Où sont les gadgets connectés dans nos salles de bain ? Lorsqu'on laisse de côté les appareils qui se limitent au versant technique, la « beauty tech » semble encore peu inciter les entreprises à concevoir des algorithmes et autres logiciels. L'innovation technologique serait-elle cantonnée à la frange luxueuse de cette industrie ?

11 milliards d’euros : le vertigineux chiffre d’affaires de l’industrie de la beauté place la France comme l’un des principaux leaders mondiaux du secteur. La cosmétique « made in France » s’exporte bien à l’étranger et crée des emplois dans l’hexagone.

On s’attendrait donc logiquement à ce que la technologie n’ait pas attendu son reste pour s’emparer de ce marché lucratif, et faire de la « beauty tech » une affaire florissante.

Où sont les algorithmes ?

Nous avons déjà porté notre attention sur les applications qui analysent la composition de vos produits cosmétiques — et souligné leur efficacité relative, même si certaines commencent à se démarquer. Mais que trouve-t-on lorsque l’on élargit les perspectives ? Si des gadgets électriques (épilateurs, rasoirs et autres brosses pour le visage) semblent bien avoir investi les salles de bain, il ne semble pas que la même dynamique soit à l’œuvre du côté des logiciels et autres algorithmes.

En ce mois de janvier 2018, L’Oréal a fait un pas dans ce sens en annonçant l’intégration d’une intelligence artificielle à son application Style My Hair. Objectif : permettre aux clients de tester en 3D différentes colorations pour cheveux, afin d’orienter leur choix une fois en salon.

Kérastase, Withings

Des produits onéreux

Côté capillaire toujours, le CES 2017 avait donné l’occasion à Kérastase et Withings d’annoncer leur innovation commune : une brosse connectée intelligente, équipée de capteurs. Ces derniers sont chargés de mesurer divers facteurs susceptibles d’affecter la qualité de votre chevelure (humidité, température, UV et vent). Le simple brossage transmet alors automatiquement à l’application dédiée les données recueillies. Un coup de brosse assez onéreux, puisqu’annoncé au prix de vente de 200 €.

Si vos cheveux le valent bien, votre peau aussi : chez Wired Beauty, le masque de beauté connecté Mapo est disponible en pré-commande au prix de 249 €. Ce « produit de haute technologie pour votre peau » réalise en une minute une analyse de votre épiderme, principalement de son niveau d’hydratation.

Romy Paris

La bonne hydratation de votre peau occupe aussi l’entreprise Romy, qui a mis au point un formateur aux allures de machine à café. L’appareil, vendu pour la coquette somme de 790 €, est censé formuler directement dans votre salle de bain le soin adapté à vos besoins. À nouveau, une application mobile se charge de jouer les intermédiaires, en définissant les capsules de produit adaptées à votre rythme de vie.

Mais les exemples de produits cosmétiques exploitant la technologie, sans se limiter au seul aspect technique, semblent se faire rares. Et quand ils existent, leur prix grimpe en flèche, suggérant que ces nouveaux appareils restent encore la chasse gardée d’une frange luxueuse de l’industrie de la beauté.

Pourtant, les entrepreneurs et entrepreneuses gagneraient probablement à investir le marché des objets connectés de la beauté ou celui des applications et autres logiciels et algorithmes du beau, en dépassant le stade du gadget qui se contente de vibrer ou tourner pour espérer être estampillé « beauty tech ».

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