Internet Explorer va mourir l’année prochaine. Si le navigateur de Microsoft est devenu au fil des années un réservoir sans fond de blagues et de mèmes en tout genre, dans les années 90/2000 le logiciel de Microsoft était ultra-dominant et critiqué de toute part.

C’est désormais officiel, Internet Explorer va tirer sa révérence à partir de la mi-2022. Remplacé depuis longtemps par Microsoft Edge, le navigateur au e bleu ne sera plus embarqué dans la plupart des versions de Windows à partir du 15 juin 2022. Une fin tardive pour un logiciel qui a longtemps fait souffrir le web.

Officiellement né le 16 aout 1995, Internet Explorer a été pensé à la base comme un concurrent de Netscape, le navigateur internet dominant de l’époque. En embarquant nativement un navigateur web dans Windows, Microsoft grignote très rapidement des parts de marché dans le secteur et éclipse en quelques années Netscape qui ne survivra pas à la « guerre des navigateurs » de la fin des années 90.

Une domination néfaste pour le web

Internet Explorer devient alors rapidement hégémonique grâce à des pratiques commerciales douteuses (qui vaudra à l’entreprise des problèmes en Europe) et la position dominante de Windows sur le marché des systèmes d’exploitation. En 2002, Internet Explorer (toutes versions confondues) atteint 95 % de parts de marché. Sans réelle concurrence, le navigateur fait du sur place pendant de nombreuses années et n’évolue que très peu, au grand dam des développeurs et développeuses web de tout bord qui accusent Microsoft de ralentir l’avancée du web.

La version 6.0 du logiciel qui était livré avec Windows XP à partir de 2001 est pointée du doigt comme un boulet pour l’internet mondial. Le logiciel souffre de problèmes de sécurité récurrents et respecte très mal les standards édictés par le consortium W3C, en charge de l’harmonisation du web. Alors que de petits acteurs comme Firefox ou Opera tentent d’innover tout en respectant les standards de l’époque, Internet Explorer oblige les équipes de développement à régulièrement concevoir des versions alternatives de leurs sites, juste pour Internet Explorer qui possède une manière bien à lui d’interpréter les différents langages de programmation web.

Wikipédia sur Internet Explorer 6 // Source : Wikimedia Commons (CC-by-sa 3.0)

Ces nombreux problèmes valent à IE6 une place dans la liste des pires logiciels de tous les temps éditée par PCWorld en 2006. « Internet Explorer 6 est peut-être le logiciel le moins sécurisé de la planète » écrit alors le magazine. L’immense succès de Windows XP et la durée de vie exceptionnellement longue de l’OS font en plus durer les souffrances des fabricants de sites internet qui 8 ans après sa naissance se battaient encore pour éliminer IE6 de la surface du web.

IE7 et l’oubli

Sous la pression de Firefox qui gagne rapidement des parts de marché, Microsoft consent à faire évoluer son navigateur en 2005 et présente Internet Explorer 7 qui apporte entre autres le support de la navigation par onglet ou des protections contre le hameçonnage. Des fonctionnalités présentent depuis bien longtemps chez la concurrence. Cette version améliore également la prise en charge des standards du W3C même si la situation est encore loin d’être parfaite.

Cette réputation désastreuse permettra cependant à Firefox d’engranger des parts de marché en tant que navigateur plus rapide, plus sécurisé et plus respectueux du web. Ce sera ensuite au tour de Google Chrome de s’imposer. Aujourd’hui, le navigateur de Google capte 65 % des parts de marché et Internet Explorer s’est fait oublier. Beau joueur, le compte Twitter de Firefox a quand même rendu un bel hommage à son concurrent historique.

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