Un appareil photo à 16 objectifs trop cher pourrait accoucher d'un module pour smartphones à 9 objectifs. Une bonne idée ?

Après plusieurs années de recherche et de développement, l’entreprise Light a enfin commercialisé un appareil photo équipé de 16 caméras. Plutôt que de donner à un seul objectif la tâche de s’adapter à des tas de scènes différentes et à un logiciel celle d’ajuster l’image au mieux, Light fait fonctionner 16 objectifs comparables à ceux que l’on trouve dans les smartphones, souvent de concert, pour obtenir un cliché idéal. L’idée de Light n’est, en théorie, pas mauvaise. En pratique, l’appareil vendu 2 000 € est très irrégulier selon les scènes, extrêmement lent à se déclencher, et souffre de la comparaison avec des compacts pro et de hybrides.

Light L16

Et pourtant, les sites spécialisés ont tous plébiscité la prouesse d’ingénierie de Light. Dès lors, pourquoi ne pas réutiliser ces travaux pour les intégrer à un objet où ils seront naturellement utilisés, c’est-à-dire dans un smartphone ? C’est, d’après le Washington Post, toute l’idée de Light. Alors que Huawei propose 3 capteurs sur son P20 Pro, Light pourrait associer jusqu’à 9 capteurs sur un même smartphone. Et si l’entreprise parvient à rester dans un budget abordable pour un smartphone haut de gamme — autour de 1 000 € –, ce qui n’avait aucune justification sur un appareil photo devient un plus.

Aujourd’hui, le prototype présenté par Light au média américain peut prendre des photos de 64 Mpx, s’en sort remarquablement en basse luminosité et dispose d’un mode portrait avec effet de profondeur. Un smartphone embarquant cette technologie serait présenté avant la fin de l’année 2018, toujours d’après Light.

Les derniers Pixel

L’avantage que l’on y voit, c’est qu’il ne souffrirait plus de la comparaison avec d’excellents appareils photo vendus au même prix, mais rentrerait dans la case des smartphones, moins difficiles à surclasser même s’ils ont fait d’énormes progrès d’année en année. Tout l’enjeu pour Light, ce sera pourtant de faire en sorte que le résultat visible soit vraiment concluant et justifie d’affubler un smartphone de 9 objectifs. À ce petit jeu, un Google a déjà prouvé avec ses Pixel 2 qu’il savait surclasser ou égaler à peu près tous les constructeurs qui ont misé sur des tas d’objectifs, simplement en tirant parti au maximum de celui qu’ils ont choisi.

Réponse avant janvier prochain, si Light tient ses délais.

Partager sur les réseaux sociaux