Tissu bio-imprimé, exosquelette, capteurs électronique... les combinaisons des nageuses et nageurs pro ressemblent de plus en plus à celles des superhéros.

Il tient plus de la combi de superhéros que du costume de plage, mais le FastSkin 4.0 de Speedo est bien à ranger dans la catégorie maillot de bain. Comme le révèle Gizmodo, le fabricant spécialisé dans les équipements de piscine a dévoilé le 16 juin un concept qui montre l’évolution prévue pour sa ligne FastSkin — qui s’adresse aux nageuses et nageurs professionnels. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a plus grand-chose en commun avec nos maillots de plage bariolés.

Speedo utilise en effet des technologies de pointe pour aider les nageurs professionnels à avancer plus vite. Si la forme et l’entraînement des athlètes restent bien sûr les principaux facteurs de réussite ou d’échec, certaines techniques peuvent influencer significativement leur rapidité.

Source : Capture vidéo Speedo / Gizmodo

Un maillot de bain imprimé en 3D

En 2009, les instances sportives ont par exemple banni les combinaisons 100 % polyuréthane accusées de constituer une forme de dopage technologique. Ces maillots innovants avaient, il est vrai, bouleversé la discipline : une centaine de records avaient été battus après leur apparition sur le marché.

Le FastSkin 4.0 qu’a présenté Speedo hier n’est qu’un concept de ce que la société prévoit de développer d’ici 2040. Il donne toutefois un bon aperçu des technologies que la firme développe.

Pour commencer, Speedo mise sur des combinaisons imprimées en 3D après un scan complet de la personne qui le portera. L’objectif est que le maillot épouse, au micromètre près, chaque muscle de la nageuse ou du nageur. Un maillot aussi ajusté risquerait évidemment de s’avérer fastidieux à enfiler. Speedo a cependant prévu une fonction « Adapative Smart Lock Seal » qui permettra de fermer et d’ouvrir facilement la combinaison, en modifiant le degré de compression au niveau du cou, des poignets et des hanches.

Speedo mise également sur des « Shark Skin 4.0 Boosters » soit, concrètement un design et des textures inspirées de la peau de requin qui vont faciliter l’écoulement de l’eau loin du maillot et augmenter l’effet de propulsion de chaque geste effectué par les nageuses et nageurs.

La texture d’un ventre de baleine

Les zones du maillot recouvrant les parties du corps les plus charnues (les « Dynamic Flow Zones ») seront composées, quant à elles, d’une matière reproduisant la texture d’un ventre de baleine afin d’optimiser le déplacement des athlètes dans l’eau. Un composant du maillot appelé Core Reactor ajustera également la flottabilité de l’ensemble en fonction de la posture de la personne dans l’eau.

Le FastSkin 4.0 sera doté d’un exosquelette intégré, qui aura pour rôle d’accompagner de manière optimale le nageur dans ses mouvements d’extension ou de contraction. Plus surprenant encore, le tissu du maillot devrait être composé de matière produite par des bactéries génétiquement modifiées. Ces petites « mutantes » ne sont cependant pas là pour donner des super-pouvoirs aux porteurs. L’intérêt d’utiliser ce procédé est que le tissu ainsi fabriqué devrait être biodégradable à 80 % et également plus facile à réparer.

Des stimulations haptiques pour guider les athlètes

Le tissu du FastSkin 4.0 devrait être à même d’exploiter l’énergie cinétique du nageur afin d’alimenter divers composants notamment des microcapteurs et une IA de coaching en temps réel. Les capteurs vont notamment monitorer certaines constantes des athlètes (saturation en oxygène, degré d’hydratation, etc.) afin de s’assurer qu’ils sont dans l’état optimal juste avant de monter sur le plot de départ.

Les capteurs sont également censés étudier les postures et le rythme des nageurs afin de prodiguer des recommandations pendant la course, via des stimulations haptiques. Une fois la compétition terminée, les capteurs fourniront aux athlètes des données sur leur état (niveau de lactate, etc.) afin d’optimiser leur processus de récupération.

D’après Speedo, le FastSkin 4.0 pourrait améliorer les temps de sprint de 4 %, ce qui est énorme dans le domaine de la compétition sportive où une seconde peut faire la différence. Selon la société, son maillot futuriste permettra de faire passer le record de 800 mètres nage libre féminin sous la barre de 8 minutes et le 50 mètres nage libre chez les hommes sous celles des 19 secondes.

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