Sony ose un design 100 % inédit avec les écouteurs LinkBuds. Confortables et dotés d’une structure très ouverte, ils constituent une proposition étonnante pour une cible qui, peut-être, n’existe pas encore.

Si vous regardez le catalogue audio de Sony, vous n’y verrez que des noms étranges mélangeant des mots et des lettres sans trop de sens. Le meilleur exemple ? Les WF-1000XM4, aka des écouteurs sans fil dotés d’une réduction de bruit active. Pour son nouveau produit officialisé le 15 février 2022 (que Numerama a déjà pu essayer), Sony a fait un effort : voici les LinkBuds, inscrits dans le milieu de gamme.

Les LinkBuds (ou WF-L900) s’affirment comme des écouteurs au design étonnant qui font l’impasse sur des fonctionnalités clés (pas de réduction de bruit active, pas de recharge sans fil). Avec eux, Sony vise une cible étrange : celles et ceux qui ne veulent pas forcément être plongés à 100 % dans leur musique. Le hic ? La multinationale facture cette innovation au prix fort : à 200 €, les LinkBuds partent déjà avec un handicap sur le marché copieux des écouteurs sans fil.

Les écouteurs Sony LinkBuds
Les écouteurs Sony LinkBuds. // Source : Maxime Claudel

Un design vraiment atypique

Vous n’allez certainement pas en croire vos yeux quand vous découvrirez les LinkBuds pour la première fois. Il faut avouer que le design choisi par Sony n’a strictement rien à voir avec ce qu’on a l’habitude de croiser sur le marché des écouteurs sans fil. Il est d’ailleurs étonnant de voir la firme nippone, loin d’être la plus audacieuse, se lancer dans un projet excentrique. Les LinkBuds s’appuient donc sur deux petits cercles collés, avec l’un d’eux surmonté d’une protubérance pensée pour accueillir les composants et aider au maintien dans l’oreille. L’autre est percé et sert d’ouverture pour le canal auditif. Pourquoi cette conception ? Tout simplement pour proposer le format le plus ouvert possible.

Le format le plus ouvert possible

Les LinkBuds sont des écouteurs ultra compacts, avec une taille 51 % inférieure à celle des WF-1000XM4 (le haut du panier dans le catalogue), et très légers (4,1 grammes sur la balance). Ils sont fabriqués à partir d’un plastique recyclé, mélangé avec de la pierre. Ce mariage de matériaux confère un aspect naturel aux LinkBuds — qu’on ne qualifiera pas de jolis. Il offre un toucher tout à la fois doux et rêche, ce qui peut surprendre, et un rendu moucheté.

Les écouteurs sont bien évidemment livrés dans un boîtier dont le principal argument, là encore, est d’être petit pour se glisser facilement dans une poche. Autre distinction : le capot s’ouvre avec un bouton, ce qui n’est pas toujours pratique à l’usage, surtout quand on veut utiliser une seule main. En effet, la partie inférieure du boîtier n’est pas suffisamment épaisse pour garantir une ergonomie optimale.

Le bouton d’ouverture sur le boîtier des écouteurs Sony LinkBuds
Le bouton d’ouverture sur le boîtier des écouteurs Sony LinkBuds. // Source : Maxime Claudel

Le savoir-faire Sony

En termes de connectivité, les LinkBuds répondent parfaitement aux attentes. Nous sommes en 2022 et l’installation est simple comme bonjour — que vous soyez un utilisateur Android ou iOS. Il existe bien évidemment une application pour se faciliter encore plus la vie. Elle concentre toutes les informations essentielles, comme l’autonomie restante, sans oublier la possibilité de télécharger des mises à jour.

Les LinkBuds sont équipés d’une zone tactile pour autoriser certaines commandes. Par défaut, les deux oreillettes sont configurées de la même façon : taper deux fois pour gérer la lecture et taper trois fois pour passer au morceau suivant. Depuis l’application, on peut indépendamment configurer les deux écouteurs en choisissant un lot de commandes figées :

Taper deux foisTaper trois fois
Commande de lectureLire/pauseMorceau suivant
Commande du volumeAugmenterBaisser
Sélectionner morceauSuivantPrécédent
Fonction d’assistance vocaleLancer l’assistanceCouper l’assistant
Quick Access SpotifyLire la dernière playlistRien

Vous l’aurez compris, il va falloir faire des choix pour les raccourcis à attribuer. Par exemple, il faudra se priver du retour en arrière si vous décidez de confier la lecture à l’oreillette droite et le volume à la gauche. Bien sûr, vous pourrez toujours passer par votre appareil de lecture pour tout gérer. Notez qu’aucune commande ne peut être déclenchée en tapotant une seule fois, ce qui permet d’éviter les actions non voulues (par exemple en effleurant une zone tactile).

Habituellement, on apprécie moyennent d’avoir à taper sur un objet enfoncé dans l’oreille. Mais Sony a trouvé une petite parade : il suffit de viser un peu à côté pour déclencher la commande (l’écouteur capte les vibrations). Vous pouvez par exemple tapoter votre tragus, ce qui est moins douloureux.

L’extérieur des écouteurs Sony LinkBuds
L’extérieur des écouteurs Sony LinkBuds. // Source : Maxime Claudel

Un confort difficile à égaler

Avec les LinkBuds, Sony vise un public très précis : celles et ceux qui veulent rester au contact de leur environnement tout en écoutant de la musique. Cette approche doit se matérialiser par un confort irréprochable : on doit oublier qu’on porte les LinkBuds et… c’est le cas. Malgré une forme vraiment inédite, force est de reconnaître que les écouteurs n’occasionnent aucune gêne. La légèreté doit beaucoup jouer, tout comme le fait qu’ils ne soient pas des intra. En prime, ils tiennent parfaitement et, par ricochet, peuvent convenir à une sportive ou à un sportif (ils sont pourvus d’une certification IPX4 pour la résistance aux éclaboussures et à la transpiration).

Le design atypique des LinkBuds les prive d’embouts en silicone. À la place, ils sont livrés avec ce que Sony appelle un arc de stabilisation. Il vient s’insérer dans le creux de la conque. Cinq tailles sont fournies : XS, S, M, L et XL.

L’intérieur des écouteurs Sony LinkBuds
L’intérieur des écouteurs Sony LinkBuds. // Source : Maxime Claudel

Un son étonnant, mais limité

Sony assume la conception ouverte des LinkBuds. Mais elle a nécessairement des limites sur plusieurs points, à commencer par une absence de réduction de bruit efficace (qu’elle soit passive ou active). C’est déjà un point à garder en tête au moment de presser le bouton lecture. Pour pallier au mieux ce défaut qui pourra être rédhibitoire aux oreilles de certains, Sony a intégré le processeur V1 dans ses LinkBuds — soit celui qui équipe les WF-1000XM4, des écouteurs qui sont considérés comme des références. Sauf qu’ici, le V1 n’a pas à gérer une réduction de bruit active et se concentre uniquement sur le son.

Sony ne vise pas les puristes de l’acoustique

Il y a tout à craindre du rendu audio des LinkBuds, en raison de tous ces bruits extérieurs qui sont plus difficilement filtrés. Ils parviennent quand même à assurer une qualité d’écoute suffisamment convaincante pour satisfaire les personnes les moins exigeantes — grâce au savoir-faire de Sony en la matière. Globalement, la signature audio est un peu grossière, avec des basses en retrait, un manque de détails et des aigus qui trahissent un peu tantinet l’équilibre. On trouve nettement mieux dans cette gamme de prix, voire pour deux fois moins cher (par exemple, les Ear(1)). Vous pourrez toujours jouer sur l’égaliseur pour ajuster un peu plus à votre convenance.

Néanmoins, il faut se rappeler que Sony ne vise pas les puristes de l’acoustique avec ces LinkBuds. En ce sens, ce rendu limité fait honneur à la philosophie du produit : pour qui voudrait n’avoir qu’une sorte d’ambiance de fond en travaillant, ces écouteurs feront amplement l’affaire. Ce public existe-t-il vraiment ? Là est la question.

Le boîtier des écouteurs Sony LinkBuds
Le boîtier des écouteurs Sony LinkBuds. // Source : Maxime Claudel

Autonomie sans plus

Les LinkBuds ne proposent qu’un peu plus de 5 heures d’autonomie en une seule charge, ce qui est peu à l’heure actuelle. Le boîtier peut fournir jusqu’à deux charges supplémentaires, ce qui porte l’autonomie totale à environ 17 heures. Autre détail décevant : il n’y a pas de compatibilité avec la recharge sans fil.

Le verdict

Les LinkBuds de Sony sont loin d’être des écouteurs inintéressants. Bien au contraire : leur design atypique est en réalité très réussi, aussi bien en termes d’ergonomie que de confort. Très plaisants à porter, les LinkBuds font le strict minimum en matière de fonctionnalités poussées. Et c’est là où leur tarif élevé (200 €) devient problématique. Le marché regorge aujourd’hui de multiples références mieux pourvues, et moins chères. D’autant que le design très ouvert a forcément une incidence sur le rendu sonore, loin d’être irréprochable.
Sony s’adresse finalement à une cible qui, peut-être, n’existe pas encore. Les LinkBuds ont du potentiel, mais il faudra une baisse de prix, voire une deuxième génération plus peaufinée, pour que ce choix audacieux du constructeur nippon paie.