La situation est critique. Airbus a émis vendredi une directive d’urgence absolue : les compagnies aériennes doivent « arrêter immédiatement les vols » de quelque 6 000 appareils de la famille A320 (A319, A320, A321) comme l’explique Reuters. Ce n’est pas une suggestion, c’est un impératif de sécurité. La cause ? Une vulnérabilité du logiciel de commande de vol face aux radiations solaires.
Concrètement, l’analyse d’un incident récent a prouvé que des particules solaires intenses peuvent corrompre les données du calculateur. En clair : le cerveau de l’avion perd les pédales. Air France a déjà commencé à annuler des vols (35 dès vendredi soir), et aux États-Unis, en plein week-end de Thanksgiving, c’est la panique logistique.
L’incident JetBlue
Ce rappel massif ne sort pas de nulle part. Il fait suite à un incident terrifiant survenu le 30 octobre dernier. Un A320 de la compagnie américaine JetBlue, reliant Cancún à Newark, a subi une perte d’altitude soudaine et non commandée. Les pilotes n’ont rien fait : l’avion a piqué du nez tout seul.


L’appareil a dû se poser en urgence à Tampa, en Floride. Si l’atterrissage s’est bien passé, les secousses ont fait des blessés parmi les passagers. L’enquête technique a pointé un coupable précis : le calculateur ELAC (Elevator and Aileron Computer). C’est la pièce qui gère les ailerons et la gouverne de profondeur.
Le problème est vicieux. Il concerne une combinaison spécifique : le matériel ELAC B couplé au logiciel version L104. Face à des éruptions solaires (qui bombardent la haute atmosphère de particules chargées), ce logiciel peut subir des corruptions de mémoire (des bit flips). Conséquence : le pilote automatique reste engagé, mais l’avion reçoit l’ordre erroné de descendre. Brutalement.
Une course contre la montre logistique
La bonne nouvelle, c’est que la solution existe. La mauvaise, c’est qu’il faut l’appliquer sur 6 000 avions dispersés aux quatre coins du globe, et tout de suite.
Pour la majorité des appareils (environ 5 000), la réparation est « simple » : il faut faire un rollback logiciel, c’est-à-dire revenir à une version précédente du système qui n’avait pas ce bug. L’opération prend environ 2 à 3 heures par avion. C’est gérable, mais ça désorganise totalement les plannings de vol. American Airlines, par exemple, doit mettre à jour 340 avions en 24 heures.
Mais pour environ 1 000 avions, c’est beaucoup plus grave. Le simple changement de logiciel ne suffit pas : il faut remplacer physiquement le calculateur ELAC. Et là, on ne parle pas d’heures, mais de semaines d’immobilisation. Ces avions-là ne redécolleront pas demain.
Comment savoir si votre vol est concerné ?
C’est la question que tout le monde se pose. Si vous volez sur un Boeing 737 ou un Airbus A350 ou encore un A220, vous êtes tranquilles. Mais l’A320 est l’avion le plus vendu au monde. Il y a de fortes chances que votre court ou moyen-courrier en soit un.
Voici comment vérifier et anticiper :
- Regardez votre billet ou l’appli de la compagnie : la mention du type d’appareil est souvent indiquée (ex: « Airbus A320 » ou « A319 »). Chez Air France, allez dans « Mes Réservations ».
- Utilisez FlightAware ou FlightRadar24 : entrez votre numéro de vol (ex: AF1234). Ces sites vous donnent le modèle exact de l’avion prévu. Si vous voyez A320, A319 ou A321, soyez vigilant.
- Surveillez votre boîte e-mail : les compagnies comme Air France informent individuellement les passagers annulés. N’allez pas à l’aéroport si votre vol est marqué « Annulé » ou « Retardé » sans confirmation.
Air France a mis en place des mesures commerciales : reports possibles et mises à jour en temps réel sur leur site.
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