge.
Et la gagnante est …
Alors, laquelle choisir ? La réponse dépend fondamentalement de votre grille de lecture. Si vous cherchez un objet de désir, un coup de cœur visuel pétillant et un jouet urbain ultra-connecté sous Google, la Renault 5 E-Tech conserve une longueur d’avance dans mon cœur.
Mais si la raison l’emporte, la Volkswagen ID. Polo s’impose comme un choix plus pragmatique. Plus habitable, dotée de bonnes caractéristiques et bien équipée dès la version de base à 25 000 €, l’Allemande s’affirme comme la citadine la plus accomplie pour affronter tous les usages du quotidien. Un vrai duel de géantes !
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