Accusé de « pratiques commerciales trompeuses » pour avoir dissimulé la panne de ses manettes, le géant nippon capitule face à la DGCCRF et encaisse une sanction financière record.

C’est une amende d’un montant particulièrement élevé, à la hauteur du succès que la première Switch a eu en France. Ce lundi 8 juin, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé que Nintendo of Europe a finalement accepté de payer une amende transactionnelle de 35 millions d’euros.

Au cœur de l’affaire ? Le problème du Joy-Con Drift, nom donné à un souci de joystick concernant les manettes Joy-Con. Celui-ci peut occasionner des mouvements parasites durant une partie. Les témoignages de joueurs et de joueuses à subir ce désagrément avaient été nombreux à l’époque, quand le sujet avait fini par éclater sur la place publique.

Menée par le service national des enquêtes de la DGCCRF, l’investigation a démontré que la géant japonais des jeux vidéo n’ignorait absolument pas ce défaut matériel, et cela dès 2018 — soit un an à peine après la sortie de la console hybride dans le commerce. Pourtant, le sujet n’a pas été commenté par Nintendo avant 2020.

La dragonne du Joy-Con // Source : Maxime Claudel pour Numerama
La dragonne du Joy-Con // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Un comportement constituant une pratique commerciale trompeuse

L’affaire, qui a fini par mettre dans la boucle l’UFC-Que Choisir en France, a eu un retentissement international. Et côté français, l’affaire s’achève par une importante sanction, prononcée au motif que cette « communication tardive et parcellaire » constitue en fin de compte un délit caractérisé de pratique commerciale trompeuse.

La répression de fraudes a jugé que cette rétention d’information a directement altéré le comportement des joueurs en ayant « contribué à dissuader les consommateurs de se tourner vers le service après-vente de Nintendo se tourner vers le service après-vente de Nintendo ». Cela, au lieu de réclamer une prise en charge légitime pour un défaut de conception.

Pour clore l’affaire et s’éviter un procès long, incertain et qui serait à coup sûr très médiatique, Nintendo of Europe a préféré accepter cette transaction pénale. Mais outre le versement de 35 millions d’euros au Trésor public, le géant nippon doit se plier à une sanction symbolique particulièrement visible : la publication d’un communiqué sur la page d’accueil de Nintendo.

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