Un an et demi après la suppression des frais d'itinérance, une enquête européenne fait le constat que les voyageurs européens profitent davantage de leur mobile à l'étranger.

C’est une excellente nouvelle pour celles et ceux qui se déplacent régulièrement dans l’Union européenne. Depuis le 15 juin 2017, les frais d’itinérance ont disparu. En clair, cela signifie que le surcoût qu’il fallait payer pour utiliser son smartphone à l’étranger a disparu. Résultat : les appels passés d’un pays à un autre coûtent moins chers, voire sont gratuits, en fonction de ce qui est prévu dans le forfait.

Mais cette réforme des télécoms profite-t-elle concrètement aux mobinautes ? Des premiers éléments de réponse avaient été donnés mi-juin par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes. En se basant sur le volume des signalements relatifs aux services d’itinérance et sur un baromètre du Crédoc, il a pu être constaté que la fin des frais d’itinérance profite aux Français.

« Le trafic de téléphonie comme le nombre de SMS émis en itinérance a augmenté d’environ 40 % au deuxième semestre 2017, par rapport à au deuxième semestre 2016 », écrit le régulateur, citant les observations du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie. Pour la consommation de données, elle a presque été multipliée par 4 sur cette même période.

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26 000 Européens interrogés

Ces constats, conscrits au marché français, se retrouvent aussi au niveau européen. C’est en tout cas ce qui ressort d’un sondage Eurobaromètre, réalisé par téléphone au mois de mai 2018 et dont les conclusions sont partagées ce vendredi 14 décembre 2018. Conduit auprès de 26 000 personnes âgées de quinze ans ou plus, il montre que cette fin des frais d’itinérance a libéré les usages.

Parmi quelques statistiques mises en avant par la Commission européenne figurent la hausse du nombre de personnes naviguant sur Internet aussi souvent en itinérance que dans leur pays d’origine (34 % contre 15 % avant la réforme) et la baisse du nombre de voyageurs n’utilisant jamais les données mobiles à l’étranger (19 % contre 42 % avant la fin des frais d’itinérance).

«  L’utilisation des données mobiles a été multipliée par cinq, en moyenne, par rapport au niveau antérieur au mois de juin 2017. Le nombre d’appels téléphoniques passés par les voyageurs a quasiment doublé par rapport à la période précédente », se félicite l’exécutif européen, qui considère en conséquence que « les Européens ont réellement tiré profit de leurs nouveaux droits numériques ».

« Il est manifeste que les habitudes ont changé », juge la Commission

« Il est manifeste que les habitudes ont changé », ajoute Bruxelles. « Les opérateurs de réseau mobile ont, dans l’ensemble, respecté les nouvelles règles, sous la surveillance étroite des autorités de régulation nationales et de la Commission », ajoute l’exécutif européen. Dans le cas de la France, l’Arcep a expliqué mi-juin que juste 0,2 % des alertes reçues concernaient ce dossier. C’est-à-dire rien.

Dans l’enquête, il était demandé à l’échantillon s’il y a eu un voyage au sein de l’Union au cours des douze derniers, s’il était au courant de la fin des frais de roaming, s’il voit un bénéfice dans cette suppression et s’il utilise les services mobiles lorsqu’il voyage en dehors de l’Union. En outre, on demandait aux personnes ne voyageant pas d’estimer la dépense d’une communication à l’étranger, en itinérance.

Dépense qui d’ailleurs devrait diminuer. Maintenant que le surcoût qu’il fallait payer pour utiliser son mobile à l’étranger a disparu, l’Europe cherche maintenant à réduire le coût des appels et des SMS entre pays de l’Union européenne. Objectif ? Plafonner à hauteur de quelques centimes, 19 pour un appel et 6 pour un texto, la dépense provoquée par une communication à l’étranger.

À lire sur Numerama : Vous voyagez en Europe  ? 5 questions pour comprendre la nouvelle itinérance mobile

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