Un peu plus d’un an après l’annonce d’Alexa+ aux États-Unis, Amazon déploie enfin sa nouvelle IA en France et en français.
Le 26 mai 2026, le géant du web a dévoilé que ses premiers clients membres du programme « Accès anticipé » peuvent activer Alexa+ sur leurs enceintes et écrans Echo. Alexa bascule dans l’ère de l’IA générative avec un assistant vocal capable de comprendre le contexte, de retenir des informations et de traiter des requêtes complexes.
Ce nouvel assistant est la réponse d’Amazon à Gemini pour les enceintes Google Home et une anticipation du futur Siri d’Apple, qui doit lui aussi s’appuyer sur Gemini et qui devrait être annoncé le 8 juin.
Alexa+ veut être un assistant « vraiment français »
Selon Amazon, Alexa est l’assistant vocal le plus utilisé en France avec 17 milliards d’interactions en trois ans (1,3 milliard de commandes pour la maison). Le géant assume son retard : son objectif est de proposer le meilleur assistant pour la maison, les interactions en français et un usage quotidien.
Amazon insiste sur une promesse claire : Alexa+ se veut « conversationnel, intelligent, personnalisé et vraiment français ». L’assistant adopte des formulations plus directes, moins verbeuses, adaptées aux attentes et à l’humour du public hexagonal. « Les gros modèles entraînés sur des données anglaises pensent qu’ils sont américains. Les Français préfèrent une Alexa qui se comporte comme si elle était française », résume Pierre Stock, VP of Operations chez Mistral AI, qui contribue à cette francisation.


Panos Panay, dans une interview exclusive à Numerama, confirme cette approche : « La personnalité compte autant que la langue. Ce n’est pas juste une question de français, c’est la nuance de l’humour français. Ça doit être plus court. Ça ne peut pas être verbeux. Ça doit être simple et aller droit au but. Le client français ne veut peut-être pas autant de conversation. »

Concrètement, Alexa+ retient les informations personnelles partagées par ses utilisateurs (préférences alimentaires, contacts, habitudes), gère plusieurs étapes dans une même requête et peut agir dans le monde réel. L’assistant peut lancer un achat sur Amazon avec des questions complexes, comparer des produits, ou enchaîner plusieurs actions sans repartir de zéro.
Selon Panos Panay, l’effet sur les usages est immédiat : « Une fois passé à Alexa+, l’usage général double, les achats triplent, l’usage en cuisine pour les recettes est multiplié par cinq, et l’édition du calendrier double aussi ». Amazon dit aussi avoir travaillé avec des partenaires français et internationaux pour rendre Alexa+ pertinente dès le lancement :
- Deezer pour la musique, capable d’utiliser un LLM dédié,
- Legrand et Netatmo pour la maison connectée ;
- Le Figaro pour l’information ;
- Aqara et Roborock côté domotique ;
- TheFork pour les réservations de restaurants ;
- Mes Dépanneurs et TripAdvisor à venir prochainement.
La différence avec l’Alexa historique est qu’Alexa+ peut combiner plusieurs API pour réaliser une tâche agentique, sans avoir besoin de lancer manuellement une « skill ». Panos Panay confirme à Numerama qu’un important travail de rétrocompatibilité a été effectué pour que 99 % des skills existantes fonctionnent avec le nouveau moteur. Un chantier titanesque selon lui : « Au début, ça nous a paru impossible. La technologie est tellement différente qu’il fallait tout remplacer. Mais on a des centaines de millions d’utilisateurs qui dépendent d’Alexa tous les jours. Si tu enlèves quelque chose, tu énerves une base de clients très importante ». Les enceintes et écrans Echo sont éligibles en priorité, suivis de Fire TV et de l’application mobile Alexa. Une version pour navigateur, PC et Mac est attendue cet été.
« Alexa+ a été conçu comme un assistant personnel dont le but est de vous faciliter la vie en permanence. Ce n’est pas comme d’autres IA où vous devez taper dans une fenêtre de chat pour obtenir une réponse. Alexa+ s’engage littéralement. Il est proactif. Il vous offre des solutions. »
Panos Panay à Numerama
Un assistant qui orchestre 70 modèles d’IA, dont Mistral et Claude
Techniquement, l’architecture d’Alexa+ est beaucoup plus complexe que ce que proposait Amazon auparavant. Contrairement à un chatbot classique, l’assistant ne repose pas sur un seul grand modèle de langage. Un orchestrateur analyse votre requête et la répartit entre 70 modèles d’IA différents. Le système décide en une fraction de seconde si l’information doit être traitée vite (allumer une ampoule par exemple) ou si elle nécessite d’aller plus loin, en accédant à votre historique de demandes.
Par défaut, ce sont les modèles maison « Nova » d’Amazon qui répondent. Un petit modèle gère la maison connectée, un autre la musique, etc. Quand la requête est plus complexe ou en français, l’orchestrateur peut passer la main aux modèles de Mistral AI, en particulier pour la précision linguistique européenne, ou à ceux d’Anthropic (Claude) pour les questions qui demandent un vrai raisonnement.
Selon Michele Butti, VP Alexa International, « aucun modèle n’est le meilleur partout ». D’où la volonté Amazon de travailler avec des modèles spécialisés plutôt qu’un seul grand LLM.
Quand sera disponible Alexa+ en France et à quel prix ?
Le déploiement débute officiellement ce 26 mai en France via un programme d’accès anticipé. Les utilisateurs intéressés peuvent s’inscrire dès aujourd’hui sur le site d’Amazon. De nouveaux clients seront acceptés chaque semaine, avec une priorité donnée aux acheteurs des derniers appareils Echo.
Au-delà des enceintes, c’est tout l’écosystème matériel d’Amazon qui devrait profiter d’Alexa+. Il devient, par exemple, possible d’interroger directement ses caméras de sécurité Ring avec des questions comme « Est-ce que quelqu’un a nourri le chat aujourd’hui ? ».

Côté tarif, Alexa+ est facturé 22,99 euros par moi. Mais Amazon a une botte secrète : Alexa+ est inclus gratuitement dans l’abonnement Amazon Prime. Un modèle économique étonnant alors que l’abonnement Prime coûte 6,99 euros par mois… soit trois fois moins que l’abonnement Alexa+. L’objectif semble évident : attirer encore plus d’abonnés dans son bundle de services.
Les abonnés Numerama+ offrent les ressources nécessaires à la production d’une information de qualité et permettent à Numerama de rester gratuit.
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l’I.A, contenus exclusifs et plus encore. Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !
Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.











