La femme responsable d'une fusillade dans les bureaux de YouTube, le 3 avril 2018, est érigée en martyre par des internautes qui dénoncent une conspiration. Prétextant lutter contre la censure, ils ont popularisé un hashtag sur Twitter.

Le 3 avril 2018, une fusillade a éclaté dans les bureaux américains de YouTube, situés à San Bruno en Californie. Dans les heures suivant l’attaque, qui a fait trois blessés, la tireuse a été identifiée. Nasim Najafi Aghdam, qui publiait elle-même des vidéos sur la plateforme, s’est donné la mort après avoir semé la panique dans le siège de l’entreprise.

La femme de 39 ans s’était plainte au préalable du fait que YouTube « ruinait sa vie », et estimait que la plateforme avait volontairement supprimé ses vidéos au sujet du véganisme.

Certes, le site n’est pas toujours exemplaire dans la manière dont il traîte ses vidéastes. Néanmoins, les complaintes de la tireuse ont inspiré plusieurs internautes, qui l’érigent désormais en martyre, au prétexte de défendre la liberté d’expression.

Un hashtag conspirationniste

Sur Twitter, certaines personnes présentent Nasim Najafi Aghdam comme « une victime de ces ‘entreprises politiques activistes’ comme YouTube » et se rappellent d’un temps « où YouTube ne censurait pas l’utilisateur moyen au quotidien ».

Les comptes publiant ce type de messages ont ainsi joué un rôle dans la popularisation du hashtag #CensorshipKills — les critiques exprimées à l’égard de ce hashtag contribuent également à refaire connaître.

En dehors des contenus de nature conspirationniste sur les grandes sociétés, des débats s’engagent par ailleurs sur les problèmes plus largement rencontrés par les créateurs et créatrices sur YouTube. La monétisation des vidéos ou l’algorithme de la plateforme font partie des sujets sur lesquels YouTube est régulièrement interpellé.

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