Au Royaume-Uni, les petites amies virtuelles séduisent de plus en plus les adolescents. Mais derrière ces relations sans rejet, sans conflit et toujours disponibles, les experts redoutent une génération plus douée pour séduire les chatbots que pour affronter les humains.

La séduction à l’ancienne meurt au profit du confort algorithmique. Désormais, certains adolescents entretiennent une relation avec une petite amie virtuelle. Selon une enquête menée par l’association Male Allies UK dévoilée début avril, 20 % des garçons de 12 à 16 ans connaissent un camarade qui « sort » avec un chatbot d’intelligence artificielle, 85 % ont déjà discuté avec l’un d’eux, et plus d’un quart préfèrent l’attention d’un robot conversationnel à celle d’une vraie personne. 58 % des 1 000 adolescents interrogés trouvent même une telle relation plus facile car ils peuvent « contrôler la conversation ».

Râteaux évités, compétences aussi ?

En troquant les risques du cœur contre la docilité d’un chatbot, les jeunes sacrifient l’apprentissage de la nuance au profit d’un narcissisme technologique, alertent plusieurs experts. Pour le professeur Pierluigi Casale, responsable de l’IA à l’Open Institute of Technology (OPIT), le danger ne réside pas dans le fait que les jeunes parlent avec une intelligence artificielle, mais quand cette interaction commence à remplacer l’apprentissage des relations humaines. 

« Les relations authentiques enseignent la négociation, l’empathie, le rejet, le compromis et l’aisance sociale. La compagnie de l’IA peut imiter l’intimité tout en atténuant considérablement les frictions » assure l’enseignant au magazine Fortune. À première vue, le risque semble intime. En réalité, il est aussi professionnel, car les relations humaines entraînent des compétences que l’IA ne remplace pas, comme regarder quelqu’un dans les yeux, défendre une idée, improviser face à une objection, apaiser un désaccord ou encore convaincre sans dominer.

Un atout pour le CV ?

En fréquentant des IA, certains garçons pourraient s’habituer à des relations sans confrontation ni compromis, prévient Raoul V. Kübler, professeur à l’ESSEC Business School. 

Paradoxalement, ces mêmes jeunes pourraient aussi devenir particulièrement doués pour interagir avec l’IA, une compétence de plus en plus recherchée. « En ce sens, sortir avec une IA pourrait s’avérer une préparation professionnelle étonnamment efficace », ajoute Raoul V. Kübler. Reste à savoir si le salarié de demain saura mieux gérer un conflit… ou simplement mieux prompter sa petite amie virtuelle.

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