Plusieurs témoignages font état de comportements sexistes au sein de l'École 42, financée par Xavier Niel. Des étudiantes racontent une atmosphère sexiste pesante, la diffusion de contenus dégradants, et leur sentiment d'insécurité.

Le sexisme ambiant de certaines entreprises de la tech est désormais une réalité médiatisée, notamment grâce aux témoignages de lanceuses d’alertes. Or, les discriminations subies par les femmes en raison de leur genre dans cet univers très masculin ne se limitent pas à la sphère professionnelle. Au sein des filières de formation high-tech, les lycéennes et étudiantes sont d’ailleurs moins nombreuses qu’auparavant.

L’École 42, établissement privé d’autoformation financé par Xavier Niel, semble être directement concernée par la problématique du sexisme. Au sein de son établissement parisien, l’école abriterait des comportements dégradants de certains élèves à l’égard des étudiantes.

« On ne se sent pas en sécurité »

Plusieurs témoignages recueillis par nos consœurs d’Usine Nouvelle laissent en effet entendre que des étudiantes de l’École 42 ont subi des agissements sexistes. « On ne se sent pas en sécurité », témoigne l’une d’entre elles, expliquant avoir été poursuivie dans les escaliers de l’école avec l’intention de « voir sous [sa] jupe. »

CC Flickr WOCinTech Chat

Des contenus pornographiques sur le Slack des élèves

La messagerie Slack de l’école, dont la gestion revient aux élèves, semble également avoir été un lieu de partage de contenus pornographiques véhiculant une image dégradante des femmes. La diffusion de ces éléments se faisait via l’intermédiaire d’une chaîne de discussion, baptisée « Not safe for work » (NSFW) et accessible à tous les élèves de l’établissement.

Alertée par une lettre signée par des étudiants et demandant la fermeture de cette chaîne, la direction a finalement récupéré la gestion de cet espace de discussion, avant de fermer NSFW en octobre dernier. La directrice de communication de 42 a précisé que les élèves concernés par l’envoi de contenus insultants n’ont pas été exclus de l’établissement, mais qu’ils « ont eu à faire des travaux d’intérêt général. »

« J’ai hésité à partir »

Une autre étudiante rapporte que les comportements dégradants portaient également sur la tenue vestimentaire et le physique des étudiantes de l’école. « Je ne me sentais pas à ma place parce que j’étais une fille. J’ai même hésité à partir », a confié cette élève.

Cette même étudiante évoque un « effet d’entraînement » qui inciterait une minorité d’élèves à se comporter « de manière déplacée parce qu’ils ont l’impression que c’est permis. »

Contacté par nos soins, le service de presse de l’École 42 n’a pas encore donné suite à nos sollicitations.

Partager sur les réseaux sociaux