Le 17 avril 2026, l’utilisateur Twitter @jon1012 a partagé sa colère sur le réseau social, interpellant directement Bouygues Telecom, qui a décidé d’intégrer d’office une option de cybersécurité aux forfaits de certains de ses clients. Une pratique commerciale rodée qui repose sur l’inaction des consommateurs, souvent peu attentifs aux courriels.
Bouygues Telecom ajoute automatiquement une option à 3 € à certains clients
L’option en question est la suite de sécurité Norton 360, qui sur le papier permet de protéger jusqu’à 5 appareils (smartphones, tablettes, ordinateurs) contre les virus et la navigation malveillante.
Présentée comme un « nouvel avantage » dans le mail envoyé par l’opérateur à certains de ses abonnés, cette option est loin d’être un cadeau. Si le premier mois est effectivement offert, le service est ensuite facturé 3 € par mois supplémentaires. Pour les clients notifiés récemment, cette facturation débutera à compter du 27 mai 2026.
La méthode fait grincer des dents. Il s’agit d’un système d’opt-out : comprenez : le silence du client est considéré comme un consentement direct. L’opérateur ajoute l’option, lance la période d’essai gratuite, et si l’utilisateur ne se manifeste pas pour la refuser, le prélèvement mensuel se met en place automatiquement sur les factures suivantes — et ce, sans aucune action initiée par l’abonné.
Comment désactiver l’option ?
Précisons tout de même que Bouygues Telecom n’applique pas cette option à l’aveugle sur l’intégralité de son parc d’abonnés. Pour savoir si vous avez tiré le mauvais numéro, il suffit d’éplucher vos mails — l’opérateur a l’obligation de vous prévenir, ce qui est la moindre des choses. Si tel est le cas, il est impératif de se manifester pour bloquer cette option avant d’être débité :
- Utilisez le lien de résiliation : le mail contient un lien cliquable permettant de renoncer à l’option.
- Par téléphone : vous pouvez également appeler le 1064 pour signifier votre refus.
- Via l’espace client : connectez-vous à votre espace en ligne ou sur l’application Bouygues Telecom, rubrique « Options », pour la désactiver.
Selon les courriers envoyés, vous avez jusqu’à la fin du second mois pour renoncer sans frais.
Est-ce que c’est légal ?
La question de la légalité de ces ajouts automatiques est récurrente et ce nouvel ajout suscite évidemment un questionnement de la part des abonnés quant à la légalité de cette pratique.
Comme le soulignaient nos confrères de Frandroid dans un article publié en février 2026, cette pratique est plutôt répandue chez les opérateurs et flirte parfois dangereusement sur un flou juridique.
La loi (L224-33 du Code de la consommation) autorise effectivement bien les fournisseurs à modifier un contrat unilatéralement et à faire grimper la facture, mais uniquement s’il s’agit d’un service purement « télécom », comme l’ajout de gigaoctets pour naviguer sur internet. Dans ce cas précis, l’opérateur doit simplement vous prévenir un mois à l’avance par mail. Vous avez alors simplement le droit de résilier votre contrat sans frais dans les quatre mois si cette hausse ne vous convient pas. L’opérateur s’est déjà adonné à ce genre de pratique (et ce n’est pas le seul) mais ces ajouts concernaient bien un service purement « télécom ».
Cependant, le cas de l’antivirus Norton est différent, car il s’agit d’un logiciel extérieur et non d’un service de communication électronique. La Répression des fraudes (DGCCRF) est assez stricte sur ce point : pour ajouter ce type de prestation (tout comme un abonnement musical ou de la VOD), l’opérateur a l’obligation absolue d’obtenir l’accord explicite et préalable de l’abonné.
« Les opérateurs n’ont cette possibilité de modification unilatérale du contrat que pour les seuls services de communications électroniques. La modification peut ainsi concerner une augmentation des débits, une modification du nombre de SMS contenu dans l’offre, une modification concernant les appels téléphoniques ou l’ajout de données supplémentaires. En revanche, la réglementation en vigueur n’autorise pas à effectuer une modification unilatérale de l’abonnement sur d’autres services. Ainsi, pour l’ajout d’un abonnement à des contenus musicaux, l’accès à une bibliothèque en ligne ou l’ajout d’un logiciel de sécurité, l’opérateur devra obtenir l’accord exprès de l’abonné », peut-on lire sur le site economie.gouv.fr.
L’opérateur notifie le client par mail pour la transparence, offre le premier mois pour éviter tout préjudice financier immédiat et justifie cet ajout par le besoin de sécuriser votre navigation pour le lier à un service « télécom » mais en l’état, la pratique pourrait clairement être jugée comme abusive.
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