Les critiques de Tim Cook sur Facebook auraient poussé par Mark Zuckerberg à marginaliser l'iPhone, selon une enquête du New York Times

L’iPhone est-il en voie de marginalisation dans l’entourage de Mark Zuckerberg ? Au détour d’une longue enquête menée par le New York Times plongeant le lecteur dans le cœur du réacteur de Facebook, on découvre que le patron du réseau social américain a ordonné à son équipe de direction de n’utiliser que des smartphones Android.

Officiellement, la raison avancée est que le système d’exploitation de Google est plus répandu que celui développé par Apple — ce qui est vrai. Cette consigne est-elle donc là pour que les cadres dirigeants aient une meilleure perception de l’usage des applis  de l’écosystème Facebook sur Android et prennent donc des décisions éclairées pour leur développement futur ?

Mark Zuckerberg
Mark Zuckerberg. // Source : Alessio Jacona

Une décision dictée par l’émotion ?

En réalité, la motivation première du fondateur du plus gros réseau social au monde aurait été avant tout dictée par l’émotion — et la vexation. Le New York Times replace en effet cette histoire dans une chronologie particulière, celle des allusions récentes de Tim Cook, le patron d’Apple, au sujet du modèle économique du site communautaire, qui n’a rien à voir avec celui de la firme de Cupertino.

Mais Facebook conteste la façon dont les faits sont présentés. Dans un communiqué paru après l’enquête du journal, et qui en conteste plusieurs points, le réseau social explique que cela fait «  longtemps que nous encourageons nos employés et nos dirigeants à utiliser Android car c’est le système d’exploitation le plus populaire au monde ». Il ne s’agirait pas d’une réaction épidermique aux propos de Tim Cook.

Dans un échange avec la chaîne de télévision américaine MSNBC, Tim Cook a déclaré en mars 2018 qu’Apple ne fait pas de business avec la vie privée. « La vie privée est à nos yeux un droit droit de l’homme. C’est une liberté civile ». Le cas contraire « serait une ingérence dans la vie privée ». Or en mars 2018, que s’est-il passé ? Le scandale Cambridge Analytica explosait à la face du monde.

L’étincelle Cambridge Analytica

« Les critiques de M. Cook ont excédé M. Zuckerberg », écrit le New York Times. En fait, ce n’est pas la première fois que le patron d’Apple charge Facebook, mais aussi quelques autres sociétés de la Silicon Valley. Lors d’une cérémonie organisée par une association de défense des libertés numériques, en 2015, Tim Cook s’en prenait déjà au réseau social, mais aussi à Google et Yahoo.

Mais l’affaire de Cambridge Analytica a manifestement occasionné une rupture entre les deux hommes. Il faut dire que Tim Cook s’est montré offensif sur ce dossier, expliquant par exemple être pour un durcissement des règles pour mieux protéger la vie privée en ligne et applaudissant l’Europe pour son Règlement général sur la protection des données — un texte qui cause des difficultés à Facebook.

cambridge analytica AggregateIQ
Cambridge Analytica et AggregateIQ. // Source : Stock Catalog

Mark Zuckerberg riposte

Ce printemps, les deux hommes se sont envoyé des messages par médias interposés, Tim Cook expliquant que son entreprise ne serait jamais dans la même situation que Facebook parce que le choix a été fait de ne pas monétiser de données personnelles. Réponse de Mark Zuckerberg : Tim Cook n’est pas en phase avec la réalité et fait preuve de désinvolture, car l’approche de Facebook n’exclut personne

« Si vous voulez construire un service qui ne soit pas seulement pour les riches, alors vous devez proposer quelque chose que les gens peuvent se permettre. Je ne crois pas que cela signifie que nous ne nous soucions pas des gens », assène Mark Zuckerberg. « Avoir un modèle basé sur la publicité est le seul modèle rationnel qui peut assurer la construction de ce service », d’après lui, en taclant le prix de l’iPhone.

(mise à jour avec le communiqué de Facebook)

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