Pour empêcher les braconniers de nuire en Afrique, une coalition s'est formée autour de TrailGuard AI. Il s'agit de caméras miniatures chargées de repérer les chasseurs, grâce aux algorithmes d'intelligence artificielle et de reconnaissance de formes.

Les avancées technologiques peuvent-elles venir au secours des espèces menacées ? En tout cas, les projets mobilisant les dernières innovations high-tech pour aider les animaux en détresse ne manquent pas. Reconnaissance faciale sur les primates vulnérables, impression 3D pour soigner des bêtes blessées, drones et algorithmes d’intelligence artificielle pour combattre le braconnage

TrailGuard AI
Une caméra TrailGuard AI. // Source : Intel

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’initiative de l’ONG Resolve. Celle-ci propose un système de caméra de sécurité destiné à venir en aide aux espèces vulnérables. Avec l’appui d’algorithmes d’intelligence artificielle, le dispositif reposant sur une caméra, appelé TrailGuard AI, a pour ambition d’empêcher les braconniers d’agir, en alertant assez tôt les gardes forestiers pour qu’ils les interceptent.

L’idée est ambitieuse : il s’agit donc d’intercepter les braconniers avant qu’ils aient commis leurs méfaits. Pour cela, TrailGuard AI s’appuie sur le processeur Movidius Myriad 2, conçu par Intel. L’appareil est spécialisé dans le traitement de la vision. Avec l’appui d’algorithmes de réseaux neuronaux profonds, TrailGuard AI peut ainsi reconnaître des humains et des véhicules avec un haut degré de précision.

Une caméra discrète et performante

TrailGuard AI détection
Un exemple de détection. // Source : Resolv

Les caméras TrailGuard AI sont indétectables, en pratique : l’appareil a les dimensions d’un stylo, ce qui lui permet d’être facilement caché dans n’importe quel parc où vivent les animaux. Ni eux ni les braconniers ne seront en mesure de les repérer, en tout cas sans tomber dessus par hasard. Il devient alors très simple de disposer ces appareils là où le souhaite — le long d’une branche par exemple.

D’après Intel, chaque mini-caméra est capable d’opérer pendant un an et demi sans avoir besoin d’être rechargée. Cette très longue durée de vie est en partie rendue possible par une capacité plus fine de détection, qui évite les faux positifs et donc des activités inutiles, ainsi que par une optimisation de la consommation énergétique. Auparavant, le système devait être changé toutes les quatre à six semaines.

Cette longue durée de fonctionnement a quelques avantages : les gardes forestiers ne sont plus contraints de relever régulièrement le matériel pour remplacer la batterie ou placer une nouvelle caméra. Ils peuvent ainsi occuper leurs journées à d’autres tâches. En outre, moins d’activité humaine autour des spots de surveillance veut dire aussi moins de risque que ces derniers soient repérés.

100 parcs africains en bénéficieront

2019 sera l’année du déploiement de cette nouvelle caméra high-tech. Cela se fera avec le concours de plusieurs partenaires, comme la National Geographic Society, une organisation scientifique américaine. Cent réserves africaines sont concernées, avec pour commencer les parcs nationaux du Serengeti et de la Garamba. Une extension en Asie du sud-est et en Amérique du sud est aussi envisagée.

Et si les caméras TrailGuard AI ne pourront pas à elles seules mettre fin au braconnage des espèces, leur emploi contribuera un peu plus à combattre ce phénomène. En particulier si cette approche est combinée avec d’autres stratégies.

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