Les habitants de Guyane et de Saint-Barthélémy rencontrent depuis dimanche des soucis pour accéder aux réseaux de télécommunications, à cause de la coupure d'un câble sous-marin survenu dimanche 4 mars.

Si vous vous trouvez en Guyane ou à Saint-Barthélémy, vous avez vraisemblablement de grosses difficultés à naviguer sur Internet, voire à accéder au réseau tout court. La cause de vos tracas a été identifiée en début de semaine par Orange : le câble sous-marin Americas II a été coupé dans la matinée du dimanche 4 mars, pour une raison non précisée par l’opérateur, au large de Cayenne.

La situation doit être rétablie prochainement, avec l’arrivée cette semaine d’un navire câblier pour rétablir la liaison. En attendant, une déviation a été mise en place de façon à ce que le trafic Internet puisse s’écouler autant que possible. C’est la série de câbles SG-SCS (Suriname-Guyana Submarine Cable System), ECFS (Eastern Caribbean Fiber System) et CBus (Caribbean-Bermuda U.S.) qui est utilisée.

Le tracé du câble sous-marin.

Câble à 40 Gbit/s

Ces câbles servent à assurer le raccordement de la Guyane avec l’Hexagone, explique Orange. Toutefois, « malgré cette solution de secours, des saturations sont à prévoir dans l’intervalle », indique l’opérateur. Et pour cause : le câble Americas II, qui a été inauguré en 2000 et financé en partie par Orange, assure normalement « l’écoulement de deux tiers du trafic internet en Guyane ».

À son lancement, il était annoncé une capacité de 40 Gbit/s, ce qui équivaut à 300 000 appels téléphoniques simultanés.

Long de près de 8 400 km, le câble est possédé par 14 opérateurs. Outre Orange, on trouve des groupes européens (Portugal Telecom, Telecom Italia) mais aussi des entreprises nord-américaines (AT&T, Verizon, Sprint). Des points de raccordement se trouvent au Brésil, en Guyane, à Trinité-et-Tobago, Au Venezuela, à Curaçao, en Martinique, aux Iles Vierges des États-Unis, à Porto Rico et en Floride.

Le fait est que les soucis rencontrés depuis le début du mois de mars avec ce câble affectent aussi des îles et des pays à proximité. Concernant la France, c’est Saint-Barthélémy qui trinque : dans un communiqué diffusé le 5 mars, il est annoncé une interruption totale des télécommunications sur l’île, que ce soit Internet ou les services fixes et mobiles.

« Une partie de la population de Saint-Martin est également touchée par cet incident. Cette interruption impacte l’ensemble des opérateurs de télécommunication de l’île », écrit Orange, qui explique que ce problème faite « suite à un incident réseau ayant touché un câble sous-marin multi-opérateur ». Là encore, Orange assure que ses équipes sont sur le pont et que des « solutions alternatives » sont mobilisées.

Cette interruption a certainement dû rappeler quelques mauvais souvenirs aux habitants de l’île ; il y a quelques mois, après le passage de l’ouragan Irma, qui a causé d’importantes destructions début septembre, les infrastructures consacrées aux télécommunications avaient été significativement dégradées. Il faut dire que des pointes de rafales de vent ont atteint 360 km/h.

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