Le gazole a battu son record historique le 20 septembre, à près de 2,41 euros le litre en moyenne d’après les prix déclarés par les stations sur le site du ministère de l’Économie (le sommet d’avril, 2,38 euros, était déjà tombé le 18 septembre). Le SP95-E10 tourne autour de 2,17 euros. Les prix grimpent depuis les frappes américano-israéliennes sur l’Iran, le 28 février.
Certes, TotalEnergies plafonne de nouveau ses prix depuis le 22 juillet dans ses stations de l’Hexagone (1,99 euro le litre pour l’essence, 2,25 euros pour le gazole), sans date de fin annoncée. Son PDG, Patrick Pouyanné, a promis le 29 août de le maintenir « tant que le conflit durera » au Moyen-Orient. Mais, contrairement à 2022, l’État n’accorde aucune remise générale à la pompe.
Au prix moyen, un plein de 50 litres de gazole revient ainsi à environ 120 euros.
À la place d’une remise générale, l’État mise sur des aides ciblées. Ce mardi 22 septembre, le gouvernement a renouvelé pour octobre, novembre et décembre l’indemnité de 100 euros destinée aux travailleurs dits « grands rouleurs », salariés ou indépendants qui utilisent beaucoup leur véhicule personnel pour le travail.
Le versement est automatique pour ceux qui l’ont déjà touchée cette année ; les autres doivent faire leur demande sur impots.gouv.fr.
Connaître le prix du carburant par station
Dès lors, pourquoi ne pas faire jouer la concurrence entre les stations ? Un site officiel, prix-carburants.gouv.fr, indique justement le prix du carburant station par station. Vous y trouverez une carte des stations, avec les carburants vendus dans chacune : gazole, sans plomb 95, sans plomb 98, etc.
Le site fournit un utilitaire assez bien pensé : vous pouvez afficher les stations qui se trouvent sur votre itinéraire – il vous faudra renseigner votre point de départ et votre lieu d’arrivée. D’autres filtres permettent par exemple de repérer les stations équipées de bornes électriques, d’une laverie, de toilettes, etc.

Cette carte vous permet de savoir où aller, plutôt que d’avoir à chercher vous-même et de parcourir inutilement des kilomètres sans certitude. En principe, les indications sur le site sont fiables. Elles sont mises à jour par les gérants des points de vente dès qu’elles font l’objet d’un changement. Ils n’ont pas vraiment le choix.
Un arrêté du 12 décembre 2006 oblige toute station ayant vendu au moins 500 mètres cubes de carburant dans l’année (soit 500 000 litres) à déclarer ses prix. La répression des fraudes (DGCCRF) contrôle, amende à la clé.
Les plus petites stations, souvent situées en zone rurale, n’ont pas cette obligation. Elles peuvent déclarer leurs prix volontairement ; sinon, elles n’apparaissent pas sur la carte.
Le site recense aussi une limite : si une station affiche un prix périmé, ou n’apparaît pas alors qu’elle devrait, une page de contact permet de la signaler aux autorités.
Bien sûr, un tel service est surtout pertinent en ville et dans les agglomérations de grande taille, là où les stations sont assez nombreuses pour passer de l’une à l’autre sans grand détour. Il serait absurde de faire des kilomètres pour économiser 3 centimes par litre, soit 1,50 euro sur un plein de 50 litres : avec une voiture qui consomme 6 litres aux 100 kilomètres, un détour d’une dizaine de kilomètres suffit à effacer ce gain.
L’écart est plus net avec les stations TotalEnergies, qui représentent environ 20 % des stations du pays. Le gazole y est plafonné à 2,25 euros, contre 2,41 euros en moyenne le 20 septembre. Cela fait 16 centimes par litre, soit environ 8 euros sur un plein de 50 litres. La carte permet justement de repérer la station du groupe la plus proche.

Il existe certes des applications et des sites web qui proposent un service similaire à la plateforme gouvernementale – libre à vous de leur donner une chance. Elles peuvent d’ailleurs réutiliser ses données, que l’État publie en accès libre (open data).
Le site de l’État est en ligne depuis janvier 2007 : on en parlait déjà au printemps 2012. Mais près de vingt ans après son ouverture, tout le monde ne connaît pas son existence, alors qu’il permet de payer un peu moins cher son carburant.
Si vous voulez payer moins, d’autres solutions existent. Il y a tout d’abord l’écoconduite, qui peut réduire la consommation de carburant. Limiter la climatisation aide aussi. Le covoiturage permet, lui, de partager la note. On peut aussi, et c’est plus coûteux, changer de véhicule pour un modèle moins volumineux. Ou alors, passer à la voiture électrique.
Il y a enfin le vélo électrique, pour les trajets courts.
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