On connaissait Starlink en tant que fournisseur d’accès à Internet, grâce à sa constellation de satellites déployée en orbite terrestre basse et ses fameuses antennes qui permettent d’établir une connexion en haut débit. Et bientôt, on apprendra à découvrir Starlink, l’opérateur de téléphonie mobile. Car c’est dans cette direction que l’entreprise entend aller.
L’idée ? Être en mesure de fournir une liaison directe entre les smartphones et les satellites. Chez SpaceX, la maison-mère de Starlink, ce projet est dans les cartons depuis des années. Et le terrain a été préparé, en rachetant une société dédiée à la connectivité à faible coût via des nanosatellites ou en récupérant des bandes de fréquences payées à prix d’or.
Aujourd’hui, le sujet revient sur le devant de la scène, et avec fracas. Alors que se tient du 2 au 5 mars 2026 le Mobile World Congress, à Barcelone, SpaceX a mis en ligne une nouvelle page sur son site web, afin de parler de la prochaine grande étape de son service « Direct to Cell », désormais appelé « Starlink Mobile ».

Avec Starlink Mobile, l’ambition est évidemment d’aller au-delà de l’envoi de SMS de secours en cas d’urgence — qui était la fonctionnalité centrale de la connectivité par satellite sur smartphone. En mobilisant une nouvelle génération de satellites (v2), Starlink promet ni plus ni moins que d’apporter des débits équivalents à la 5G depuis l’espace.
« Ces satellites v2 permettront de manière transparente le streaming, la navigation Internet, les applications haut débit et les appels vocaux, comme si l’on était connecté à un réseau terrestre », est-il promis, et cela grâce à une « densité de données cent fois supérieure » à ce que proposent les satellites v1 de l’entreprise.
Michael Nicolls, qui occupe le poste de vice-président de l’ingénierie chez Starlink, n’hésite d’ailleurs pas à qualifier ce futur système d’« épique », promettant une connectivité à des centaines de millions de téléphones à travers le monde. Pour l’heure, cela passe par des accords — trente-cinq, pour l’instant — passés avec des opérateurs.
Les pays sont concernés par Starlink Mobile
« De vrais contrats, pas des protocoles d’accord », prévient au passage Stephanie Bednarek, vice-présidente des ventes commerciales de SpaceX lors du salon. Des accords conclus un peu partout dans le monde : en Amérique du Nord, bien sûr, mais aussi en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie et en Amérique latine. La France n’est pas listée à ce stade.
Voici la liste avec :
Amérique du Nord
- États-Unis : T-Mobile
- Canada : Rogers
- Mexique : nouvel opérateur
Afrique
- Kenya, République Démocratique du Congo, République du Congo, Madagascar, Rwanda, Malawi, Tchad, Niger, Nigeria, Gabon, Ouganda, Tanzanie, les Seychelles : Airtel Africa
- Zambie : Airtel Africa, + nouvel opérateur
Amérique latine
- Chili : Entel
- Costa Rica : nouvel opérateur
- Pérou : Entel
Europe
- Suisse : Salt
- Royaume-Uni : VMO2
- Ukraine : Kyivstar (VEON)
- Espagne : MasOrange
Océanie
- Australie : Telstra, Optus
- Nouvelle-Zélande : OneNZ
- + nouvel opérateur
Asie
- Philippines : Globe
- Japon : KDDI, + 2 nouveaux opérateurs
- Mongolie : GMobile
- Kazakhstan : Beeline (VEON)

L’offensive de SpaceX ne s’arrête pas là. Le 2 mars, l’entreprise a annoncé un accord avec le géant européen Deutsche Telekom. Dans un message publié sur X, Starlink Mobile déclare s’associer à l’opérateur allemand pour couvrir plus de 140 millions d’abonnés répartis dans dix pays européens, dont l’Allemagne.
Sur le site officiel de Starlink Mobile, d’autres nations sont signalées : la Jamaïque, les Bahamas, Porto Rico, la Grèce, la Croatie, la République tchèque, la Pologne, l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Zambie.
En finir avec les dernières zones blanches… avant d’en finir avec les opérateurs ?
Comme dans le cas d’Internet, l’objectif affiché par SpaceX est d’éliminer définitivement les dernières zones blanches d’ici à 2028, qu’il s’agisse de terrains montagneux inaccessibles ou de réserves naturelles protégées, là où l’installation d’antennes relais classiques est impossible ou interdite. Une vidéo de démonstration de SpaceX sur son site officiel souligne cet enjeu, en montrant une communication perdue au milieu de nulle part.
Comme le souligne l’entreprise d’Elon Musk, avec ces multiples partenariats noués à travers le globe, son réseau satellitaire s’adresse à un marché potentiel vertigineux de plus de 1,7 milliard de personnes. Et il ne s’agit là que d’une première étape, en attendant la conclusion d’autres accords. En attendant le jour où SpaceX pourra s’en passer (mais il faudra d’ici là que la connectivité s’améliore drastiquement : la 4G et la 5G ont d’autres avantages).
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