Pour la première visite officielle d’un président américain en Chine depuis 2017, Donald Trump arrive à Pékin avec une délégation de 17 patrons, dont Tim Cook (Tim Apple, dans le texte), Elon Musk et, à la toute dernière minute, Jensen Huang, l’iconique boss de Nvidia. La composition de l’équipe en dit long sur l’objectif de ce voyage.

Le patron de Nvidia ne figurait pas sur la liste publiée lundi 12 mai 2026 par la Maison Blanche. Et pourtant, ce mardi 13 mai, Trump l’a appelé. Selon Gizmodo, Jensen Huang a embarqué sur Air Force One pendant l’escale de ravitaillement à Anchorage, sac à dos sur l’épaule, photographié sur le tarmac par une correspondante presse qui s’est permise d’écorcher le nom de l’entreprise la plus puissante du monde.

Mais qu’importe, la scène résume mieux la diplomatie tech américaine de 2026 qu’un communiqué officiel : il fallait que tout le gratin de la tech mondiale accompagne le président des États-Unis.

Officiellement, la visite de Trump vise à prolonger la trêve commerciale conclue à l’automne 2025 entre les deux premières économies mondiales. Sur Truth Social, Trump a annoncé qu’il demanderait à Xi Jinping d’« ouvrir » la Chine aux entreprises américaines. Concrètement, l’agenda mêle commandes Boeing potentielles (jusqu’à 500 appareils 737 MAX évoqués côté chinois), achats de soja et de bœuf, accès au marché pour les services financiers et, en arrière-plan permanent, évidemment, la guerre des semi-conducteurs.

La Maison Blanche a confirmé dix-sept dirigeants. Les principaux sont les suivants :

  • Elon Musk, patron de Tesla et SpaceX
  • Tim Cook, CEO d’Apple, qui quittera son poste le 1er septembre 2026
  • Jensen Huang, fondateur de Nvidia, ajouté à la dernière minute
  • Kelly Ortberg, patron de Boeing
  • Cristiano Amon, CEO de Qualcomm
  • Larry Fink, patron de BlackRock
  • David Solomon, CEO de Goldman Sachs
  • Ryan McInerney, CEO de Visa
  • Brian Sikes, patron de Cargill (agroalimentaire)

S’y ajoutent les dirigeants de Cisco, Micron, GE Aerospace, Mastercard, Citigroup, Blackstone et la présidente de Meta, Dina Powell
McCormick. Mark Zuckerberg devait avoir mieux à faire. Tech, finance, aéronautique, agro : la délégation est plus resserrée que celle de 2017, qui comptait vingt-sept patrons, mais les personnes embarquées dans Air Force One ne sont clairement pas choisies au hasard.

Ce que cette délégation raconte

Pour la presse américaine, la diminution de nombres de convives est l’effet visible de quatre ans de restrictions américaines sur les exportations de puces avancées vers la Chine, et d’un climat politique où, au Congrès, une partie des Républicains considère que tout assouplissement vis-à-vis de Pékin présente plus de risques que d’avantages.

L’absence initiale de Huang sur la liste illustrait ce point : la présence du CEO du plus gros vendeur de puces propulsant l’IA au monde dans une délégation présidentielle à Pékin reste un sujet politiquement explosif côté américain, même quand Trump finit par l’inviter, sous la pression médiatique (ce qu’il nie, évidemment).

Jensen Huang, seul au monde, quasi-oublié du voyage
Jensen Huang, seul au monde, quasi-oublié du voyage // Source : Emily Goodin sur X

Pour les patrons qui font le voyage, l’enjeu est ailleurs. Boeing espère débloquer une commande chinoise majeure, en discussion depuis des années. Apple veut sécuriser sa chaîne d’approvisionnement à un moment où Cook prépare sa transition (rappel : Cook est un logisticien hors pair, quant Ternus est plus un ingénieur). Tesla doit gérer une période cruciale dans son existence, vu qu’il n’est plus seul sur le marché de l’automobile et que la Chine en particulier propose des modèles concurrents de qualité. Nvidia, lui, ne pèse plus quasiment rien sur le marché chinois après les restrictions américaines — malgré la contrebande.

Pour la tech mondiale, ce qui compte n’est pas la photo de groupe à Pékin, mais ce qui sortira concrètement de la conversation Trump-Xi sur les puces avancées.

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