Amazon espère conquérir le marché français avec trois enceintes connectées, Echo, Echo Dot et Echo Spot. Nous avons testé l'Amazon Echo, un assistant audio aussi utile que frustrant. Voici nos impressions.

Amazon vient d’officialiser l’arrivée de trois de ses enceintes connectées dans l’hexagone, disponibles en pré-commande depuis le 6 juin 2018. L’Amazon Echo et l’Echo Dot (sa version mini) seront expédiées le 13 juin, tandis que l’Echo Spot arrivera le 26 juillet prochain.

Alors que Google a déjà lancé son Google Home en France l’an dernier, et que le HomePod d’Apple sera mis en vente le 18 juin prochain dans l’hexagone, les Françaises et Français auront bientôt le choix entre trois enceintes connectées. Pour vous aider à faire un choix, la rédaction de Numerama vous propose des tests détaillés de ces nouveaux compagnons vocaux.

Photo : Louise Audry

Pendant 10 jours, les trois enceintes en pré-commande sont affichées à moitié prix. L’Amazon Echo, dont nous avons pu essayer la version quasi-finale pendant quelques jours, est donc en promotion à 49,99 euros jusqu’à la fin de la semaine prochaine. Il passera ensuite à 99,99 euros.

Pour ce prix, que vaut l’enceinte connectée d’Amazon, nourrie par son intelligence artificielle Alexa ? Voici notre test, entre bonnes surprises, hésitations et frustration.

Le look : objectif camouflage

Niveau design, Amazon tire clairement son épingle du jeu. Là où Google Home permet uniquement de changer la base de son appareil (mais il faut débourser 24 euros en plus), l’Echo dispose d’un tissu travaillé, qui couvre toute sa surface. En France, il est disponible en trois teintes : gris anthracite, gris chiné et sable, tandis qu’il dispose de deux coloris supplémentaires imitation « bois » aux États-Unis (chêne et noyer).

Les trois teintes d’Amazon Echo

Cette finition — d’aucuns diront « stylé canapé Ikéa » — a pour but de faire d’Amazon Echo un objet qui se fond dans le décor, plus proche de l’enceinte classique que de l’enceinte connectée. Seule sa plateforme supérieure donne un indice sur sa réelle fonction : elle dispose de 6 petits micros périphériques et un central. Ils sont censés, à l’instar du HomePod d’Apple, permettre de trier les bruits ambiants mais aussi le propre son qu’émettent ces enceintes, pour entendre au mieux lorsqu’on s’adresse à Alexa.

Beaucoup plus petite qu’un HomePod, elle fait quasiment la même taille qu’un Google Home : 14,8 x 8,8 x 8,8 cm, pour 821 grammes.

La voix : personnification maximale

Si aux États-Unis, on se réfère à Alexa par le pronom neutre « it », Amazon assume la personnification pour sa version française. Il s’agit de dire « elle » lorsque l’on parle d’Alexa, l’intelligence artificielle qui nourrit ses enceintes connectées. La voix française qui lui a été attribuée ressemble énormément à celle de son homologue anglophone.

Les équipes d’Amazon ont utilisé la voix d’une actrice française, qui est ensuite utilisée et remaniée pour pouvoir prononcer tout un panel de phrases. « Il fallait qu’elle soit à la fois calme et rassurante », nous explique Nicolas Maynard, responsable produit Alexa pour la France. Plusieurs propositions de voix ont donc été suggérées aux bêta-testeurs — des milliers de collaborateurs et employés d’Amazon France — pour finalement garder celle-ci. On n’échappera pas aux clichés : la voix de l’assistant(e) Alexa est exclusivement féminine. Il est donc impossible de modifier les préférences pour choisir une voix d’homme, comme c’est le cas chez ses concurrentes — Apple propose même plusieurs accents en anglais et Google promet de plus en plus de voix différentes.

Si la diction est plutôt fluide, il arrive que l’algorithme écorche encore quelques mots, notamment du côté des noms propres (elle oubliera par exemple de prononcer le -s lorsqu’elle mentionne le chanteur Gérald De Palmas).

Gestion des données personnelles : le nerf de la guerre

Le géant du e-commerce le sait : il lance son produit à l’heure où la méfiance à l’égard de la sécurité des données personnelles est de mise. Surtout en France, où le marché est particulièrement frileux. Alors qu’une utilisatrice américaine s’est récemment rendu compte qu’Alexa avait enregistré une de ses conversations privées et l’avait envoyée à un collègue, Amazon insiste sur les manières de contrôler la gestion de ses données privées.

L’entreprise met en avant son bouton « micro », l’un des quatre visibles sur l’appareil, qui permet de décider lorsque vous souhaitez que l’Echo laisse trainer ses oreilles virtuelles ou non. En résumé : pour activer l’intelligence artificielle (IA) d’Amazon par la voix, il faut prononcer le mot « Alexa ». Pour que l’IA sache quand elle doit se mettre en route ou non elle doit donc écouter en permanence, pour pouvoir se mettre en route lorsqu’elle entend le fameux signal vocal « Alexa ». Par défaut, Alexa est à l’écoute. Vous pouvez couper cet état de veille en appuyant sur le bouton micro. Le cercle lumineux passe alors au rouge.

Photo : Louise Audry

Pour ce qui est de vos requêtes, Amazon joue la transparence : tout ce que vous demandez à Alexa est consigné en page d’accueil de l’interface de gestion mobile et desktop. Que vous lanciez un podcast, un flash info ou que vous interrogiez Alexa sur son rire, tout est noté par ordre chronologique. Il est ensuite possible d’effacer la recherche (bouton « Plus ») de votre historique.

Pour effacer les enregistrements audio en revanche, il faut aller dans la rubrique Paramètres, où il est possible de les réécouter et les supprimer. Il convient toutefois de s’armer de patience : le nombre de requêtes augmente très vite, et il n’est possible de les effacer qu’une à la fois.

Capture d’écran des enregistrements audio sur Amazon Echo.

La communication parfois difficile

Le constat était déjà le même pour Google Home : Echo est un bon exécutant, mais n’espérez pas discuter avec lui comme Robert Downey Jr échange nonchalamment avec Jarvis.

Si la voix d’Alexa est fluide, nous nous sommes tout de même sentis frustrés à plusieurs reprises, notamment lorsqu’elle peine à répondre à des questions simples. L’IA est certes efficace pour donner la météo, programmer un réveil ou lancer une chanson, mais elle reste circonspecte lorsque l’on sort, ne serait-ce qu’un tout petit peu, des sentiers battus. «  Alexa, à quoi ressemble ton rire ? », « Connais-tu un synonyme de ‘maison ? » « Que signifie l’acronyme JPP ? » À ces requêtes, l’assistant audio donne la même réponse laconique : «  Désolé, je ne sais pas. »

À noter qu’Amazon a programmé des réponses spéciales : lui poser quelques questions prédéfinies déclenche des easter eggs, ces petits bonus qui lui font dévier de son sérieux habituel. Nos confrères de Frandroid en ont listés certains, comme « Alexa, c’est une bonne situation ça, scribe ? », qui pousse l’enceinte connectée à débiter la fameuse tirade d’Asterix et Obélix : Mission Cléopâtre.

Les skills : des services aux médias

Au-delà de sa capacité à effectuer des tâches simples, Amazon Echo se démarque principalement grâce à ses skills (plus de 200 au lancement français), des compétences supplémentaires qui permettent d’avoir accès à des applis tierces. Celles-ci apportent des services, comme Allociné, Uber, les Pages Jaunes, ou encore une liste d’une vingtaine de médias français partenaires. Ceux-ci ont accepté de fournir des flashs info sur-mesure, à ce jour gratuitement, pour Amazon. Pour en savoir plus sur les rapports entre Amazon Echo et les médias, vous pouvez lire notre enquête ici.

Pub d’Amazon pour l’Echo Dot

De la musique, mais sans Apple ni Google

Le son est le gros point fort d’Amazon Echo : en plus d’avoir un look moderne, l’enceinte produit un son de très bonne qualité au vu de sa taille et de son prix. La multinationale américaine sait que la majorité des clients l’utiliseront pour écouter des titres, elle a donc créé une équipe en France entièrement dédiée à la musique sur Amazon Echo.

Ces employés ont notamment la charge de préparer des playlists pour répondre aux besoins des utilisateurs («  Alexa, mets-moi une musique relaxante ») sur Amazon Music. En marge du lancement des enceintes connectées en France, Amazon propose dorénavant un accès gratuit (bien que restreint) à son catalogue de musique pour les abonnés Prime. L’offre s’appelle Prime Music et permet d’écouter 40 heures de musique pour 2 millions de titres — contre 50 millions dans l’offre Amazon Music Unlimited (9,99 euros par mois).

Attention, quand vous demandez à écouter une playlist, Echo enclenche automatiquement une période de test de 14 jours d’Amazon Music Unlimited, gratuitement. Dans votre boîte mail, un message souligne qu’une fois les 14 jours passés, l’accès se terminera et «  vous n’aurez rien à payer ».

Capture d’écran de l’interface Amazon Echo

Si vous souhaitez utiliser une autre plateforme de streaming musical par abonnement, vous pouvez brancher votre compte Spotify premium ou Deezer premium. En revanche, le système n’est pour l’instant pas compatible avec Google Play Music, ni d’Apple Music.

Pour une version express du test, vous pouvez également retrouver nos tentatives de communication avec Alexa dans notre dernière vidéo Tech Stories :

En bref

Amazon Echo

Note indicative : 4/5

Amazon arrive sur le marché français des enceintes connectées avec plusieurs atouts qui donnent à Alexa un avantage sur son concurrent Google Home, dont ses skills personnalisés pour l'hexagone (médias, services). Mais c'est surtout pour la qualité du son, très bon par rapport au prix de l'appareil, que l'on conseillerait aujourd'hui l'acquisition de l'enceinte — en face de concurrents comme UE, Sonos ou Bose plus chers et moins connectés 

Un seul gros défaut : la frustration de l'interface conversationnelle est toujours très présente. Même si on ne s'attendait pas à une IA surdouée capable d'avoir une vraie discussion, Alexa a encore tendance à beaucoup enchaîner les « je ne sais pas» lorsque l'on sort des sentiers battus.

Top

  • Les skills 100% français
  • Un très bon son
  • Son look stylé

Bof

  • Les « je ne sais pas » à répétition
  • La lecture text-to-voice saccadée
  • L'impossibilité de jumeler avec Apple Music

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