L’usure prématurée de la batterie haute tension fait partie des craintes régulièrement citées concernant la voiture électrique, notamment lorsqu’il s’agit d’acheter un véhicule d’occasion. Malgré les témoignages d’utilisateurs, l’idée reçue persiste. Une nouvelle étude réalisée par Arval sur 24 000 véhicules montre que la réalité technique est bien plus rassurante que la légende urbaine : à 160 000 km, la santé des batteries dépasse encore les 90 %.
En tant qu’acteur majeur dans la location longue durée, Arval a tout intérêt à rassurer les acheteurs de véhicules électriques de seconde main. L’entreprise le fait déjà en fournissant à la revente les certificats de State of Health (SoH) qui informent de l’état de santé de la batterie de ses véhicules. Pour dissiper ces impressions, Arval avait déjà réalisé cet exercice de transparence sur une partie des certificats édités en 2025, un peu plus de 8 000 véhicules. L’entreprise reproduit l’expérience cette année avec un panel plus large de 24 000 unités.
Une dégradation lente loin de la « batterie jetable » critiquée
L’analyse de ces 24 000 certificats, issus de véhicules circulant dans 11 pays européens, permet de dégager une courbe de vieillissement bien loin des scénarios catastrophes. Il convient néanmoins de préciser qu’un tiers de ces véhicules étaient des hybrides PHEV dont la batterie ne subit pas tout à fait le même usage que celle d’une voiture électrique. Les chiffres d’Arval montrent une dégradation qui, après une légère baisse initiale, devient extrêmement stable : environ 1 % de capacité perdue tous les 25 000 km.

Deux chiffres sont mis en avant par l’étude :
- À 70 000 km : la batterie affiche encore 93 % de sa capacité initiale en moyenne.
- À 160 000 km (ou après 6 ans d’usage) : le fameux State of Health (SoH) se maintient au-dessus des 90 %.
Pour un acheteur d’occasion, cela signifie que même une voiture ayant déjà bien roulé dispose d’un potentiel de longévité largement supérieur aux besoins quotidiens, tordant ainsi le cou à l’image de la batterie « jetable ». Il convient toujours d’être prudent avec les chiffres annoncés : il manque quelques informations pour juger pleinement des résultats, mais ils donnent néanmoins un ordre de grandeur crédible.
Une différence entre les générations d’électriques
Un autre enseignement se dégage également de cette étude. Il concerne l’évolution technologique des batteries vis-à-vis de la dégradation. Les progrès réalisés sur la chimie des cellules, mais aussi sur les systèmes de refroidissement et de gestion d’énergie (BMS) se reflètent dans la durée de vie des batteries.
Arval note que les véhicules de conception plus récente affichent un état de santé 2 à 3 points plus élevé que les modèles plus anciens à kilométrage équivalent. Cette fiabilité accrue suggère que le marché de l’occasion sera de plus en plus serein à mesure que les parcs de véhicules se renouvellent.
Ce sera un indicateur à suivre sur les prochaines années, car le mode de recharge (charge lente AC ou rapide DC) a souvent été pointé du doigt pour affecter les batteries. La multiplication des stations rapides et leur usage plus fréquent auraient pu accélérer la dégradation sur les véhicules récents. Ce n’est pas ce que souligne l’étude. Toutefois, ni les marques des véhicules, ni le type de chimie des batteries, ni le mode de recharge le plus fréquent ne sont spécifiés. Les résultats restent donc un peu génériques pour en tirer de vrais enseignements.
Vers plus de transparence dès 2027
Si Arval prend les devants en s’associant à des organismes indépendants comme Moba ou Aviloo pour certifier ses batteries, cette pratique est amenée à devenir la norme légale. Dès 2027, un affichage au tableau de bord (ou écran central) devra indiquer l’état de santé de la batterie au conducteur. Il sera basé sur un indicateur standardisé nommé SOCE ou State of Certified Energy (état de santé de la batterie certifié).

Un document numérique nommé « passeport batterie » suivra également chaque batterie pour retracer son historique et sa capacité réelle. Cela garantira une transaction fiable entre particuliers comme pour les professionnels.
Les choses évoluent dans le bon sens. Et en attendant ces nouvelles obligations, les données d’études comme celle d’Arval confirment une chose : sur la question de la durabilité, la batterie électrique est en train de gagner son combat contre les préjugés.
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