Ce n’est pas un secret, depuis les premières chaleurs, le marché français des clims mobiles se heurte à la réalité des stocks. Chaque année, le scénario se répète plus ou moins, mais cette fois, la tension est devenue particulièrement visible.
Dès les premiers épisodes de chaleur, les enseignes n’ont pas pu absorber la demande dopée et les rayons sont devenus vides en un rien de temps (aussi bien en ligne qu’en boutique). Les quelques réassorts (au compte-gouttes) partent en quelques heures et certaines références deviennent presque impossibles à trouver.
Le Midea PortaSplit en est sans doute le meilleur exemple : ce climatiseur mobile au format atypique, à mi-chemin entre une clim classique et un split mural, s’est imposé comme l’un des produits les plus recherchés de la saison au point que certains sites proposent de traquer le moindre stock en payant.
Son importateur exclusif en France, Optimea, connaît bien cette tension. L’entreprise vend aussi ses propres climatiseurs et nous l’a confirmé, le marché de la climatisation ne fonctionne pas au rythme de la météo, mais avec plusieurs mois d’avance.
Le vrai problème : les stocks de juillet se jouent des mois plus tôt
Pour comprendre pourquoi acheter une clim en juillet est souvent une mauvaise idée, il faut regarder bien avant les premiers pics de chaleur. Rodolphe Pilette, représentant d’Optimea, résume le problème simplement : lorsqu’une canicule arrive, il est déjà trop tard pour produire davantage. Les appareils qui arrivent en juillet ne sont pas une réponse à la vague de chaleur en cours.
Ce sont des commandes passées plusieurs mois auparavant, produites en usine, acheminées par bateau, puis réparties entre les enseignes.
Rodolphe Pilette rappelle tout d’abord qu’un climatiseur ne se réapprovisionne pas en quelques jours : il faut compter « 2 à 3 mois de production » puis « 2 à 3 mois de bateau ». Les volumes disponibles en été reposent donc sur des paris faits plusieurs mois plus tôt, bien avant de savoir précisément quelle sera la demande.
C’est ce délai incompressible qui rend l’achat en plein été si compliqué. Au moment où la demande explose, les volumes disponibles sont déjà figés. Certains produits sont même déjà prévendus avant leur arrivée en magasin, notamment chez des enseignes qui ouvrent des précommandes (comme Darty et Boulanger). Pour les autres, les réassorts peuvent partir en quelques heures seulement.

Le stock disponible pendant l’été est donc conditionné des mois à l’avance. Et même si la demande explose soudainement, il est quasiment impossible d’augmenter rapidement les volumes. Produire, acheminer puis redistribuer de nouveaux climatiseurs prend trop de temps pour répondre à une vague de chaleur déjà installée.
Quand acheter son climatiseur ?
Autrement dit, acheter une clim en juillet revient souvent à entrer dans le marché au pire moment : quand tout le monde cherche le même produit, que les prix sont moins favorables, que les stocks sont les plus faibles et qu’il n’existe quasiment aucune marge pour relancer la production à temps.
« Le message qu’il faut faire passer aux particuliers, c’est : anticipez », alerte Rodolphe Pilette.
Il faut commencer à regarder dès septembre ou octobre, puis acheter idéalement en novembre ou en décembre. Pas au moment où la chaleur est déjà installée et où tout le monde cherche le même produit.
« Consultez en septembre-octobre, faites votre achat en novembre ou en décembre. Il ne faut plus que les gens soient tout le temps en panique et achètent à la dernière minute. » insiste Rodolphe Pilette.

L’été est d’ailleurs aussi le moment où se joue une partie du calendrier commercial des mois à venir. Chez les importateurs, les commandes se décident très en amont, une logique que Lidl mettait aussi en avant lors de son opération autour de ses 200 000 ventilateurs et climatiseurs mobiles, qui avait provoqué une ruée en magasin début juillet.
« Des enseignes comme Leclerc ont déjà validé leurs produits pour l’année prochaine, elles nous passent commande en août pour être livrées fin janvier. » précise Rodolphe Pilette.
Acheter après l’été est bien évidemment un conseil plus facile à appliquer quand on n’est pas déjà en train de subir une vague de chaleur. Pour une personne fragile, un logement impossible à rafraîchir ou un besoin immédiat, attendre l’automne n’est pas toujours une option. Dans ce cas, mieux vaut se concentrer sur les modèles réellement disponibles.
Ce calendrier peut sembler contre-intuitif, mais il correspond mieux à la réalité du marché. Dans le cas du Midea PortaSplit et de la majorité des modèles Split fixe, acheter à la rentrée ne revient d’ailleurs pas seulement à anticiper l’été suivant : le modèle phare étant réversible, il peut aussi servir de chauffage d’appoint dès l’automne et l’hiver.
Rodolphe Pilette insiste sur l’intérêt hors saison : « Le PortaSplit pour chauffer, c’est deux ou trois fois plus économique qu’un radiateur électrique », assure-t-il. De quoi rendre un achat à l’automne moins prématuré qu’il n’y paraît, surtout pour un appareil capable de servir de chauffage d’appoint en hiver. Reste que les produits estampillés “climatisation” bénéficient rarement de la même visibilité lorsque les températures baissent.
Pour ce même Midea PortaSplit, la suite se jouera surtout à la rentrée : nous faisons le point dans un autre article sur les prochains arrivages attendus.
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